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Prééminence de Moulin-à-Vent

Si Georges Duboeuf, le ‘pape’ du Beaujolais, affirme que « Le Moulin-à-Vent est un cas à part » (revue Bourgogne Aujourd’hui, copie 125), c’est que ce cru est très certainement distinctif, celui duquel sont globalement produits les vins du Beaujolais certainement les plus amples et profonds; particulièrement ceux issus de l’essaim de lieux-dits situés à l’Ouest du cru, entre autres La Roche, La Rochelle, Rochegrès, Les Thorins, Les Vérillats, Moulin-à-Vent, Les Carquelins, …

Sous cet onglet:

  1. Classements historiques et référentiels des lieux-dits des dix Crus du Beaujolais
  2. Explication (essai) de la primauté de Moulin-à-Vent:

    1. Géo-pédologie: les roches-mères ‘nobles’
    2. Physiographie / un périmètre privilégié
    3. Géomorphologie / Un ‘filon’ exceptionnel
    4. Coup d’œil sur le secteur en piedmont
    5. Pratiques vinicoles plus soignées (?!)
       

1→ CLASSEMENT HISTORIQUES ET RÉFÉRENTIELS DES LIEUX-DITS DES DIX CRUS DU BEAUJOLAIS

La mention du lieu-dit d’origine figurera de plus en plus sur les étiquettes de vins de Moulin-à-Vent issus d’un lieu-dit unique. ll s’agit d’une volonté commune des vignerons de l’appellation. Cette détermination prévaut d’ailleurs sur la plupart des Crus. Qui plus est, des Premiers Crus sont envisagés. En ce sens, le tableau suivant est fort intéressant.

A. Budker, un notable qui occupait la fonction de ‘Conducteur principal des Ponts et Chaussées’, a réalisé en 1869 une ‘Carte des vignobles des côtes beaujolaise, mâconnaise et chalonnaise’ comportant une catégorisation des lieux-dits, en cinq classes. En citant intégralement ce classement dans leur important ouvrage de 1894, ‘Les vins du Beaujolais du Mâconnais et Chalonnais – Étude et classement par ordre de mérite’, Victor Vermorel et René Danguy ont conféré un caractère référentiel à ce classement: « Nous établirons celte classification dans chaque commune d’après les travaux faits sur ce sujet et qui font autorité. La classification de A. Budker, publiée en 1874, qui nous a paru la plus complète, est celle que nous reproduirons. »

Dans leur propre ouvrage de 1894, ‘Les vins du Beaujolais, du Mâconnais et Chalonnais : Étude et classement par ordre de mérite’, Victor Vermorel et René Danguy ont également produit un classement, toutefois bien incomplet, lequel s’appuie manifestement sur des consultations au sein du milieu puisque désigné sous l’acronyme ‘C.L.’, Classement Local: « Toutefois nous (Vermorel-Danguy) la (classification de Budker) compléterons en ajoutant certains crus ou cuvées qui ont été omis ou constitués depuis. Pour cette addition nous avons eu recours aux renseignements qui nous ont été donnés par la tradition et qui font autorité dans chaque commune; mais nous déclinons à cet endroit toute responsabilité personnelle. Nous désignerons par A. B. la classification de A. Budker et par C. L., le classement local. »

‘Carte (et classification) des vignobles des Côtes Beaujolaise, Mâconnaise et Chalonnaise’ de A.Budker, 1869 (La carte illustrée est ‘Une nouvelle édition sous les hospices de la Chambre de Commerce de Mâcon et de la Chambre syndicale des Négociants en vin de cette ville. 1874‘).

Un close-up sur la nomenclature afférente aux Crus du Beaujolais attachée à la ‘Carte des vignobles des Côtes Beaujolaise, Mâconnaise et Chalonnaise’ de A.Budker.

