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Saint-Joseph: topo

Mise en ligne: juin 2018

L’appellation Saint-Joseph est saugrenue, incomparable, étonnante. Son nom est associé à un cru qui est minuscule, pas du tout central, au sein d’un ‘archipel’ de vignobles étiré sur plus de 60 kilomètres et englobant 3400 hectares (1300 exploités). À ce nom incongru a été associé pendant un long moment une réputation assez ordinaire alors que l’ambition au regard de la qualité n’était pas évidente et les vignes bien jeunes. Aujourd’hui, les Saint-Joseph sont  globalement plus profonds et accrocheurs. Il faut dire que des 26 communes comprises dans l’appellation, quelques unes génèrent des vins supérieurs. En d’autres circonstances historiques (il vous faut donc lire), celles-ci eurent certainement obtenu des appellations communales distinctes, bien cotées, entre autres, Chavanay, Mauves, Saint-Jean-de-Muzols, Tournon-sur-Rhône, … Ces communes sont favorablement devenues les piliers de Saint-Joseph.

CONTENU:

1 ⇒ Géographie/physionomie du vignoble
2 ⇒ Encadrement de l’appellation
2-A → Création
2-B → Réglementation
3 ⇒ Une genèse d’AOC particulière: une aire consécutivement exiguë, considérable, et pondérée
3-A → Prologue: Résurgence du vignoble en Rhône-Nord après une longue éclipse
3-B → 1956, création de l’AOC Saint-Joseph selon une première délimitation restreinte
3-C → 1969, élargissement excessif de l’aire
3-D → 1994, contraction judicieuse de l’aire
4 ⇒ Ad hoc
5⇒ Quatre secteurs
5-A → Aperçu des secteurs
5-B → Secteur Nord: Chavanay, Saint-Pierre-de-Boeuf, Malleval et Limony
5-C → Long segment central: de Serrières à Lemps
5-D → Secteur historique ou ‘berceau’ de l’appellation: Saint-Jean-de-Muzols, Tournon-sur-Rhône et Mauves
5-E → Secteur en extrémité Sud
6 ⇒ Géologie/physiographie

1⇒ Géographie/physionomie du vignoble

 

Une carte tirée du site http://www.vin-terre-net.com, que nous apprécions particulièrement pour la délimitation des départements.
Sur la rive droite du Rhône, Saint-Joseph est un archipel, parce que discontinu, de vignobles long de 60 km qui fait le lien entre Condrieu/Côte rôtie au Nord, et Cornas/Saint-Péray, au Sud.

Une autre carte, moins attrayante, qui apporte cependant des détails qu’omettent presque toutes les cartes viticoles du Rhône septentrional (dont la carte précédente) : elle situe, assez correctement, la minuscule (2,7 hectares) aire de l’AOC ‘Château-Grillet’ (qui y est plutôt nommée ‘Château-Juillet’!) qui est enchâssée dans l’aire de Condrieu. Aussi il y est signalé, en couleur orangée, le segment de quatre communes qui est commun à Condrieu et Saint-Joseph.


Illustration des 26 communes traversées sur 55 km, à vol d’oiseau, par l’aire de Saint-Joseph.

Vignoble allongé, en ‘guirlande’ (terme imagé utilisé dans ‘Étude géo-pédologique de Saint-Joseph’, réalisée en 2014 par la société ‘Sigales‘), littéralement sur le rebord oriental du Massif Central, Saint-Joseph traverse consécutivement 23 communes du département de l’Ardèche et trois du département de la Loire (Chavanay, Malleval et Saint-Pierre de Bœuf). De sa superficie théorique de 3400 hectares, la partie actuellement exploitée est approximativement de ±1 200 hectares. Ces chiffres sont considérables pour une appellation ‘communale’, mais pas uniques. Entre autres, aussi une appellation communale, Chablis réunit une vingtaine de communes sur un territoire polygonal couvrant une surface de 4 500 hectares exploitées. Les mêmes chiffres pour Sancerre sont respectivement de 14 communes et 2 770 hectares.
Le long du Rhône, la bordure du Massif Central est très tailladée, ravinée.
La colonisation de vignes sur les versants abrupts a nécessité l’aménagement de terrasses pour contenir l’érosion.

Le vignoble de Saint-Joseph présente schématiquement deux contextes géographiques:
a) vignes situées sur les francs exposés au Sud au Sud-Est de ravines (petits ravins) et ravins qui tailladent directement le rebord du Massif Central (‘vignobles-vitrines’ car visibles depuis la route départementale s’étirant sur la bande étroite entre la rive droite du Rhône et le rebord du Massif Central sur l’aire de Saint-Joseph);
b) vignes logées sur les versants de vallées, côté exposé du Sud au Sud-Est (‘les vignes doivent voir le Rhône’ selon une formule locale), à proximité de la confluence de ces vallées avec la grande vallée du Rhône.
Ce schéma de vignobles discontinus, tel un archipel, explique le caractère étiré de l’aire.
Quelques unes des vallées qui cisaillent la bordure du Massif Central dans le périmètre de Saint-Joseph: vallée de la Valensize (embouchure sur le Rhône à Chavanay), du Batalon (embouchure à Malleval), de l’Ecouta (embouchure à Saint-Désirat), du Torrenson (embouchure à Andance), de la Canse (embouchure à Sarras), de l’Ay (embouchure à Ozon) et du Doux (embouchure à Tournon-sur-Rhône).

