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Mieux connaître Marsannay

L’amorce au Nord de la Côte de Nuits

Les limites de la Côte de Nuits sont-elles bien connues des amateurs?
Sa limite méridionale se situe à Corgoloin, commune adjacente de Ladoix, celle-ci première au Nord de la Côte de Beaune. Sa limite septentrionale est placée immédiatement à la sortie Sud de Dijon, alors que le talus de la Côte de Nuits, et partant de la Côte d’Or, y prend forme. Plus précisément, La Côte émerge sur le territoire de la commune de Chenôve en pleine banlieue de la capitale bourguignonne, dans le vignoble sous la désignation régionale Bourgogne ‘Le Chapitre’. De là, le coteau acquiert résolument la morphologie qui lui est singulière tout le long La Côte. ‘Le Clos du Roy’, à la frange Sud de Chenôve, est son premier véritable jalon.

lacoteprofilAMORCE, AU NORD, DE LA CÔTE D’OR
La photo a été produite à partir de Google Earth. Les climats découpés appartiennent aux finages de Chenôve, Marsannay-la-Côte et Couchey, les trois communes de l’appellation Marsannay. On y observe (axe du trait rouge) que la Côte d’Or émerge, dans sa partie septentrionale, à Chenôve, sous forme d’une première butte. Le talus de La Côte se profile ensuite graduellement. Comme partout tout au long de La Côte (55 km), des combes, des vallées sèches, y percent transversalement le grand versant. Ces combes conditionnent partout les paramètres physiographiques des vignobles: pédo-géologie, expositions, flux d’air etc.

Quelques rudiments des AOC des finages de Chenôve, Marsannay-la-Côte et Couchey

Marsannay-carteCliquez sr la l’image pour la grossir. Carte des AOC des finages de Chenôve, Marsannay-la-Côte et Couchey. La zone en ocre constitue l’aire de l’AOC ‘Marsannay’.
L’aire de l’AOC Bourgogne est confinée au Nord, sur Chenôve; celle-ci comprend notamment le périmètre du cru ‘Le Chapitre’ qui est un des seuls muni du privilège d’adjoindre son nom à celui de ‘Bourgogne’ (Bourgogne ‘Le Chapitre’).
L’aire en rose est celle de l’AOC ‘Marsannay rosé’.

Marsannay rosé: D’entrée de jeu, il importe de signaler que, contrairement aux vins rosés des autres communes de la Côte d’Or qui s’identifient simplement en ‘Bourgogne’, ceux de Marsannay-la-Côte et des deux communes qui lui sont rattachées, Chenôve et Couchey, détiennent leur propre appellation ‘Marsannay rosé’. L’aire en Marsannay rosé est de 230 ha, bien que seulement une faible proportion de celle-ci soit actuellement exploitée. Ce droit à une appellation communale pour ses rosés, Marsannay le doit à son parcours du 20e siècle (lire ‘Parcours historique atypique’).

Marsannay rouge et blanc: L’appellation ‘Marsannay’ porte sur les vins rouges et blancs d’une aire vaste de 301 ha:
25 ha sur Chenôve, isolée sur le seul climat Clos du Roy;
159 ha sur la commune Marsannay-la-Côte au centre;
117 ha sur celle de Couchey au Sud. La proportion de vins blancs est de l’ordre de 20%.

Situation unique à l’AOC communale de Marsannay, son aire est presque entièrement placée au dessus de la ‘Route des Grands Crus’, laquelle relie les villages entre Marsannay-la-Côte et Vougeot. Placée à flanc de coteau, la route des Grands Crus est à distinguer de la route Dijon-Beaune, la RN 74, qui longe pour sa part le piémont du versant de La Côte. Sur les autres finages traversés par la Route des Grands Crus, se sont surtout les climats homologués en Premiers ou Grands Crus qui logent au dessus de la Route des Grands Crus.

Contexte semi-urbain

Le développement du Sud de la périphérie de Dijon a rejoint Chenôve et Marsannay-la-Côte depuis une trentaine d’années. L’aire de Marsannay est la seule de La Côte qui subit présentement une véritable pression urbaine. À Chenôve, le Clos du Roy est enclavé entre le tissu résidentiel et la montagne. Dans la partie du coteau immédiatement au Nord de Marsannay-la-Côte, l’occupation résidentielle y a remplacé les vignes. Des commerces de bon rayonnement bordent aussi les vignes. Cette banlieue de Dijon, entourée de vignes, est ainsi soumise à du transit quotidien important. Il est estimé que les parcelles urbanisées sur l’aire du territoire en appellation accaparent 35 hectares.

Marsannay-urbanisation

Géologie

Marsannay-geologieCarte produite en 2010, à l’échelle de 1/10 000, par une équipe dirigée par la géologue Françoise Vannier, spécialiste de La Côte. Celle-ci montre les multiples nuances du sous-sol que les cartes du BRGM à l’échelle du 1/50 000 (voir la carte à la suite), usuellement utilisées, compriment et conséquemment escamotent. La carte de l’équipe de Françoise Vannier fut la première du genre (1/10 000) à être produite sur un finage de La Côte. Il s’agit d’une grande percée dans la documentation de La Côte.

