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Physionomie / Géologie

Successivement dans ce segment:

  • Physionomie
    1.
    Silhouette
    2. Une ‘colline’ explication
    3. Un spectre d’expositions
    4. Dénivelés et profil du coteau
    5. Un versant singulièrement allongé
    6. Caractéristiques des GC vs Corton: en résumé
  • Géologie
    1. Une section de Corton révélée récemment
    2. En bref sur la géologie

Physionomie

1. Silhouette

La colline de Corton est de forme tronconique, évasée. Elle est coiffée d’un boisé qui a une allure de béret plat déposé sur le cône. Le coteau du vignoble est disposé en fer en cheval autour de la colline, selon un arc d’environ 200 degrés, de l’Est au Nord-Ouest. Ce contexte est unique sur La Côte.

Corton paysageCette photo aérienne prise du Sud est tirée du site Paysagedecorton.fr’. À gauche, le village vigneron de Pernand-Vergelesses. À droite, à l’Est de la route Dijon-Beaune, la commune citadine de Ladoix-Serigny. Le village d’Aloxe-Corton n’est pas visible, bien que le carré de verdure du château de Corton Grancey s’observe tout au bas à droite. Celui-ci est à la frange Nord du village.

2. Une ‘colline’, explication
La colline de Corton est simplement un segment de La Côte qui en a été détaché par trois combes, des vallées sèches, qui sont autant de coupures. Deux de celles-ci sont placées perpendiculairement à La Côte (grand coteau de la Côte d’Or). Elles ont sculpté, d’une part, le versant Nord de la colline sur le territoire de Ladoix (climats Hautes et Basses Mourottes, etc.) et, d’autre part, le versant Sud, classé surtout en Corton-Charlemagne sur le territoire d’Aloxe-Corton (lieux-dits En Charlemagne et Le Charlemagne). La troisième combe a curieusement créé une échancrure oblique à La Côte, dans un axe Nord-Est/Sud-Ouest, en retrait, à la frange des Hautes Côtes. C’est celle-ci qui détache la colline de Corton de La Côte. Située sur la commune de Pernand-Vergelesses, cette vallée a sculpté deux coteaux occupés, pour l’un sur le flanc oriental, par les vignes du climat En Charlemagne (Corton-Charlemagne) et, pour l’autre sur le flanc occidental, par celles du climat ‘En Caradeux’ (Pernand-Vergelesses Premier Cru). Cette combe transversale se distingue assez nettement sur la photo d’accueil du site de l’association ‘Paysages de Corton’ sur l’illustration qui précède.

combedepernandCliquez sur l’illustration pour la grossir. Les traits plus marqués illustrent les axes des trois combes, trois vallées, qui détachent la colline de Corton du grand versant de la Côte d’Or. Les axes des deux combes définies par des traits noirs sont transversales à La Côte comme la majorité des combes qui sectionnent le grand versant. C’est davantage la combe illustrée en rouge, qui s’inscrit entre les collines de Corton et de Pernand, qui détache quelque peu Corton du reste de La Côte.

combedepernandprisedeuxUne autre perspective de la combe de Pernand.

3. Un spectre d’expositions

Corton-expositionsÉtant donné la forme en fer à cheval du vignoble de la colline, son spectre d’expositions solaires de près de 200 degrés est unique sur La Côte.
L’exposition à l’Ouest du climat En Charlemagne (GC Corton-Charlemagne) de Pernand est peu appropriée pour la culture du Pinot noir. Une telle exposition est cependant adéquate pour la culture du Chardonnay; une exposition à l’Ouest s’observe d’ailleurs sur certaines parties du Grand Cru de Chablis.

La notion de climat sous-tend des distinctions, des influences, qui interviennent sur les caractères des vins. L’exposition solaire est un de ces paramètres. Son incidence est tantôt évidente, tantôt subtile. Notamment, son impact est flagrant sur le célèbre climat Clos St-Jacques de Gevrey-Chambertin. Celui-ci est situé au débouché de la combe de Lavaux qui est un couloir d’air frais, inconvénient microclimatique important qui est cependant largement compensé par son exposition au Sud. Aux endroits de La Côte étant situés en retrait des couloirs formés par les combes, donc hors les influences physiographiques et climatiques associées à celles-ci, l’exposition de l’Est au Sud-Est y est ainsi un paramètre assez constant.
Une exposition à l’Est, au soleil levant, que certains auteurs soulignent être capitale en Côte de Nuits en raison du réchauffement du coteau dès l’aurore, transmet un apport spécifique à l’ADN d’un terroir, lequel est certainement autre que celui procuré par une exposition au Sud qui est rasante en matinée, mais intense au cœur de la journée. (Si vous vous connaissez une étude qui traite des nuances procurées au terroir selon les expositions solaires, faites-nous le savoir, c’est un APPEL À TOUS. Nous écrire ici.)
Toujours est-il que la colline de Corton est un carrousel d’expositions tel que le montre l’illustration qui précède.