Cet extrait de la carte géologique de l’aire de Saint-Joseph illustre les deux principaux contextes géographiques du vignoble de Saint-Joseph. D’une part, les vignes logées sur les flancs, exposés du Sud-Est au Sud, de ravines et ravins qui tailladent la bordure du Massif Central. D’autre part, les vignes inscrites dans des vallées (vallée du Batalon en occurrence), bien entendu sur le versant favorablement exposé (‘les vignes doivent voir le Rhône’ selon une formule locale), à proximité des débouchés de celles-ci sur la vallée principale du Rhône.

 Le vignoble de Saint-Joseph (moitié Sud de l’aire sur l’illustration) est coloré en vert. Cette illustration, produite à partir de Google Earth, offre un coup d’œil sur la physionomie générale de l’appellation. Il s’agit d’un tronçon entre Guilherand-Granges (face à Valence, sur l’autre rive du Rhône: un micro secteur de vignes inscrit dans l’aire de Saint-Joseph, représenté par une minuscule tâche verte sous la mention Saint-Péray), et les abords de Saint-Désirat, qui est grosso modo à mi-chemin de l’aire longiligne de Saint-Joseph.
L’aire de Cornas, une coupure en quelque sorte dans celle de Saint-Joseph, est délimitée par un trait rouge. Sur l’autre rive du Rhône, l’aire en bleu est celle de Crozes-Hermitage; en violet, celle de Hermitage.


Logé sur des coteaux abrupts, le vignoble de Saint-Joseph est en large partie aménagé en terrasses pour contenir l’érosion. Photos extraites du site du domaine Pichon.

Contexte qui nous apparait unique dans le vignoble de France, les aires de Condrieu et Saint-Joseph ont des surfaces  quasiment conjointes sur quatre communes, les plus septentrionales de Saint-Joseph: Chavanay, Saint-Pierre-de-Bœuf, Malleval et Limony. L’encépagement détermine tout simplement leur appartenance, leur appellation. L’aire de Condrieu est toutefois plus restrictive quant à la limitation de l’altitude, soit 300 mètres; 350 mètres pour Saint-Joseph. (Nous avons notamment observé un lieu où les vignes sont plantées en viognier (Condrieu) jusqu’à l’altitude de 300 mètres et en syrah (Saint-Joseph) au delà de cette ligne de niveau.)

Sous la rubrique ‘vins’ de son site internet, la maison Guigal illustre au moyen de remarquables scénographies, la géographie en 3D des terroirs associés aux cuvées prestigieuses. Entre autres, sont montrées des scénographie des terroirs des cuvée de Saint-Joseph (après l’ouverture de la page web désirée, cliquez sur ‘Localiser la parcelle‘) ‘Vignes de l’Hospice’, ‘Lieu-dit’ rouge et ‘Lieu-dit’ blanc.

2 ⇒ Encadrement de l’appellation

2-A → Création
L’AOC Saint-Joseph fut homologuée en 1956.
En Rhône-Nord, les AOC Côte Rôtie et Saint-Peray avaient été créées en 1936, Hermitage et Crozes-Hermitage en 1938, Cornas en 1938 et Condrieu en 1940.

2-B → Réglementation
Encépagement:
L’appellation produit des vins tranquilles rouges et blancs. En vin rouge, la syrah est le cépage majeur, minimum de 90%, quoique en pratique généralement exclusif; les cépages d’appoints étant la marsanne et/ou la roussanne. Les Saint-Joseph blancs, représentant environ 10% de la production totale de l’appellation, sont issus des deux derniers cépages nommés, en proportion libre.
En 1988, la syrah ne comptait en France que pour 2% de l’encépagement en vin rouge (soit l’année d’édition du ‘Livre des cépages’ de Jancis Robinson). Sa grande notoriété actuelle découle primordialement de son emploi ‘impérial’ en Rhône septentrional.
Pour engendrer des vins racés, la syrah doit être plantée en milieu sec et chaud lors de la période de floraison et être exploitée selon des rendements raisonnables, ce dont le sol granitique, pauvre, favorise.

