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Les Saint-Georges en GC?

« En sortant de Premeaux, on trouve les Perrières, les Corvées, les Didiers, au-dessus sont les Cailles, les Fôrets, les Pruliers, tous climats renommés: là on entre sur le territoire de Nuits, et devant soi on a le Saint-Georges, canton si distingué, l’un des meilleurs de la côte… Le Saint-Georges est supérieur aux autres vins de cette côte; je ferai encore observer qu’il doit cette qualité à deux causes: la première, c’est que le vin du Saint-Georges ne se fait qu’avec des raisins de ce climat: la seconde, c’est sa belle exposition; mais quant aux qualités intimes du vin, c’est la même chose. Le Saint-Georges a seulement plus de finesse, plus de bouquet et beaucoup plus de délicatesse. »
Denis Morelot, ‘Statistique de la Vigne dans le département de la Côte d’Or’, 1832

« On réalise ainsi que les Grands Crus, à quelques exceptions près, ont été définis en fonction d’influences locales, comme toutes les classifications d’ailleurs… Les Saint-Georges rate leur chance alors que nul ne consternait de nos jours le rang de Grand CruLes propriétaires les plus avisés ont fait classer leurs parcelles par les juges (Loi des Appellations d’Origines’ de 1919). D’autres se réveillent ensuite.« 
(‘Chambertin’, 1990, Jean-François Bazin)


Les volets de ce texte
:

  • Visée commune des propriétaires sur le climat
  • Évaluation présente des Saint-Georges
  • Statut élevé selon les antécédents
  • ‘Test de qualification’ au rang de Grand Cru (analyse physiographique)
  • Étymologie
  • Parcours d’homologation

Carte de Nuits-St-Georges et Prémeaux-Prissey, finages conjoints des AOC ‘Nuits-St-Georges’, et ‘Nuits-St-Georges Premiers Crus’. Carte issue du site ‘vin-bourgogne.fr’ / réalisation de Sylvain Pitiot et Jean-Charles Servant. Le climat Les Saint-Georges est situé sur la commune de Nuits-St-Georges, à la limite avec celle de Prémeaux-Prissey.

Visée commune des propriétaires sur le climat

Le noyau des propriétaires sur le climat Les St-Georges est déterminé à obtenir la graduation de celui-ci en Grand Cru. Les propriétaires, treize, sur le climat Les St-Georges de Nuits-St-Georges ont confié à Thibault Liger-Belair (Domaine Thibault Liger-Belair), Grégory Gouges (Domaine Gouges) et Philippe Chezeaux (Domaine Chevillon-Chezeaux) la conduite d’une démarche devant mener à l’homologation voulue.
Les propriétaires (domaines et maisons) de parcelles sur Les Saint-Georges sont nommés sous l’illustration ci-bas. Ils ont créé une association: Association pour le reclassement des Nuits Saint Georges 1er cru « Les Saint Georges » en Grand Cru ‘Les Saint-Georges’.

Parcellaire réalisé à partir de Google Earth, suivant des éléments extraits de la copie 109 de ‘Bourgogne Aujourd’hui’. Une proportion de ±70% de la superficie du climat est commercialisée par les propriétaires eux-mêmes, nommément les domaines Remoriquet, Faiveley, Gouges, Chevillon-Chezeaux, Chicotot, Thibeault Liger-Belair, Michelot, Forey et Chevillon.
1 Deux parcelles (95,92 ares) sous la propriété des Hospices de Nuits-Saint-Georges
2 Domaine Henri et Gilles Remoriquet, Nuits-St-Georges (0,19 ha)
3 Maison Dufouleur, Nuits-St-Georges (0,16 ha)
4 Domaine Faiveley,  Nuits-St-Georges (0,23 ha)
5 Domaine Henri Gouges, Nuits-St-Georges (1,08 hectares)
6 Domaine Chevillon-Chezeaux, Nuits-St-Georges  (0,45 ha)
7 Domaine Georges Chicotot, Nuits-St-Georges  (0,22 ha)
8 Domaine Thibault Liger-Belair,  Nuits-St-Georges (2,04 ha)
9 Vincent Sauveste, Meursault (0,62 ha)
10 Domaine Alain Michelot, Nuits-St-Georges  (0,19 ha)
11Domaine Forey Père et Fils, Vosne-Romanée (0,19 ha)
12 Domaine Robert Chevillon,  Nuits-St-Georges (0,62 ha)
13 Edouard Zibetti, Chambolle-Musigny (0,54 ha)