Les diverses expositions et les climats correspondant à chacune sont comme suit:

  • Exposition Est-Nord-Est: les climats suivants de Ladoix: Les Carrières, Basses Mourottes, Hautes Mourottes et Les Moutottes.
  • Exposition au Sud-Est: les climats Le Rognet, Clos des Corton Faiveley, La Toppe au Vert et Les Vergennes de Ladoix; et les climats suivants d’Aloxe: Le Corton, Les Renardes, Les Perrrières, Le Clos du Roi, Les Grèves, Les Bressandes, Les Languettes, Les Maréchaudes et les Paulands.
    Au sujet de l’exposition de ces climats, Denis Morelot (1831) écrit « on ne saurait imaginer une exposition plus favorable. » Le secteur d’Aloxe est aussi à l’abri des vents dominants de l’Ouest, freinés par la colline.
  • Exposition au Sud: les climats Les Fiètres, La Vigne au Saint, Les Combe, Le Clos des Meix, Les Pougets, Les Chaumes.
  • Exposition au Sud-Ouest: le climat Le Charlemagne d’Aloxe.
  • Exposition à l’Ouest-Nord-Ouest: le climat En Charlemagne de Pernand.

4. Dénivelés et profil du coteau
Le dénivelé du GC Corton est de 120 mètres, soit de ±230 mètres à ±350 mètres au dessus du niveau de la mer. Le dénivelé spécifique à la zone cultivée en Corton rouge est cependant moindre, soit ±85 mètres, approximativement entre les altitudes de ±230 à ±310 mètres; les vignes de haut du coteau occupées exclusivement par GC Corton Charlemagne expliquant l’écart de dénivelé. Après Corton, les coteaux de Grands Crus ayant les plus forts dénivelés sont ceux de l’axe Clos de Vougeot/Grands Echézeaux/Les Echézeaux, au dénivelé total de ±70 mètres (altitude de ±240 mètres au bas du Clos de Vougeot à ±310 mètres au haut des Échezeaux / dénivelé de ±60 m relativement seulement à l’axe Grands Echézeaux/Echézeaux).
Dans l’axe des climats consécutifs (haut au bas du coteau) ‘Le Corton/Les Renardes/Les Bressandes/Les Maréchaudes’, la longueur du versant du GC Corton est de ±850 m; la longueur propre au GC Corton rouge est cependant de ±700 m. À titre comparatif, l’axe ‘Chambertin/Charmes-Chambertin’ atteint également ±700 m et celui de l’axe ‘Echézeaux/Grands Echézeaux’ est de ±780 m.

À l’exception du versant de Ladoix, assez accidenté étant donné les entailles dans le paysage attribuables à d’ex carrières, le profil du coteau du GC Corton est assez identique sur le pourtour de la colline. Des profils de carrières s’observent aussi sur le coteau d’Aloxe-Corton.

Le secteur en GC Corton du finage de Ladoix comporte plusieurs entailles dans le paysage qui sont autant d’empreintes d’ex carrières. La photo illustre des parois d’une carrière d’autrefois dans le climat Les Carrières! Les carrières sont, çà et là, des enclaves de bons terroirs.

L’illustration ci-après montre une coupe représentative du GC, laquelle traverse, de haut en bas du coteau, les climats consécutifs Le Corton, Les Renardes, Les Bressandes et Les Maréchaudes. Ce profil plutôt linéaire diffère quelque peu du profil classique de La Côte, généralement concave. L’inclinaison de la pente est constante de 10 à 15% jusque dans sa partie inférieure, soit jusqu’au pied des Maréchaudes sur la coupe illustrée ci-après. Cette pente soutenue dans la partie inférieure du GC est plausiblement une des justifications du statut de GC accordé aux climats situés dans la partie basse, dont Les Maréchaudes et Les Paulands.