Règles en vertu du décret d’appellation par l’INAO:
Superficie homologuée: 3 400 hectares, l’altitude maximale de plantation étant fixée à 350 mètres.
Abandon au plus tard en 2021 des vignes situées dans les parties introduites dans l’aire en 1969 et subséquemment soustraites en 1994 (voir le volet 5).
Superficie présentement exploitée: ±1 200 hectares.
Densité minimum de plantation: 4 500 pieds/ha.
Rendement de base: 40 hl/ha.
Rendement butoir: 46 hl/ha.
Titre alcoométrique: Les vins doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 10,5 %.

3 ⇒ Une genèse d’AOC particulière: une aire consécutivement exiguë, considérable, et pondérée

3-A → Prologue: Résurgence du vignoble en Rhône-Nord après une longue éclipse
La superficie du vignoble en Rhône septentrional a varié selon les époques de façon très contrastée. Entre autres, très étendu et renommé qu’il était au milieu du 19e siècle, il s’est amenuisé dramatiquement par la suite pendant plus d’un siècle.
Au 18e et 19e siècles, l’extension du vignoble de France est d’ordre général constante. Portée par un essor économique et des progrès dont l’avènement du train, la superficie en vignes atteint son apogée historique en Rhône-Nord au milieu du 19e. Cette longue prospérité est cependant suivie de près d’un siècle de repli dramatique, entre ±1870 et ±1970. Les vignobles du Rhône Nord subissent alors tous un processus de contraction, d’abandon assez systématique, particulièrement des parties en coteaux. D’abord, la crise phylloxérique des dernières décennies du 19e siècle détruit tout le vignoble de France. Puis une suite d’avatars engendrés par l’homme se succèdent, voire s’amalgament: 1) La surproduction des années 1900 (la forte prospérité du vignoble languedocien, les importations de vins algériens et la production de vins factices ont entrainé des surproductions un peu partout en France); 2) les marasmes des deux guerres mondiales; et 3) une interminable période de mévente du vin, jusqu’à ±1960 (explicable par les révolutions dans les pays de l’Est, la crise économique des années 1930, la prohibition aux États-Unis, la perte de marchés traditionnels par les guerres, etc.). En concomitance à ces crises et léthargies dans la viticulture rhodanienne, la région septentrionale de la Vallée du Rhône et la vallée voisine du Giers, connaissent un fort essor économique; c’est l’époque des Trente Glorieuses. Une partie de la main d’œuvre viticole se détourne des coteaux pentus, impliquant des tâches harassantes, pour intégrer les nouveaux emplois moins exigeants et/ou plus rémunérateurs et réguliers dans les nouvelles usines et ceux en découlant dans la sphère économique des services. Par ailleurs, l’extension des milieux urbains crée une pression spéculative sur leur périphérie viticole respective. En outre, la production de vins courants et les activités agricoles, maraichères et arboricultures (desserte du marché parisien par le train), substituent la vigne sur les plateaux et dans les parties basses des vignobles. Qui plus est, les coteaux escarpés en Rhône-Nord restreignent l’introduction, au milieu du 20e, de la mécanisation des travaux viticoles, laquelle s’est généralisée partout ailleurs. La viticulture en Rhône-Nord est ainsi partout en léthargie, jusqu’à vers 1970/1980. Notamment, le vignoble de Cornas se contracte jusqu’à une surface de 50/60 hectares. Pire, celui de Condrieu s’amenuise à moins de dix hectares!

En 1930, la vigne exerce bien peu d’attrait à Andance même, commune au centre de l’aire de Saint-Joseph:
« L’histoire commence en 1930, à Andance en Ardèche. Le bien nommé Emile Biennier, vigneron averti, exploite des vignes (vins courants manifestement) de l’autre côté du Rhône (!!!). Il s’attelle chaque jour à sa tâche avec rigueur. Le métier n’est pas facile mais Emile s’en accommode très bien. » Court extrait de la rubrique ‘histoire’ du site d’un domaine installé sur cette commune (http://domaine-emile.fr/lhistoire/)

3-B → 1956, création de l’AOC Saint-Joseph selon une première délimitation restreinte
Alors que toutes les autres AOC en Rhône septentrional avaient été créés autour de 1940 (Côte rôtie et Saint-Péray:1936, Hermitage et Crozes-Hermitage: 1937, Cornas:1938),  ce n’est qu’en 1956 que l’AOC Saint-Joseph fut promulguée par l’INAO. Auparavant les vins de ce secteur étaient inscrits dans l’appellation (supra) régionale ‘Côtes du Rhône’, créée en 1935. L’aire de Saint-Joseph fut initialement délimitée à un secteur restreint, le ‘berceau’, de 80 hectares sur six communes des alentours de Tournon-sur-Rhône: Vion, Lemps, Saint-Jean-de-Muzols, Tournon-sur-Rhône, Mauves et Glun.