Autre validation de la nomenclature de Budker: Une archive révélée par Guillaume Grillon, contient une carte et une classification produites en 1933 par Léon Foillard et Tony David. Cette nomenclature reprend en grande partie, et entérine en quelque sorte, la classification de Budker, comme l’avait fait auparavant Vermorel et Danguy. Sur Léon Foillard, wikepedia mentionne qu’il fut un fervent défenseur de sa région et laissa une importante littérature sur le pays beaujolais, ses vignobles et ses hommes.
♦ Source: Justine Henriet, ‘Projet de hiérarchisation dans les crus du Beaujolais, l’AOP Fleurie, cru pilote.—Étude historique, viticole, œnologique et commerciale’, 2013

NOTES IMPORTANTES AFFÉRENTES AU TABLEAU À LA SUITE: Nous ne citons dans celui-ci que les lieux-dits désignés dans les classements de Budker et Vermorel-Danguy et qui figurent sur les rigoureuses cartes géologiques (échelle réduite / moyenne de 1/8500), produites entre ±2010 et ±2015 par SIGALES, société alors mandatée par un regroupement d’organismes formels, nommément l’Inter Beaujolais. Si, aux vues des cadastres actuels des Crus, les nomenclatures afférentes aux classements historiques apparaissent incomplètes, elles n’en sont pas moins des échantillons représentatifs permettant de juger adéquatement de la valeur respective des Crus, particulièrement pour Moulin-à-Vent, Fleurie, Brouilly et Juliénas.

Les sources de ce tableau sont commentées dans le texte qui précède.

La nomenclaure propre au Cru Moulin-à-Vent comport une concentration importante de lieux-dits cotés en ‘première classe’, dont Les Caves, Rochegrès, La Rochelle, Les Vérillats, Le Moulin-à-Vent, Carquelin, Les Thorins…; il s’agit inconstestablement de la concentration de lieux-dits la plus fameuse au sein des Crus du Beaujolais. Moulin-à-Vent compte également un nombre élevé de lieux-dits en ‘deuxième classe’. Était-il à démontrer que ce Cru est le plus fameux des dix?!

En regroupant l’essaim de lieux-dits en ‘première classe’ de l’aire de Moulin-à-Vent, et celui, également classé en ‘première classe’ qui est immédiatement contigu sur l’aire de Fleurie, lequel comprend les lieux-dits Les Garrant, Poncié, La Roilette et Les Morriers, il devient évident que ce périmètre forme le cœur de la région des Crus du Beaujolais.

2. EXPLICATION (ESSAI) DE LA PRÉÉMINENCE DE MOULIN-À-VENT

2.1 Géo-pédologie: les roches-mères ‘nobles’
Un bref examen sur les cartes géo-pédologiques produites par le cabinet d’expertise géo-pédologique Sigales suffit pour constater que, sur l’ensemble des dix Crus, tous les lieux-dits figurant en ‘première classe’ de la nomenclature de A. Budker sont rattachés à des ‘sols sur granite(49% de la surface de tous les crus) ou des ‘sols sur roches volcaniques bleutées (9%). Ces deux types de roche-mère, observés strictement en coteau, correspondent à 58% de la surface entière des Crus du Beaujolais (pour visualiser la mosaïque géo-pédologique du secteur des Crus du Beaujolais: Moulin-à-Vent: géologie-pédologie). Les terroirs logés sur ces ‘formations nobles’ ne figurent toutefois pas tous en ‘première classe’ (classement de Budker). Une fondation sur une ‘formation noble’ n’est qu’un pré-requis aux grands terroirs.
Une proportion de 53% de l’aire de Moulin-à-Vent comporte un sol granitique. Les lieux-dits de Moulin-à-Vent inscrits dans ce périmètre de ‘formation noble’ sont majoritairement en ‘première classe’.

Le secteur Ouest de l’aire de Moulin-à-Vent (53% de l’aire, en coteau, teintée en rouge), s’appuie sur une roche-mère granitique.