Corton-coupeLe graphique ci-devant représente une coupe du coteau dans l’axe du trait en rouge, au centre du finage d’Aloxe-Corton, à travers les climats ‘Le Corton’, Les Renardes, Les Bressandes et Les Maréchaudes. La limite inférieure du climat Les Maréchaudes est à 229 mètres, tandis que la limite supérieure du climat Le Corton est à 351 mètres; sachant que la lisière de ±35 m au haut du coteau est occupée strictement par des vignes classées en Corton-Charlemagne. Le dénivelé total du versant est de ±120 mètres; ±85 m quant à la bande du coteau cultivée en Pinot noir. La pente conserve une déclivité régulière, de 10 à 15%, de la mi-coteau (limite supérieure des Bressandes) jusqu’au pied des Maréchaudes. Cette pente soutenue est plausiblement une justification du statut de GC accordé au climat Les Maréchaudes (voir ‘un versant singulièrement allongé’ ci-après). La mention ‘250 m /10,8%’ sur l’illustration est la frontière commune des Bressandes et des Maréchaudes. À ce niveau sur le versant, la pente est curieusement de forme convexe. Cet endroit est plausiblement appuyé sur les calcaires de Ladoix et de Dijon-Corton (voir Géologie de Corton).

5. Un versant singulièrement allongé, explication
Le fort dénivelé du versant du GC Corton s’explique certainement par l’allongement de celui-ci dans une dépression, une cuvette, à l’orée de la plaine dans le secteur Ladoix-Aloxe. L’emprunt de la route Dijon-Beaune à travers le territoire de Ladoix permet de constater ladite dépression. Le prolongement du versant qui en découle est plausiblement une justification à la troisième bande de Grands Crus sur Aloxe, formée par les climats Les Paulands et Les Maréchaudes; Le Corton (le climat)/Le Clos du Roi/Les Renardes constituant la première bande au haut du coteau; et Les Bressandes/Les Grèves, la seconde au milieu du coteau. L’illustration qui suit témoigne de la dépression en question, qui est unique dans l’axe du pied de La Côte.

LadoixLa vue en coupe est rattachée au trait rouge sur l’image. Ce trait longe la route Dijon-Beaune dans son segment à travers le territoire de Ladoix-Serigny. Cette coupe illustre la cuvette à l’orée de la plaine à Ladoix et sur une partie d’Aloxe-Corton. Les climats Les Maréchaudes et Les Paulands sont assez directement situés dans l’axe du talweg de cette dépression. Cette dépression est assez unique sur le tracé de la route Dijon-Beaune, laquelle longe assez systématiquement le pied de La Côte. Une autre dépression significative s’observe à Prémeaux-Prissey, bien que de moindre importance. Cette cuvette nous apparait être la principale explication de l’amplitude exceptionnelle, du fort dénivelé, du coteau de Corton.

6. Les caractéristiques des GC vs Corton, en résumé
Les Grands Crus rouges de la Côte de Nuits obéissent très majoritairement à six caractéristiques de nature physiographique, météorologique et géo-pédologique; les exceptions à la règle étant les Grands Echézeaux et Clos de Vougeot:
1) une situation en pente soutenue, variant entre ±5% et ±15%;
2) un point de rupture (point où la pente du versant chute assez nettement sous ±3%) situé en aval des GC;
3) une situation sur le versant qui ni trop haute (au plus haut ±310 m), ni trop basse (au plus bas ±250 m)(1);
4) une exposition indéfectiblement dans un spectre de l’Est au Sud;
5) une localisation sur La Côte qui est en retrait ou relativement en retrait des combes importantes, autrement dit hors de l’influence des flux d’air froid circulant dans les combes et des inflexions d’expositions inhérentes;
et 6) une typologie de sol assez commune (aspect à compléter).

(1) Les vignes situées aux extrémités inférieures et supérieures des coteaux de La Côte sont généralement moins favorables à la production de vins rouges élites. D’une part, les parties basses se réchauffent plus lentement puisque l’air froid matinal s’y concentre davantage. D’autre part, la température de la frange supérieure est influencée par l’abaissement de température lié au gain altitudinale (baisse moyenne de ±0,6o par 100 m d’élévation) et par la fraîcheur émanant des boisés qui surmontent le vignoble. En un mot, la bande médiane du coteau constitue la positon la plus avantageuse; et la pédo-géologie de cette ceinture est aussi privilégiée (à développer prochainement).