Il peut paraitre intriguant que le nom qui lui fut attribué, Saint-Joseph, ne soit pas celui d’une des principales communes de la première génération, nommément Mauves ou Tournon. Saint-Joseph était alors, et encore actuellement, le nom d’un lieu-dit d’une dizaine d’hectares sur la commune de Tournon (ce cru appartenait aux pères Jésuites de Tournon avant la Révolution; la riche famille Ozier de Mauves le détenait au début du 20e siècle; il appartient aujourd’hui en large partie à la maison Guigal.) Tel qu’en témoigne le tableau figurant à la suite, ce cru aurait était commercialisé de façon individualisée au 18e siècle, comme ceux, entre autres, de Mauves et Saint-Jean-de-Muzols. Les prix illustrés indiqueraient que le cru ‘Saint-Joseph’ avait une certaine ascendance. Nous avançons deux autres arguments qui ont certainement favorisé l’adoption de ‘Saint-Joseph’: celui-ci écartait sans doute le caractère politique, conflictuel, de la sélection du nom d’une des six communes; aussi, ‘Saint-Joseph’ comportait un aspect marketing intéressant par son évocation religieuse, une conation alors (encore?) estimée. Finalement ajoutons que plusieurs producteurs de Mauves et Tournon exploitaient des parcelles de ce dernier cru.

Liste de prix au 19e siècle du (plausiblement) négociant Macken et Fils, différenciant les prix de trois crus intégrés à la première aire de l’AOC Saint-Joseph en 1956: ‘Saint-Joseph’, ‘Mauves’ et ‘Saint-Jean-de-Muzols’.

   

À gauche, un volet de la correspondance transmise en 1955 par le président du syndicat viticole de Saint-Joseph, Fernand Sauzon, au président de l’INAO d’alors, M. le baron Le Roy. La requête d’une AOC pour Saint-Joseph est l’objet de l’échange.
À droite, le président de l’INAO répond notamment que « Vin de Tournon » eut été un non d’AOC « plus probatoire ».

Toujours est-il … (partie 1)
…Que la correspondance du président d’alors de l’INAO, baron Le Roy (ci-devant) est une indication de la divergence qui exista sans doute en 1956 autour du choix du nom ‘Saint-Joseph’; « Tournon apparaissait plus probatoire » écrivit baron Le Roy, alors président de l’INAO. Il avait raison. Située relativement à un point central de l’aire, particulièrement avant l’extension de 1969, Tournon était et est toujours la ville la plus importante du territoire de Saint-Joseph, tout en constituant un finage remarquable (voir l’autre ‘Toujours est-il’ à la suite). Aujourd’hui ‘Saint-Joseph’ est un nom rétro. Humble, Joseph ne sera pas choqué de notre commentaire.

 

Toujours est-il … (partie 2)
La Loi sur les Appellations d’Origine (AO et non pas AOC) de 1919 a été, pratiquement, ignorée en Rhône-Nord. Cette Loi, majeure, étonnamment peu signalée dans la littérature sur le vin de France, fut précurseure de celle des AOC de 1935. Le cadre de cette Loi permettait aux milieux viticoles de revendiquer des Appellations par voie judiciaire. La viticulture étant inanimée en Rhône-Nord durant cette période, on ne s’en soucia certainement pas; il est d’ailleurs étonnant que Hermitage et Saint-Peray ait acquis leur appellation sous ce régime. ‘Si’ la viticulture y eut été alors bien active, remuante, comme au 19e siècle ou encore comme actuellement, la donne des appellations du Rhône-Nord serait plausiblement bien différente. La géographie des appellations se rapprocherait éventuellement de celle de la Bourgogne et du Bordelais, c’est à dire une constellation d’appellations découlant d’une multitude de causes juridiques initiées à l’échelle locale, voire à l’échelle de crus (exemple: Chambertin), en vertu de la Loi de 1919 (l’illustration ci-contre montre l’échiquier des AO déterminée en vertu de la Loi de 1919). Notamment, dans le secteur du ‘berceau’ de Saint-Joseph, la communauté de vignerons de Mauves, où le vin était notoire (‘Vin de Mauves’), eut certainement revendiqué et obtenu en Cours sa propre Appellation d’Origine. Il en eut été éventuellement de même pour Tournon et Saint-Jean-de-Muzols. Au Nord de l’appellation, Chavanay eut éventuellement revendiqué une AO propre (voir le texte qui suit) et ainsi de suite.