Marsannnay-BrgmCarte du BRGM à l’échelle de 1/50 000 couvrant l’appellation Marsannay.
La cartographie à l’échelle de 1/50 000 du BRGM constituait la référence pour commenter la géologie de Marsannay avant celle réalisée, à l’échelle de 1/10 000, par Françoise Vannier. Cette géologue a aussi réalisé des cartes géologiques du même type (1/10 000) sur, entre autres, Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny. Selon l’expression, ‘il n’y a pas photo’, les cartes du BRGM s’avèrent dorénavant obsolètes pour documenter le sous-sol du vignoble de La Côte. Elles étaient d’ailleurs destinées à d’autres fins que l’analyse des sous-sols de vignobles.

Le schéma géologique du secteur des premiers crus revendiqués s’inscrit dans une séquence lithographique typique de la Côte de Nuits. Par étage chronologique, des plus âgées au plus récentes, les couches argilo-calcaires présentes sur le périmètre sont: les Marnes sableuses, le Calcaire à Entroques, les Marnes à Ostrea Acuminata, le Calcaire à Oncoïdes Cannabines, le Calcaire de Prémeaux et l’Oolithe Blanche. À titre comparatif, les mêmes strates sont présentes dans le sous-sol des premiers et grands crus de Gevrey-Chambertin.
Les multiples failles dans le sous-sol sont arrangées en lanières, dans l’axe général Nord-Sud. Une multitude de décalages se sont produits le long des failles, soit des glissements de blocs rocheux les uns contre les autres, tel un jeu de piston désordonné. Il en résulte une mosaïque de formations rocheuses en substratum. Aussi réalisée à l’échelle du 1/10 000, la carte géologique de Gevrey-Chambertin permet d’observer sur son aire un schéma semblable de failles et de compartiments.
Les climats candidats au rang de Premiers Crus ont chacun leur profil individuel marqué des traits physiographiques, de sol et de sous-sol, parfois significatifs.

Marsannay-lithographieL’illustration montre la séquence des strates de calcaires et de marnes du sous-sol de Marsannay. La série constatée par la géologue Françoise Vannier et son équipe comprend les strates de Marnes sableuses, au bas du schéma (ci-devant), à celle de l’Oolithe Blanche, donc des âges du Toarcien au Bathonien, de l’étage du Jurassique.
Grosso modo, une même séquence est observée à Gevrey-Chambertin, où une carte géologique au 1/10 000 fut aussi produite en 2013 par Françoise Vannier et son équipe.
(En fait, l’illustration est un extrait, un segment, tirée de la série lithologique obtenue d’un forage effectué à Argilly, à une dizaine de km au Sud-Est de Nuits-St-Georges. La lithographie de ce forage constitue une référence, un étalon, de la géologie de La Côte. Selon les endroits sur La Côte, l’épaisseur et le faciès des couches peut toutefois varier, voire certaines êtres absentes ça et là, mais conservant toujours le même ordre. La lithologie de Marsannay se rattache au segment illustré.)

La carte géologique montre un aspect du sous-sol de La Côte qui s’observe partout sur celle-ci, mais vraisemblablement avec une occurrence plus grande sur les finages de l’aire de Marsannay: les cônes de déjection, qui forment des lobes sur la carte géologique placée ci-haut (nommés ‘alluvions/cailloutis de cônes’ dans la légende de la carte). En effet, le versant de l’aire de Marsannay est cisaillé par trois combes, des vallées sèches, dans lesquels couloirs ont été déplacé des masses de matériaux rocheux (cailloux, sables, limons, argiles) durant la période périglaciaire, il y a ±20 à 30 000  ans. Ces matériaux furent délestés aux débouchés des combes sur La Côte pour former des ‘cônes alluviaux’, particulièrement sur les parties médianes et, surtout, basses du grand versant. Ces cônes de déjection forment de bons terroirs viticoles, sans toutefois figurer en ‘terre sainte’, c’est à dire aux endroits des Grands Crus et des Premiers Crus renommés. Les vins qui en sont issus sont généralement caractérisés par la souplesse.

Morphologie:

Marsannay-coupeCliquez sur l’image pour la grossir. La coupe ci-devant illustre une coupe-type de l’aire de l’appellation Marsannay. Celle-ci traverse les climats ‘Aux Genelières’ et  ‘Au Champ Salomon’, le premier au dessus de l’autre sur le versant, et se prolonge jusqu’au pied du coteau de Marsannay qui est aux abords de la route Dijon-Beaune. L’altitude de 296 m qui est affichée (barre verticale au centre-gauche de l’illustration), correspond à la limite entre les deux climats. À ce point, la pente est de 6,5%.
Le profil du coteau de Marsannay est typique à La Côte: un talus assez prononcé dans sa partie supérieure, puis une pente concave qui va en s’adoucissant graduellement vers le pied du coteau.
Les 14 climats visés par la demande de l’ODG de Marsannay sont tous situés sur les parties supérieures et médianes du grand coteau de vignes, à des altitudes variant, grosso modo, entre 280 et 330 mètres.

Les 14 climats visés par la demande de l’ODG de Marsannay sont tous situés sur les parties supérieures et médianes du grand coteau de vignes, à des altitudes variant, grosso modo, entre 280 et 330 mètres. Les pentes des climats concernés varient schématiquement entre 2% et 12%, tous ayant des parties supérieures à 5% (sauf Les Champs Salomon avec une pente maximale de 4%). L’exposition des 14 climats varie de l’Est au Sud. En un mot, la physiographie générale des 14 climats s’apparente au profil-type de la Côte de Nuits.

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