Le Grand Cru Corton obéit aux caractéristiques communes de la plupart des Grands Crus, sauf au troisième aspect puisque la partie inférieure du versant de Corton est sous le seuil de ±250 m. Or la dépression située à l’orée de la plaine, décrite ci-haut, pourrait justifier que la limite inférieure du versant soit sous le ‘standard’ de ±250 m.
En fait, à partir des six critères établis, les climats de la commune d’Aloxe-Corton dont le statut de GC serait contestable sont Les Combes et Les Meix pour leur pente en partie trop faible; et éventuellement les climats Vigne au Saint et Les Chaumes parce qu’il sont légèrement en contact avec la rupture de pente et qu’une de leur partie a une exposition qui incline un tantinet vers l’Ouest. C’est donc dire que les climats suivants d’Aloxe-Corton obéissent totalement à ces pré-requis: Les Perrières, Les Languettes, Les Fiètres, Les Pougets, Les Paulands, Les Maréchaudes et bien entendu Les Bressandes.

En bref

Bref, le plan du GC Corton est atypique sur La Côte bourguignonne étant donné sa situation en fer à cheval, ses expositions solaires variées (option #3 proposée) et son fort dénivelé (option #4 proposée). (Réponse # 8 du quiz)

Étant le plus méridional des GC en rouge de la Côte d’Or, ses vendanges sont généralement effectuées quelques jours avant celles des GC de Vosne-Romanée. Il n’est pas que le plus méridional mais aussi le plus solaire par son exposition.


 

Géologie
Toujours est-il …
SUR L’IMPORTANCE DE LA GÉOLOGIE

Sur La Côte, les racines de la vigne s’enfoncent relativement peu, jusqu’à un mètre, parfois un peu plus, généralement moins. Si elles se faufilent ça et là plus profondément dans les fissures de la roche sous-jacente, il est plutôt faux de croire que la vigne enfonce irréductiblement son système radiculaire dans la roche. Elle trouve ses nutriments dans un horizon qui est généralement ‘piochable’ par l’homme. De quoi cet horizon est-il fait?
Le sol du versant La Côte, celui des ‘climats’ glorifiés par les amateurs de Bourgogne, a trois origines:

  1. L’altération de la roche sous-jacente, qui est composé de calcaires ou de marnes;
  2. Le colluvionnement provenant des plateaux qui surmontent le fameux coteau, c’est à dire d’éléments de roche qui s’y sont répandus;
  3. Les alluvions, des sédiments laissés sur place par d’anciens lits de cours d’eau.

Sur le glorieux versant, l’altération de la roche sous-jacente est l’état de constitution des sols le plus courant. D’où l’importance de la connaissance de la géologie des lieux pour comprendre les sols. C’est l’avis de la géologue Françoise Vannier qui a réalisé depuis 2010 des études géologiques détaillées de plusieurs finages, dont Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny.

1. Une section de Corton révélée récemment
Dans le cadre de son mémoire préparé en 2014 en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences de la Terre, Emmanuel Chevigny a, entre autres, réalisé l’état géologique d’un corridor (transect) de la colline de Corton, dans l’axe des climats Les Grèves / Les Perrières / Les Languettes.
C’est à ce jour, le seul relevé géologique réalisé à l’échelle 1/10 000 qui apporte une information assez catégorique sur une partie de Corton.
Les cartes géologiques du BRGM, à l’échelle de 1/50 000, dévolues avant tout pour la recherche minière, ont longtemps été la seule source d’information sur la géologie La Côte. Cette source est inadéquate pour l’examen de celle-ci. Une telle échelle comprime la résolution et assimile ainsi les données de la mosaïque, complexe, des climats.


coupeteleLe trait rouge illustre un segment du transect examiné par Emmanuel Chevigny, soit celui traversant les trois climats suivants du Grand Cru: Les Languettes, Les Perrières et les Grèves. En fait, l’axe étudié par Emmanuel Chevigny se prolonge jusqu’à la route de Dijon-Beaune et recoupe aussi des climats en Premiers Crus et en villages.
Le trait vertical fin en noir apparaissant sur le graphique, auquel est associé l’altitude de 284 mètres, représente la frontière commune des climats Les Languettes et Les Perrières. Cette coupe a été produite à partir de l’outil qu’est Google Earth.

chevignygreves Sur le graphique, le fin trait vertical noir a été déplacé cette fois à la frontière des climats Les Perrières et Les Grèves, qui se situe à l’altitude de 263 m. Ces deux derniers graphiques nous permettent maintenant de définir l’état de la géologie de ces trois climats du GC au moyen des illustrations qui suivent, produites par Emmanuel Chevigny.