Cliquez sur la carte pour la grossir. La carte ci-contre est une réalisation de Olivier Jacquet, expert du contexte de la Loi de 1919 et auteur du livre ‘Un siècle de construction du vignoble bourguignon. – Les organisations vitivinicoles de 1884 aux AOC’

 

Toujours est-il … (partie 3)
… Parlons brièvement de Chavannay, la commune la plus au Nord de Saint-Joseph. Son vignoble est assez vaste et de très bon niveau; ses vins furent vendus autrefois sous la dénomination ‘Vin de Chavannay’. En fait, Chavannay et le ‘berceau’ (Tournon et communes adjacentes) sont les deux pôles majeurs de l’appellation Saint-Joseph. Si la viticulture y avait été active durant la phase (1919-1935) des Appellations Contrôlées (AO et non pas AOC), il est concevable que la communauté de vignerons de l’endroit eut revendiqué, et obtenu, une AO. Toujours est-il qu’à la relance de la viticulture dans les années 1960, ladite communauté souhaita être associée à une appellation existante. Chavannay fut intégré à Saint-Joseph en 1969, bien que la communauté ait également envisagé une fusion à Côte Rôtie, qui n’est qu’à une dizaine de kilomètres au Nord. Ce dernier scénario fut sérieusement considéré lors d’une assemblée de viticulteurs le 12 avril 1964. Il n’y a pas de doute que l’INAO s’y est, ou s’y serait opposé, Chavanay n’ayant pas d’us et coutumes qui puissent justifier une  annexion à Côte Rôtie. À notre avis, le meilleur scénario, théorique, ferait de ‘Chavannay’ une AOC, par elle-même, une appellation qui serait bien cotée des œnophiles.
(Le 12 avril 1964, les vignerons de Chavanay sont réunis et envisagent une fusion de leur finage à celui de Côte Rôtie. Parmi les vignerons présents, on y reconnait des noms de producteurs bien connus: Cuilleron, Montez, Perret, Pichon … Source: archives de André Perret, producteur sur Condrieu et Saint-Joseph.)

 

3-C → 1969, élargissement excessif de l’aire
L’aire fut étendue, surtout vers le Nord, sur vingt communes additionnelles, selon une superficie potentielle totale de 6 800 hectares; bien que la surface alors exploitée fut nettement moindre, alors estimée en 1981 à 310 hectares (voir l’article de journal à la suite). Cette première extension aurait notamment été initié par une demande de la cave coopérative de Saint-Désirât (commune située à ±15 kilomètres au Nord de Tournon, soit à un point médian de l’aire actuelle) qui voulait alors appuyer la commercialisation sa production sur une AOC communale; la communauté de producteurs de Chavanay avait la même ambition. Cette expansion devait permettre à Saint-Joseph, alors une AOC plutôt confidentielle, de générer un retentissement au nom. Cette extension avait inclus des parties basses (aisées à travailler au tracteur) et hautes (en contact avec le plateau) de coteaux, moins propices à une viticulture qualitative et tirant inévitablement le niveau des vins de l’appellation vers le bas.

Article d’un journal en 1981, dans lequel Pierre Gonon (Domaine Pierre Gonon, Mauves) et Gustave Coursodon (Domaine Pierre et Jérome Coursodon, Mauves), alors président et secrétaire du syndicat viticole de l’AOC Saint-Joseph, évoquent les difficultés de commercialisation d’alors et que « l’avenir du Saint-Joseph. est inséparable de la qualité. » Par ce commentaire, ceux-ci expriment sans doute leur ambition pour une réforme du décret de l’AOC, qui ne se concrétisera qu’en 1994.

Il est bon de signaler que la promulgation de l’appellation en 1956 survient durant ‘l’éclipse’ du vignoble du Rhône Nord ( voir ci-devant: ‘Prologue: Résurgence en Rhône-Nord après une longue régression). L’emploi de la syrah passa en France de 1 100 hl/ha en 1958 à 12 000 hl/ha en 1979, grâce certes à sa culture croissante dans le Midi, mais également au réveil du vignoble nord-rhodanien durant cette période. À partir des années 1980, les vins de Cornas, Côte rôtie, Crozes-Hermitage et Saint-Joseph ne furent définitivement plus des ‘vins d’initiés’.

 

3-D → 1994, contraction judicieuse de l’aire
Suivant la requête effectuée par le syndicat des producteurs, l’INAO expertisa méthodiquement l’aire et préconisa une contraction de la surface potentielle à 3 400 hectares, sur les mêmes 26 communes; additionnées de mesures de soustraction, jusqu’en 2021, des surfaces éliminées de l’appellation.

« Quand nous avons délimité l’appellation Saint-Joseph, le mot d’ordre du syndicat avait été de se débarrasser des basses terres, plus propices aux arbres fruités ou autres cultures, et surtout du plateau qui couronne les coteaux car on était en train d’y mécaniser des prairies à vaches pour produire des saint-joseph pisseux, bas de gamme. Nous n’avons gardé en appellation que le coteau. Ça été plus ou moins bien perçu, la délimitation a été votée du bout des doigts. » Georges Truc, ‘oeno-géologue, entrevue accordée à l’été 2015 à la revue Le Rouge et le Blanc.

