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Gevrey-Chambertin: classements historiques

Sous cet onglet:
1→ Les balbutiements de classifications
2→ Première classification référentielle: Jules Lavalle (1855) …
3→ Deuxième classification référentielle: le Classement de 1860 du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’Arrondissement de Beaune
4→ Troisième classification reconnue: Camille Rodier, ‘Le vin de Bourgogne’, 1920
5→ Classement de Jasper Morris, ‘Inside Burgundy’, 2010

1→ Les balbutiements de classifications

André Jullien, ‘Topographie de tous les vignobles connus’, 1816

Après avoir été négociant en vin, André Jullien devient caviste à Paris. Il est le tout premier à esquisser un classement sur tous les vignoble de France. Il écrit ce qui suit sur les climats du finage de Gevrey-Chambertin:

Denis Morelot, ‘La vigne et le vin en Côte d’Or’, 1831

Bien qu’il soit l’auteur de l’ouvrage le plus fouillé alors jamais produit sur les vins de la Côte d’Or, son exposé sur les vins de Gevrey-Chambertin est très succinct. Il reprend sensiblement le même abrégé que André Jullien. Bref son propos nous laisse sur notre soif:

2→ Première classification référentielle:
Jules Lavalle, ‘Histoire et statistique de la vigne et des grands vins de la Côte d’Or’, 1855

Jules Lavalle a produit au milieu du 19e siècle le premier classement méthodique des climats exploités en vins fins sur toute La Côte. Il s’agit de la première hiérarchisation référentielle. Le classement est réalisé par commune, par finage. La catégorisation comprend cinq niveaux: ‘Tête de Cuvée’, ‘Première Cuvée’, ‘Seconde Cuvée’, ‘Troisième Cuvée’ et ‘Quatrième Cuvée’. Au sujet de l’éventuelle comparaison de classes identiques d’un finage à l’autre (exemple: les climats en ‘Première Cuvée’ sur Gevrey comparativement aux ‘Première Cuvée’ sur Beaune), Jules Lavalle a écrit « Je n’ai étudié les vins de chacune des communes de la Côte comme si les autres communes n’eussent pas existé et la classification que j’ai donnée n’est vraie que pour chacune d’elles prises isolément. »
Aristocrate de Dijon, qui est à une douzaine de kilomètres au Nord de Gevrey-Chambertin, Jules Lavalle a sans doute mis un soin particulier à la couverture de Gevrey-Chambertin.

Extrait important de l’ouvrage de Jules Lavalle: « Il est observer que quelques uns de ces climats, soit par suite de la grande déclivité des coteaux sur lesquels ils se trouvent, soit pour d’autres causes accidentelles, présentent de grandes inégalités dans la qualité de leurs produits: ainsi le Clos St-Jacques, la Grande-Chapelle, les Charmes, la Grillotte et les Castiers, classés à juste titre dans la première cuvée, ont cependant des parties basses qui ne doivent figurer qu’en deuxième ou troisième cuvée. »

3→ Deuxième classification référentielle:
Le Classement de 1860 du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’Arrondissement de Beaune

Cette classification a été réalisée pour la promotion des vins de Bourgogne lors de l’exposition universelle de Londres de 1862. Résultat d’une démarche rigoureuse et formelle, celle-ci couvre les finages de l’arrondissement de Beaune (les finages de Santenay, au Sud, à Vougeot, au Nord) et également les finages de l’arrondissement de Dijon allant de Chambolle-Musigny à Gevrey-Chambertin.
Une notice() précise, judicieusement, que « (le classement afférent aux finages de) l’arrondissement de Dijon (a été effectué) par une société de viticulteurs ». Ce classement de Gevrey-Chambertin obtenu de l’exercice ‘d’une société de viticulteurs’  est partiel, ne couvrant que les terroirs les plus nobles de Gevrey.

Ladite mention figure sur la planche cartographique de la classification du Comité de Beaune « dessinée par M.L. Bonnamas / ÉD BATAULT MOROT, ÉDITEUR À BEAUNE / 1867 ».

À toute fin utile, seuls les secteurs les plus nobles du finage Gevrey-Chambertin sont véritablement classés sur le Plan de 1860 (Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune).

CLASSEMENT (plan de 1860):
Première classe (rose): Chambertin et Clos de Bèze.
Deuxième classe (jaune): Griotte, Ruchottes, Mazis-Hauts, Chapelle (incluant Les Gemeaux), Charmes (partie haute), Mazoyères, Latricières, Combottes, Cazetiers (partie haute) et Clos St-Jacques (partie haute).
Troisième classe (vert foncé): Mazis-Bas, Charmes (partie basse), Champs Chenys (AOC village), Aux Echeseaux (AOC village), Lavaut-St-Jacques, Cazetiers (partie basse) et Clos St-Jacques (partie basse).

4→ Troisième classification reconnue: Camille Rodier, ‘Le vin de Bourgogne’, 1920

Camille Rodier est co-fondateur, avec Georges Faiveley, de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Il écrit dans son ouvrage de 1920: « Nous tenons à ce qu’il soit établi que nous n’avons pas cherché à faire un classement nouveau, mais que le travail que nous présentons aux lecteurs résultent de deux classements faisant autorité à des titres différents, savoir … » et il nomme les classements de Jules Lavalle (1855) et du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune de 1860. Camille Rodier n’en adapte pas moins certains éléments de ces deux classements, d’autant que les valeurs des climats étaient certainement mieux connues quelques décennies après ceux nommés ci-haut. Le tableau indique les adaptations qu’il apporte par rapport au classement de Jules Lavalle.
Après les classements historiques de Jules Lavalle et du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune de 18650, le classement de Camille Rodier doit également être considéré tel une référence importante.

5→ Classement de Jasper Morris, ‘Inside Burgundy’, 2010

Dans son livre ‘Inside Burgundy’, Jasper Morris attribue un classement à tous les climats homologués en Grands Crus et en Premiers Crus. Si de façon générale il soutient leur rang formel, il apporte occasionnellement des ajustements. Ainsi, sur le finage de Gevrey, Jasper Morris ajoute des superlatifs à six climats (voir le tableau ci-haut).

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