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Marsannay: focus vignerons

Bernard Bouvier, Domaine René Bouvier

BERNARD BOUVIER PETITBernard Bouvier, gamin, participant à un défilé de la St-Vincent. IMG_0418Bernard Bouvier, vingtenaire. La photo est tirée du livre de Jean-François Bazin ‘Le Vin de Bourgogne’ (1996). IMG_0263Bernard Bouvier à 46 ans dans son chai récent de Gevrey-Chambertin.

Bernard Bouvier, 49 ans (2016) est l’ainé de la dynamique bande de Marsannay qui anime la demande de promotion de climats au rang de Premiers Crus: Laurent Fournier, Philippe Huguenot, Martin Bart, Syvain Pataille, … Son arrière-grand-père pratiquait une polyculture à Marsannay qui comportait quelques bouts de vignes. Son grand-père Henri pratiquait également une polyculture, encore essentielle, en ayant agrandit le vignoble familial par plantations et achats de vignes, notamment des parcelles de Longeroies. N’étant dorénavant plus soumis aux déplacements et travaux à chevaux, son père René  entrepris en 1960 de cultiver des parcelles hors Marsannay, à Fixin et Gevrey-Chambertin.
Bernard débuta à son compte en 1992 avec sa partie du partage des dix hectares de vignes entre son frère Régis et lui. L’enfant du pays de Marsannay-la-Côte montra un certain cran et son ambition lorsqu’il quitta le village pour aménager au début en 2001 dans un lieu sur la RN 974 … à Gevrey-Chambertin. Puis il s’installa définitivement en 2006 dans un vaste chai (à l’échelle des chais bourguignons s’entend) toujours à Gevrey-Chambertin. Cet espace de travail lui permit de négocier des ententes pour aussi exploiter des crus renommés, entre autres sur Charmes-Chambertin et le Premier Cru Les Fuées de Chambolle-Musigny.
Au plan cultural, il cesse l’emploi des désherbants en 1995 et entreprend le travail des sols de ses vignes, puis il adopte la culture biologique en 2009. En vinification, Bernard Bouvier produit des Bourgognes infiniment ‘actuels’: des vins aromatiques mais francs, profonds sans être extraits, aux tanins texturés et identitaires de leur origine. Pour les rouges: vendanges manuelles, tris systématiques, macération à froid de quelques jours, fermentation en vendanges entières pour 30 à 50%, pigeages modérés et remontage(s) si requis pour soutenir la fermentation, élevage …. Les blancs subissent un pressurage en grappes entières de trois à quatre heures et sont vinifiés en fûts de 600 litres.
Les Longeroies et le profond Clos du Roy du domaine démontrent indubitablement l’aptitude au rang de Premiers Crus de climats de Marsannay.

 

Laurent Fournier, Domaine Jean Fournier

IMG_0334_2Laurent Fournier (octobre 2015) IMG_0331
À l’entrée de la salle d’accueil du Domaine à Marsannay, un étalage vitré contenant une collection de roches trouvées sur l’aire de Marsannay. La personnalité de Laurent Fournier allie ses traits de paysane, d’intellectuel et de relationiste

À 38 ans (2016), Laurent Fournier est déjà un meneur. Il joue un rôle principal dans la démarche visant la désignation de Premiers Crus pour Marsannay qui a germé vers 2002. Doué, très doué, mobilisé et mobilisateur, énergique, visionnaire, ‘expérimentateur’ (aux vignes et au chai) articulé et attachant, sa visibilité et partant sa réputation seraient considérables sur un finage médiatisé. Lui, Bernard Bouvier, Sylvain Pataille fixent en quelque sorte les vecteurs de changement sur l’appellation Marsannay. La famille Fournier a des racines séculaires à Marsannay-la-Côte. Laurent a pris la relève de son père Jean en 2003, lequel avait pris la vocation de vigneron en 1962. Laurent a effectué des stages de formation chez Moueix à Bordeaux et en Suisse.
Le vignoble du domaine totalise 16,5 ha, dont 13,5 en Pinot noir. Seize cuvées sont produites, dix en rouges, cinq en blancs et un rosé. Les cuvées de Marsannay rouges: Clos du Roy, Longeroies, Es Chezots et les assemblages ‘St-Urbain’ et ‘Trois Terrres’ (climats Grasses Têtes, Charmes aux Prêtres et Grandes Vignes). Les cuvées de Marsannay blancs: Clos du Roy, Longeroies (jeunes vignes) et l’assemblage de crus ‘St-Urbain’. Un Bourgogne ‘Le Chapitre’ (dénomination du climat formellement autorisée / grand vin régional) est aussi produit.
Le conversion du vignoble de la propriété à la culture biologique a été entreprise en 2004, avec certification obtenue en 2008. Laurent applique certaines notions de biodynamie dans la gestion des vignes, celle-ci étant très attentive: travail des sols, expériences d’enherbements en certains lieux, bien que maintenant moins nombreuses, usage accrue de la taille Royat pour comprimer les rendements, replantations réfléchies en sélections massales ou clonales de plants fins, palissage important pour la photosynthèse, etc. Les vignes du Clos du Roy ont 80 ans. Sur le climat Les Longeroies, les vignes ont été replantées en 1999/2000 selon des sélections massales et aussi clonales.
Les récoltes sont manuelles, des tris sévères sont radicalement réalisés et les vins subissent des passages à froid pour un motif ‘technique’ (faciliter le contrôle des vendanges des nombreuses cuvées réalisées). Pour les rouges, l’égrappage est partiel. Les fermentations sont souhaitées sans levurage, autrement dit ‘sans interdiction’ d’emploi de levures neutres selon les circonstances. Les fermentations s’induisent d’abord par des pigeages, puis éventuellement de remontages en milieu de déroulement et de délestages dans la dernière phase déterminée, par le degré d’extraction. Pour les blancs, les pressurages sont assez prononcés pour favoriser une bonne structure en extraits secs et ils sont élevés sans bâtonnage. Élevage principalement en demi-muids, dont 50% neufs pour les Marsannay. Tant pour les blancs que les rouges, l’emploi du souffre et les soutirages sont parcimonieux, voire stricts, « l’idée est de faire des vins qui s’auto-immunisent par eux-mêmes ».

Seront ajouté prochainement: Domaine Roty,  Domaine Sylvain Pataille et Domaine Bart

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