Un parcours de domaine qui résume bien …

Sous la rubrique ‘Historique’ du site d’un domaine typique de Saint-Joseph (Cave Simon Roche):
« C’est en 1936, que l’arrière grand-père et le grand-père de Simon Roche s’installent sur cette exploitation (de Charnas). Ils vivent de la polyculture, d’un peu de vignes, des arbres fruitiers, des céréales, de quelques vaches et chèvres…  La maison et les terres seront louées jusqu’en 1950 puis achetées. En 1963, l’oncle de Simon reprend l’exploitation et commence la mise en bouteille à la propriété, jusqu’en 1975, 50 % de la production est vendue à la propriété et 50 % au négoce. L’appellation St Joseph est décrétée en 1956 (vrai, mais c’est plutôt dans le cadre de l’élargissement de l’aire de l’appellation en 1969 que Charnas y est incorporée), le vignoble doit être entièrement replanté pour avoir les cépages, certifiés AOC. Un tournant dans l’exploitation en 1992 avec l’arrachage du verger, la culture des fruits est définitivement abandonnée au profit de la vigne. En 2006, après 4 ans d’études dans le vin (et 2 stages de vinification parmi les vignerons les plus renommés de l’appellation St Joseph) Simon, le neveu reprend l’exploitation familiale de 5 hectares. »

 

4 ⇒ Ad hoc

Distants l’un de l’autre de moins de deux cents kilomètres, situés dans le même axe longitudinal et le même bassin-versant du Rhône, les vignobles du Rhône-Nord occidental (Côte rôtie, Condrieu et Saint-Joseph) et de la Côte d’Or en Bourgogne présentent des similitudes: dualité de couleurs de vins, selon des production en monocépage, ou quasi monocépage; placés en milieux de climat continental; et positionnés l’une et l’autre sur un long rebord de faille. Là s’arrête l’analogie des deux vignobles, particulièrement quant à Saint-Joseph…

… Tandis qu’en Côte d’Or, la géographie des appellations communales suit une logique d’individualité (Marsannay, Fixin, Gevrey-Chambertin, …), celle de Saint-Joseph est considérablement fédérative. En fait, si le vin de Saint-Joseph est indubitablement de niveau communal, son étendue est plutôt d’ordre semi-régional. Parions fort que si ‘on devait recommencer’, Saint-Joseph serait fragmentée. C’est notre opinion.
(Cette hypothèse est développée dans les ‘Toujours est-il’ du volet 3.b)

Par ailleurs, le concept de ‘climat’ bourguignon, ou de tout autre terme qui lui soit équivalent, n’existe pas vraiment en Rhône-Nord. Bien que le vignoble y soit découpé en lieux-dits, parfois nommés ‘quartiers’, la mise en valeur de terroirs spécifiques, de crus, n’y apparait pas un réel enjeu culturel et/ou commercial. La donne semble toutefois changer depuis quelques années, notamment à Côte Rôtie et Condrieu.
Aussi, alors que culturellement, l’image de la Bourgogne s’appuie sur le ‘climat’, le Bordelais sur la marque et l’Alsace sur le cépage, aucune représentation ne s’impose vraiment en Rhône-Nord. Il n’y pas là de carence.

5 ⇒ Quatre secteurs

5-A → Aperçu des secteurs

Nous avons divisé l’aire de Saint-Joseph en quatre secteurs. Ceux-ci se différencient un de l’autre par leur physiographie, géologie et contexte météo respectifs. Toute chose étant égale par ailleurs, particulièrement quant aux approches de vinification, leurs vins respectifs présentent assurément des différences.

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Cornas
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Secteur Nord
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Secteur

Charnas
à Vion
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Secteur
Saint-Jean-de-Muzols
à Mauves
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Secteur
en extrémité Sud

entrecoupé par Cornas
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5-B  → Secteur Nord: Chavanay, Saint-Pierre-de-Boeuf, Malleval et Limony

Les vignobles de Chavanay, Saint-Pierre-de-Boeuf, Malleval et Limony s’inscrivent dans l’aire de Condrieu si plantés en viognier, ou dans celle de Saint-Joseph (limite septentrionale de celle-ci) si plantés en syrah ou marsanne/rousanne. Nous ne connaissons pas d’autre(s) contexte(s) comportant une telle dualité.
En raison de la singularité de sa géologie, il a été envisagé d’individualiser un secteur exclusif à Chavanay. Le substratum de cette commune est assez spécifique, soit majoritairement du granite à muscovite; comparativement à un substratum de gneiss ou de migmatiques sombres sur les trois autres communes. L’altération du granite à muscovite induit un sol qui est plausiblement l’explication de la qualité élevée des Saint-Joseph de Chavanay même.
À notre avis, ce secteur pôle et celui du ‘berceau’ de l’appellation, particulièrement la partie située entre Saint-Jean-de-Muzols et Mauves, sont les terroirs de Saint-Joseph livrant les vins les plus profonds et complexes. Ces deux pôles ont d’ailleurs les plus forts regroupements d’exploitants.
Sur les ±150 vinificateurs de vins de Saint-Joseph, une soixantaine sont domiciliés au Nord de l’appellation, dont une vingtaine à Chavannay même et une autre vingtaine dans les alentours de Condrieu. La plupart des producteurs de ce groupe produisent également des vins de Condrieu, certains aussi de Côte rôtie.