 

Évaluation actuelle de ‘Les Saint-Georges’

Les experts, particulièrement ceux de la presse spécialisée, ont une appréciation particulièrement élevée du climat Les Saint-Georges:
La revue ‘Bourgogne Aujourd’hui’ (copie no 52)1 a établi en 2006 son ‘top 25′, par ordre, des Premiers Crus de La Côte à partir d’évaluations d’un panel de connaisseurs. Les Saint-Georges s’y place au troisième rang, après les illustres climats Clos-St-Jacques de Gevrey-Chambertin et Les Amoureuses de Chambolle-Musigny.
Aussi, dans sa copie no 545 (octobre 2010), la Revue du Vin de France désignait les ‘Super Premiers’ de La Côte d’Or, au nombre de huit, soit Les Amoureuses (Chambolle-Musigny), Clos St-Jacques (Gevrey-Chambertin), Cros Parentoux (Vosne-Romanée), Les Saint-Georges (Nuits-St-Georges), Les Grèves (Beaune), Les Rugiens (ceux du bas, Pommard), Meursault-Perrières et Puligny Le Cailleret.
(1) Pour votre curiosité, voici la nomenclature des dix premiers climats selon Bourgogne Aujourd’hui, par ordre: Clos St-Jacques, Les Amoureuses, Les Saint-Georges, Cros Parentoux, Caillerets de Volnay, Lavaux St-Jacques, Clos-des-Epeneaux, Rugiens, Vaucrains, Les Charmes. Le panel était composé de Al Hotchkin, Georges Pertuisot, Rolland Masse et des membres de ‘Bourgogne Aujourd’hui’.

Toujours est-il …
… Que les bourguignons sont des experts en relations publiques. En témoignent les événements suivants qui procurent des visibilités considérables à leurs vins et leur milieu: les ventes aux enchères des Hospices de Beaune et de Nuits, les paulées dont celle de Meursault, les cérémonies de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, les Grands Jours de Bourgogne, la St-Vincent-Tournante et autres. Aussi, les bourguignons maîtrisaient déjà à la fin du 19e siècle des rudiments d’une discipline proche des relations publiques qui ne s’est pourtant développée que plus tard au 20e siècle, le marketing. Notamment, en 1892, la commune de Nuits a adjoint à son nom celui de son climat le plus prestigieux, Les Saint-Georges, pour dorénavant s’appeler ‘Nuits-St-Georges’. Le saviez-vous?…

Statut élevé selon les antécédences

Notoriété passée de ‘Grand Cru’

« L’affiche de mise en vente des biens confisqués de la Princesse de Lamballe (1749-1792) mentionne ainsi des bouteilles de Beaune, de Saint-Georges, de Richebourg, de Champ-Bertin (orthographe de de R.G.) et de Clos-Vougeot. » Extrait de ‘Le Vignoble de la Côte bourguignonne’, Rolande Gadille,1967

IMG_0062Grille ancienne de prix de la Maison Champy. Extraite de l’ouvrage ‘Les Grands Vins de Bourgogne de 1750 à 1870 / Production, commerce et clientèle’ de Loïc Abric. En 1807, le prix des Saint-Georges est égal à ceux du Chambertin et du (‘vrai’) Montrachet.

La grille de tarifs figurant ci-devant est explicite. À la lumière des prix pratiqués au début du 19e siècle par la Maison Champy, la cote de Les Saint-Georges était alors égale aux crus de Chambertin et Montrachet.
René Danguy et Charles Aubertin ont réalisé en 1892 une importante compilation, exhaustive, sur l’histoire et les classements des vins de La Côte. Après avoir en quelque sorte scruté les ouvrages antécédents, ils ont produit une classification synthèse dans laquelle ils déterminent d’abord les crus ‘hors ligne’ (Romanée Conti, La Tâche, Richebourg, Chambertin et Clos de Vougeot), et ensuite les ‘Têtes de Cuvées’ en départageant celles-ci en deux classes, ‘1’ et ‘2’; Les Saint-Georges figure dans la classe ‘1’ des vins rouges, laquelle inclut également Le Musigny, La Romanée St-Vivant, Le Corton, Les Bonnes Mares et le Clos de Tart.
En 1855, Jules Lavalle produit un ouvrage, ‘Histoire et Statistique de la Vigne des Grands Vins de la Côte d’Or’, qui en fit le pionnier des classifications référentielles. Il y écrivit: « Le Saint-Georges va au moins de pair avec le Corton d’Aloxe et le Lambray de Morey. » Cela semble une évaluation pertinente.