Le profil géologique a été réalisé au moyen de la télédétection par imagerie. L’adoption de cette technique est rendu possible en géologie en raison la résistivité différenciée des formations rocheuses. Il est à souligner qu’Emmanuel Chevigny a collaboré aux études géologiques réalisées sur plusieurs finages de La Côte au cours des dernières années par la géologue Françoise Vannier.

ChevignyteledectionCortonRelativement à un transect, un axe (voir les deux illustrations précédentes), traversant entre autres les trois climats Les Languettes (altitude 285 à 335 m) / Les Perrières (altitude 265 à 285 m) / Les Grèves (altitude 250 à 265 m), la figure du haut illustre la résistivité du sous-sol obtenue par la technologie de la télédétection. La figure du bas est une interprétation géologique des données de télédétection.
Sur cette section du Grand Cru Corton, une dizaine de lithologies (nature des roches), de calcaire et de marnes, y constituent successivement la surface du substratum; une séquence lithologique considérable. Considérant que le sol de Corton est surtout formé de l’altération de la roche immédiatement sous-jacente, avec la conjonction éventuelle de colluvions de coteaux (matériaux rocheux provenant de la corniche de la colline), le sol est conséquemment différencié d’un climat à l’autre et aussi au sein même de chacun.
Une faille probable se trouve à environ 525 mètres, à partir du point de départ au haut du coteau. En fait cette faille se trouve au cœur du climat Les Grèves.

Les repères déterminés au moyen de Google Earth (les deux coupes placées un peu plus haut) nous permettent de distinguer les formations qui sont propres à chacun des trois climats traversés:

Climat Les Languettes: Bien que tout au haut du coteau on trouve des Calcaires de Beaune et bien qu’une strate d’une dizaine de mètres d’épaisseur de Calcaires à chailles soit présente au milieu du climat, c’est majoritairement la Marne de Pernand qui constitue le substrat de ce climat. La marne étant particulièrement propice à la culture du Chardonnay, il est n’est donc pas étonnant que ce climat soit classé en Corton Charlemagne.

Climat Les Perrières: Ce climat a une silhouette de papillon. C’est une seule ‘aile’ de ce profil que traverse le transect étudié par Emmanuel Chevigny, entre approximativement les altitudes 265 et 285m . Sur cette section du GC ce sont deux types de calcaire qui sont constatés: le Calcaire à chailles et le Calcaire de Ladoix.

Climat Les Grèves:  celui-ci est logé entre approximativement les altitudes 250 et 265 m. La première observation concerne la présence d’une faille probable environ au centre du cru, si bien que sa partie supérieure est déposée sur du Calcaire de Dijon-Corton et sa partie inférieure sur du Calcaire de Ladoix.

2. En bref sur la géologie de Corton
Ce territoire viticole n’ayant pas encore été entièrement examiné par une étude géologique à une échelle (1/10 000) qui puisse nous révéler véritablement sa mosaïque géologique, pour l’instant, la géologie du GC de Corton n’est que schématiquement connue, si ce n’est dans le corridor étroit étudié par Emmanuel Chevigny.
Des études géologiques à l’échelle de 1/10 000 ont été réalisées depuis 2010 par la géologue Françoise Vannier sur cinq finages de La Côte. Celles-ci apportent un éclairage inédit. En s’appuyant sur ces cinq études, La Côte est une mosaïque de blocs (compartiments) rocheux créée par des jeux de failles innombrables et de décalages des blocs le long des clivages.

L’étude linéaire produite par Emmauel Chevigny (un seul corridor dans les climats Les Languettes-Les Perrières-Les Grèves) tend à nous confirmer que la géologie de Corton est également complexe puisque sur ce seul axe sont dénombrées une dizaine de lithologies. Il peut être considéré que la colline de Corton est également une marqueterie lithologique.

L’étude d’Emmanuel Chevigny et les schémas géologiques montrés dans différents ouvrages sur La Côte indiquent que la séquence lithologique de Corton correspond aux strates les plus jeunes du Jurassique Moyen (étages stratigraphiques Bathonien et Callovien) et celles les plus âgées du Jurassique Supérieur (étage stratigraphique Oxfordien).

transect-corton

 

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