5-C → Long segment central: de Charnas à Lemps

Le vignoble de ce secteur se loge surtout sur les coteaux, exposés du Sud au Sud-Est, des débouchés (synonymes: embouchures ou estuaires) de nombreux ravins et vallées transversales à la vallée principale du Rhône.
La géologie du secteur, assez homogène, est dite représentative de l’appellation. Le substratum y est formé principalement de granite du Velay.
Des sols issus toutefois de granite gneissique son situés au Sud de ce secteur, particulièrement sur Lemps et Vion, lesquels furent inscrits dans la première génération de l’appellation, en 1956.
Éparpillés sur le long de ce segment central de l’appellation, ±30  exploitants réalisent pour la plupart que des vins de Saint-Joseph en vins d’AOC. Ce secteur est la principale source de raisins de l’importante coopérative de Saint-Désirat, créé en 1960.

5-D → Secteur historique ou ‘berceau’ de l’appellation: de Saint-Jean-de-Muzols à Mauves

Saint-Jean-de-Muzols, Tournon-sur-Rhône et Mauves sont trois communes voisines qui forment l’assise historique et, encore aujourd’hui, l’épicentre de l’appellation.
Le vignoble de Saint-Jean-de-Muzols se distingue quelque peu des deux autres. Établi sur le versant Nord de la vallée du Doux, à proximité de son débouché sur la vallée principale du Rhône, il est exposé principalement au Sud et son substratum est surtout formé de gneiss.
Les vignobles des deux autres communes, Tournon-sur-Rhône et Mauves, sont placés directement sur un segment de la bordure du Massif Central qui est longitudinal au Rhône. Ce segment est ébréché par des ravines et les vignes en occupent les parties favorablement exposées, surtout au Sud-Est.
Le granite de Tournon constitue le principal substratum des communes de Tounon-sur-Rhône et Mauves (le granite de Velay caractérise le sous-sol du secteur précédent); cependant Mauves comporte une présence significative de loess, des dépôts sédimentaires transportés par voie éolienne.
Comparativement au pôle de Chavanay au Nord, le secteur historique est légèrement plus chaud, de l’ordre d’un demi-degré; et soumis partiellement aux influences méditerranéennes. Encore, les terroirs se différencient de nuances.

Près de 25 producteur sont localisés dans le ‘berceau’ de l’appellation. Un bon nombre d’entre eux réalisant surtout que du Saint-Joseph en vins d’AOC. Parmi les producteurs réputés de ce secteur: Chapoutier, Chave, Coursodon, Delas, Gonon, Gripa, Guigal, ..

Le village de Mauves et le versant , aménagé en terrasses, de Saint-Joseph qui lui est attenant.

Quelques lieux-dits, ou crus, emblématiques du ‘berceau’ de l’appellation et des cuvées qui en sont issues

  • L’appellation est baptisée du nom du lieu-dit même ‘Saint-Joseph‘ de Tournon-sur-Rhône. Les jésuites de Tournon l’ont valorisé au 17e siècle et celui-ci représente le point focal de l’appellation.
  • Les cuvées ‘Les Granits’ de la maison Chapoutier et ‘Le Berceau’ du domaine Gripa originent également de ce lieu-dit.
  • La maison Guigal réalise une cuvée en rouge, ‘Vignes de l’Hospice’, issue du lieu-dit majeur portant ce nom, également de Tournon.
  • La maison Chapoutier réalise une cuvée au nom de ‘Le Clos‘, originant de vignes du lieu-dit éponyme de Tournon.
  • Le lieu-dit ‘Côte Saint-Épine‘ de Saint-Jean-de-Muzols est aussi emblématique de longue date. La maison Delas produit une cuvée sous ce nom et un domaine s’identifie à ce lieu-dit, le domaine de la Côte Sainte-Épine.
  • La cuvée ‘Clos Florentin’ du Domaine Chave est issues de l’historique Clos de l’Arbalistrier, lequel fut rebaptisé Florentin en raison d’un litige avec un autre lieu également nommé Clos de l’Arbalestrier. Étant situé un cône de déjection, le Clos Florentin a une localisation singulière, à l’Est de la route D86 et non pas à l’Ouest de celle-ci comme tous, ou presque tous, les autres crus de Mauves et Tournon.
  • Quelques autres producteurs de ce secteur individualisent des cuvées issues d’un seul lieu-dit, nommément la cuvée de Saint-Joseph blanc ‘Les Oliviers‘ du domaine Pierre Gonon et ‘Les Côtes‘ du domaine Alain Voge de Cornas, située à cinq kilomètres de Mauves.