Toujours est-il …
Que le ‘prophète’ des classements, Jules Lavalle (auteur du premier classement exhaustif et crédible des climats de La Côte en 1855) a produit un ‘Essai de classement des vins produits par les différents vignoble de la Côte d’Or’ (page 162 de son livre). Voici ses ‘Têtes de Cuvée’:
« Têtes de Cuvée no 1: Romanée-Conti, Clos de Vougeot (!), Chambertin et Clos-de-Bèze. Viennent ensuite: Clos de Tart, partie des Bonnes-Mares, Musigny, Richebourg et Tâche, Romanée-Saint-Vivant (une partie) et Les Saint-Georges. »
« Têtes de Cuvée no 2: Beaux-Monts et Romanée-Saint-Vivant (une partie) à Vosne; Boudots, Cailles, Murgers, Porrets, Pruliers, Thorey et Vaucrains à Nuits; Caillerets et Champans à Volnay; Clavaillon à Puligny; Clos-Morgeot à Chassagne; Clos-Tavannes et Noyer-Bart à Santenay; Corton (partie) à Aloxe; Corvées, Didiers et Forêts à Premeaux; Echézeaux à Flagey; Fèves et Grèves à Beaune, Perrière à Fixin; Santenots à Meursault.’

Opportunités manquées!

Un dossier technique étoffé devra soutenir la demande de promotion en Grand Cru pour Les St-Georges. De façon évidente, sa promotion relèverait au premier chef de sa ‘réhabilitation’ en vertu de sa notoriété historique.
Lorsqu’il est question de cette anomalie concernant Les Saint-Georges, il est généralement évoqué les mêmes deux explications, soit la neutralité qu’aurait voulu manifester Henri Gouges, propriétaire important sur le climat et alors acteur syndical important face à la conjoncture des AOC, et aussi des motifs de fiscalité2.
Nous croyons cependant bon d’ajouter un autre facteur, lié celui là au contexte des AO (bel et bien des AO et non pas celui des AOC), entre 1919 et 19353: La littérature sur le vin fait généralement porter les origines du cadre fondamental de l’industrie viticole de France sur la période de mise en place des AOC lors des années 1930. L’échafaudage complexe des appellations bourguignonnes fut en fait ébauché durant la période des Appellations d’Origine, les AO, qui découlaient de la Loi pionnière de 6 mai 1919 relative à la Protection des Appellations d’Origine. En vertu de cette Loi, jusqu’en 1935, des AO furent fixées par les instances juridiques, les tribunaux civils afférents aux lieus respectifs des aires d’appellations en causes, en vertu des des ‘usages locaux, loyaux et constants’, autrement dit selon les us et coutumes. Les tribunaux prononcèrent ainsi, une à une, des AO afférentes à des communes et aussi à des crus, telles les AO Chambertin, Corton, Montrachet… C’est cette trame d’appellations originelles qui évolua, en nombre et en hiérarchie, en AOC à partir de 1935. Or, quelques soient les circonstances l’expliquant, Les Saint-Georges est demeuré en retrait de de la dynamique des AO. Nul ne sait vraiment aujourd’hui les raisons de l’abstention du milieu nuiton quant à la fixation d’une AO pour Les Saint-Georges.
Nous pensons que Jean-François Bazin, dans son ouvrage ‘Chambertin’ touche un point essentiel en soulignant que « que les Grands Crus, à quelques exceptions près, ont été définis en fonctions d’influences locales … Il fallait au départ une volonté… Morey s’en tire bien grâce au père de Jean-Marie Ponsot, qui avait fait du droit. » En un mot, deux opportunités furent loupées: la première lors de la fixation des AO entre 1019 et 1935, et la seconde lors de celle de la mise en place des AOC après 1935.
(2) Tel cette citation de la RVF: « L’histoire raconte que lors de la mise en place des AOC en 1936, le maire du village, qui possédait des vignes sur Les St-Georges, ne voulait pas de conflit d’intérêt. La seconde raison est d’ordre fiscal. Posséder des vignes en grand cru impliquait en effet un impôt supplémentaire, dont les propriétaires de Nuits se passaient très bien. » RVF, dossier ‘Super Premiers’ de la Côte d’Or, octobre 2010.
(3) Notre source documentaire principale sur le contexte des Appellations d’Origine (AO) de la période 1919-1935 est l’ouvrage majeur réalisé en 2009, en guise de thèse de doctorat, par Olivier Jacquet, actuel gestionnaire de la Chaire UNESCO ‘Culture et Traditions du Vin’ de l’Université de Bourgogne, ‘Un siècle de construction du vignoble bourguignon/Les organisations vitivinicoles de 1884 aux AOC’. Vu ses nombreux éléments inédits, à nos yeux, ce livre est un des plus importants ouvrages documentaires sur la Bourgogne produits au cours du dernier siècle.