Les illustrations ci-haut et ci-bas sont issues de  l’intéressant dossier  ‘Saint-Joseph historique’ produit en 2012 par vin-terre-net.com (http://www.vin-terre-net.com/terroirs-et-vignobles/rhone/saint-joseph-historique-cru-majuscule-terroir-tournon-mauves-vignes-hospice-epine-gonon-coursodon-chave).
À gauche, le versant de Saint-Joseph au dessus de la ville Tournon-sur-Rhône. À droite, les vignes de Saint-Joseph environnant la commune de Saint-Jean-de-Muzols.

Toujours est-il …
…Sur le sujet de la portée, l’influence, des nuances sur la caractérisation des terroirs, il est certes intéressant de souligner que Cornas est à moins de dix kilomètres au Sud de Mauves, commune du ‘secteur historique’. Mauves et Cornas appartiennent au même contexte géologique, caractérisé par le granite de Tournon. Cependant, les vins de ces deux origines sont vus distinctifs; notamment le vin de Cornas serait plus structuré. En fait, différemment de Mauves, le vignoble de Cornas s’insère dans un ‘amphithéâtre’ emmagasinant la chaleur. Aussi un éperon placé à sa frange septentrionale le protège des courants du Nord circulant dans le couloir du Rhône. À Cornas, le front du Massif Central gravit à plus de 400 mètres d’altitude, alors qu’il atteint 350 mètres àdans le secteur de Tournon. Finalement, Cornas est plus pentu dans sa partie la plus réputée … Des nuances physiographiques, des vins distinctifs.

5-E → Secteur en extrémité Sud

Ce segment ne comprend que les petits vignobles de trois communes, Glun, Châteaubourg et Guilherand-Granges; Cornas entrecoupant les deux dernières. De façon singulière, des zones au sous-sol de calcaire sont constatées à Châteaubourg et Guilherand-Granges, dans le secteur des Royes.

En vert, vignobles éparses de Saint-Joseph. En ocre, Cornas. En jaune, Saint-Peray.
À remarquer que deux petits ilots de l’aire de Saint-Joseph figurent au dessus de la mention Guiherand-Granges. Si bien que Cornas s’insère dans la longiligne aire de Saint-Joseph! Par ailleurs, que cinq kilomètres, à vol d’oiseau, sépare Cornas de Mauves, du secteur historique, le ‘berceau’ de l’appellation Saint-Joseph.

Toujours est-il …
… Il a été dit dans le ‘toujours est-il’ précédent que Cornas et Saint-Joseph ont une promiscuité bien particulière. L’aire de Saint-Joseph s’étire sur le rebord granitique du Massif central, de Chavanay, au Nord, à Guilherand-Granges, au Sud, une distance à vol d’oiseau de 55 kilomètres. Cornas entrecoupe cette longue bande près de l’extrémité méridionale de cette dernière, soit entre les communes de Châteaubourg et Guilherand-Granges. En fait, l’appellation Cornas est née, en 1936, bien avant celle de Saint-Joseph, en 1956. Puis Saint-Joseph fut étendu en 1969 pour notamment inclure la zone de Guilherand-Granges; du coup Cornas s’insérait dans l’aire de Saint-Joseph. Selon une vue de l’esprit, Cornas serait un cru de Saint-Joseph! Enfin, convenons que Cornas détient informellement un rang de cru remarquable en Rhône-Nord.
D’autre part, le long du chapelet de finages qu’est l’aire de Saint-Joseph, ils s’y trouvent définitivement des crus supérieurs, nommément sur Tournon-sur-Rhône (lieux-dits Saint-Joseph, Le Clos, Chapon-Vigne de l’Hospice, …), et à Chavanay. Au sein de cette appellation ‘fédérative’, ces crus ne sont actuellement pas bien connus des œnophiles.

6⇒ Géologie

Voir le texte de monocepage.com

Bibliographie principale (de toutes les monographies de la région du Rhône-Nord)

Cahier des charges de l’appellation
Chapuis Robert, ‘La renaissance d’anciens vignobles français disparus’, 2016
Fanet Jacques, Les terroirs du vin, 2001
France Benoit, Le Grand Atlas des vignobles de France, 2002
Gadille Rolande, L’héritage d’une viticulture antique, vignes et vins de Côte-Rôtie et Condrieu, 1978
Gabler James M., ‘Passions: The wines and travels of Thomas Jefferson
Monza Jean-Pierre de, Atlas des vins de France,1992
Renvoisé Guy, ‘Le monde du vin a-t-il perdu la raison?’, 2004
Robinson Jancis, Le livre des cépages, 1988
La Revue du vin de France, copies de novembre 2011 et février 2012 (spécial ‘vallées du Rhône’)
Truc Georges, entrevue livrée à Le Rouge et le Blanc, no117, été 2015
www.vin-terre-net.com dossier Saint-Joseph ‘historique’, 2012