‘Test de qualification’ au rang de Grand Cru (analyse physiographique)

Cette section n’a aucune valeur scientifique. Elle découle d’une constance d’observations. Les futurs experts éventuellement mandatés par l’INOA pour analyser le ‘terrain’ de Les Saint-Georges s’en désintéresseront certainement, mais votre curiosité à vous, l’intéressé par la Bourgogne et son milieu, sera sans doute captée… Puis comme l’indique le titre, il s’agit simplement d’un ‘test de qualification’ au rang de Grand Cru.

LesStGeorges-paysageLes Saint-Georges et ses réputés Premiers Crus limitrophes. La limite méridionale de Les Saint-Georges coïncide avec la démarcation des communes de Nuits et de Prémeaux-Prissey; le climat voisin au Sud, Les Didiers, est donc sur la commune de Prémeaux. Ce dernier climat est certainement un des ‘secrets les mieux gardés’ de La Côte; sa surface est détenue en monopole par les Hospices de Nuits. Les Didiers, Les St-Georges, les Vaucrains et Les Cailles forment certainement le quatuor élite de Premiers Crus du versant méridional du finage de Nuits-St-Georges. Sur le versant septentrional de Nuits, le trio élite plébiscité comprendrait Les Boudots, Les Cras et Les Murgers. Avec de tels Premiers Crus, pourquoi donc Nuits-St-Georges ne jouit-il pas d’une reconnaissance plus élevée des vinophiles?!

Le profil du versant, une coupe, est celui correspondant au trait rouge dans le paysage. Les climats délimités en noir constituent des Premiers Crus, tandis que les deux climats délimités en blanc sont en AOC village, ‘Nuits-St-Georges’.
La pente du climat Les Saint-Georges est soutenue, entre 7% et 15%. Le trait vertical, correspondant aux données 〈altitude 240 / pente de 7,1%〉, représente la limite inférieure de Les Saint-Georges.
L’illustration précédente permet de constater que Les Saint-Georges est légèrement en retrait de l’axe qui prolonge la combe Vallerots qui entaille le versant. Cette dernière observation est commentée à la suite.

Les Grands Crus rouges de la Côte de Nuits réunissent quatre caractéristiques physiographiques; quelques Grands Crus comportant des exceptions au pattern, nommément le GC ‘honorifique’ Clos de Vougeot.
Les conditions physiographiques satisfaites par la forte majorité des Grands Crus sont les suivantes:
1) Exposition: plan uniforme à l’Est, quelques au Sud-Est;
2) Physiographie / topographie: position sur le coteau systématiquement en retrait des débouchés de combes ou du prolongement des axes de celles-ci;
3) Physiographie / pente: inclinaison se situant entre ±3% et ±15%, soit sur des pentes induisant des conditions optimales d’ensoleillement et de drainage;
4) Physiographie / position altitudinale sur le versant: position dans la bande médiane ou supérieure du versant de vignes. Ce liséré se situe entre les altitudes 250 m et 310 mètres.

Tableau réalisé par monocepage.com à partir de GoogleEarth.
Nous avons jugé bon d’inclure dans ce tableau le dénivelé du plan de vignes de chaque finage (‘Dénivelé du versant du finage’ en quatrième colonne) comportant des Grands Crus.

Les Saint-Georges, des traits physiographiques remarquables:

  • Exposition: Presque tous les Grands Crus et plusieurs Premiers Crus réputés bénéficient intégralement d’une exposition à l’Est ou au Sud-Est, jugée idéale par plusieurs; Les Saint-Georges est exposé favorablement au Sud-Est.
  • Physiographie / topographieles crus nobles occupent des périmètres qui sont intégralement longitudinaux à l’axe même du versant, qui est Nord-Nord-Est/Sud-Sud-Ouest en Côte de Beaune. Ainsi ils sont situés immanquablement en retrait des combes pour entre autres les raisons suivantes: 1) Les climats positionnés sur les dévers (flancs) méridionaux de combes comportent des inflexions d’expositions vers le Nord, défavorables (cf. aspect précédent, ‘exposition’); 2) Les flux d’air plus frais en provenance de l’Ouest circulant dans les ‘corridors’ que sont les combes créent des micro-climats à leur débouché sur La Côte; et 3) Les sous-sols caractérisant les secteurs prolongeant les combes sur La Côte sont en partie du type ‘cône alluvial’, ou ‘cône de déjection’, et ne correspondraient pas à ceux supportant les Grand Crus, lesquels sont déposés très majoritairement sur des substrats argilo-calcaires. Une combe de peu d’envergure, la combe Valllerots, entaille le versant à une centaine de mètres au Nord de Les Saint-Georges. Celle-ci ne semble pas influer sur les conditions physiographiques et géo-pédologiques du cru.
  • Physiographie / déclivité: L’inclinaison des Grands Crus se situe entre ±3% et ±15%, induisant des conditions optimales d’ensoleillement et de drainage. La pente du climat Les Saint-Georges est ±3% en partie basse et gradue jusqu’à ±15% en partie haute; la majorité de la surface étant sur une pente satisfaisante de ±5%.
  • Physiographie / position altitudinale sur le versant: sur le versant, les Grands Crus et les supers Premiers Crus sont placés dans la bande médiane ou supérieure du plan de vignes. Ce liséré est logé entre les altitudes ±250 m et ±310 mètres;  étant placé entre les altitudes 240m et 260 m, Les Saint-Georges satisfait la ‘note de passage’ de ce critère.

En un mot, le profil physiographique de Les Saint-Georges est avantageux. Ce profil se compare particulièrement à quelques Grands Crus de la commune voisine de Vosne-Romanée, dont ceux de La Tâche et La Grande Rue.

Toujours est-il …
… Qu’en pensait donc Rolande Gadille?  Elle est l’auteure de ‘Le Vignoble de la Côte bourguignonne’ qui, publié en 1967, devint une référence considérable; hélas, son livre est devenu une rareté. En passant, Mme Gadille fut la deuxième femme recteur en France, désignée à Reims en 1980. Toujours est-il qu’elle a écrit ceci: « L’actuelle législation ne reconnait pas, cependant, de grands crus sur cette fraction de la Côte, mais seulement des Premiers Crus et des appellations communales. Le fait est assez étonnant, notamment pour ce qui est du St-Georges, cru illustre ... »

 

Étymologie

Dans ‘Climats et Lieux-dits des Grands Vignobles de Bourgogne / Atlas et Histoire des Noms des Lieux’, Marie-Hélène Landrieu-Lussigny écrit: « Cette parcelle aurait été plantée dès l’an Mil et serait la première à l’avoir été à Nuits. Elle fut donnée en 1023 par Humbert de Vergy, archidiacre d’Autun, et sa sœur Élisabeth de Vergy au Chapitre Collégial de St-Denis fondé par lui à Vergy la même année. Aurait-elle ensuite appartenu à la très ancienne Confrérie de St-Georges? … C’était une Confrérie de vignerons dont le patron était St-Georges, l’un des premiers saints à protéger les vignes de la Côte… »

 

Démarche en cours

L’éventuelle évolution des Saint-Georges en Grand Cru comporte un cheminement, un parcours avec étapes, qui s’étalera forcément sur plusieurs années. À titre d’exemple, la demande d’évolution de climats de Marsannay en Premiers Crus, initiée en 2010 par l’ODG de cette AOC et déposée auprès de l’INAO en 2012, devrait avoir une conclusion avant la fin de la présente décennie.

Première étape: réalisation d’un dossier de demande destiné à l’INAO, lequel doit étoffer les justifications de la demande: historique/antériorité-notoriété; argumentaire techinique (géologie/pédologie, caractéristiques physiographiques, etc.); étude économique (particulièrement quant aux prix de vente des vins); etc.

Deuxième étape: mobilisation des membres de l’ODG (Organisme de Défense et de Gestion) de Nuits-St-Georges se concrétisant par l’obtention d’une résolution d’appui adoptée très majoritairement par les membres de l’ODG de Nuits-St-Georges;

Troisième étape: accomplissements d’études techniques par l’INAO et de formalités inhérentes à cet organisme. En s’appuyant sur des exemples ailleurs, cet organisme mandaterait d’abord un groupe d’étude, généralement composé de quatre professionnels de disciplines complémentaires, pour examiner la demande et présenter un dossier technique au conseil d’administration de l’INAO.  Par la suite, une commission composée de membres de ce conseil porterait le dossier à sa finalité.