 

 

 

 

2.2 Physiographie / un périmètre privilégié
(
Les données physiographiques des dix crus figurent dans le segment Moulin-à-Vent: breffage.)
Les facteurs d’altitude, de déclivité et d’exposition sont déterminants. Reposant essentiellement sur une formation granitique, le cru Chiroubles compte surtout que des lieux-dits en troisième et quatrième classes. En fait, Chiroubles présente la situation altitudinale (altitude moyenne de ±440 mètres) la plus élevée de tous les crus et par surcroit la plus pentue. D’une part, son altitude élevée détermine un contexte plus frais et du coup des maturités généralement moins abouties et/ou plus tardives. D’autre part, sa déclivité prononcée (80% de l’aire comporte une déclivité de plus de 15%) occasionne une érosion mécanique plus intense de son sol et conséquemment celui-ci ne peut s’y épaissir, évoluer et ainsi accumuler de l’argile, un minéral associé aux meilleurs terroirs. En outre son sol percole, se ressuie, plus rapidement. Autre cas pour démontrer l’influence de l’altitude, la partie haute et pentue du cru Fleurie n’y détient aucun lieu-dit coté en première ou deuxième classe.

Chénas et Moulin-à-Vent affichent les altitudes moyennes (±260 mètres) les plus faibles du secteur des crus. À l’avantage de son positionnement altitudinal s’ajoute sur Moulin-à-Vent celui de sa déclivité modérée, optimale pour la viticulture. De tous les crus, Moulin-à-Vent comporte un des meilleurs indices de pentes modérées, entre 5% et 15%, soit ±60% de son aire. Une pente modérée induit une érosion mécanique ‘ménagée’ et conséquemment une altération des sols comportant une argilisation plus importante. À ce plan d’inclinaison correspond également une rétention hydrique optimale.

Qui plus est, aux avantages physiographiques nommés, Moulin-à-Vent bénéficie, avec Juliénas, de la meilleure exposition, soit un pourcentage de ±85% de l’ensemble de l’aire qui est inscrit dans le spectre d’exposition de l’Est au Sud-Ouest.
Le profil physiographique de Moulin-à-Vent, le plus avantageux des dix crus, est ‘une’ explication importante de sa prééminence. Est-il à dire que ses lieux-dits en ‘première classe’ de la nomenclature de Budker sont placés sur sol granitique et dans le périmètre réunissant les meilleurs conditions physiographiques.

2.3 Géomorphologie / Un ‘filon’ exceptionnel
Immédiatement de part et d’autre de la limite commune aux aires de Moulin-à-Vent et Fleurie, deux dorsales (élévations longues et étroites) adjacentes, à flancs escarpés s’allongent de manière descendante sur le grand versant des crus. Ces deux importantes convexités sont illustrées par des traits, de couleurs rouge (celle de Moulin-à-Vent) et orange (celle de Fleurie), sur l’image qui suit. Celles-ci sont très arquées, bombées, dans leur partie haute, vers l’altitude ±360 mètres, et leur profil s’abaisse graduellement vers le bas, pour s’amortir vers l’altitude ±230/240 mètres.

Cliquez sur l’illustration pour la grossir. Les traits sur l’aire de Moulin-à-Vent (rouge) et sur l’aire de Fleurie (orange), sont les axes des deux dorsales, sur lesquelles sont accrochés plusieurs fameux lieux-dits des dix Crus du Beaujolais; entre autres, sur Moulin-à-Vent: Rochegrès, Les Caves, La Rochelle, La Roche, Les Thorins, Moulin-à-Vent, Carquelin, Les Vérillats; sur Fleurie: Les Garants, Poncié, Les Moriers et La Roilettte. Les lignes de crêtes de ces deux dorsales correspondent à des filons siliceux assez spécifiques.

La dorsale s’étirant de Rochegrès jusqu’à La Roche domine le paysage de Moulin-à-Vent. Celle-ci forme un axe avec lequel sont en contact les surfaces de tous les lieux-dits de Moulin-à-Vent en ‘première classe’ de la nomenclature de A. Budker, et qui sont aussi les plus réputés aujourd’hui: Rochegrès, Les Caves, La Rochelle, Les Vérillats, Les Thorins, Le Moulin-à-Vent, Le Carquelin et La Roche.
La dorsale parcourant la partie Nord-Est de l’aire de Fleurie est également un élément majeur de la topographie de ce cru. Elle est aussi en contact avec les surfaces des lieux-dits de ce cru en ‘première classe’ de A. Budker, certainement les plus réputés de Fleurie (outre le légendaire lieu-dit La Madone): Poncié, Les Garants, Les Moriers et La Roilette.

Il est à signaler que les lignes de crêtes de ces deux dorsales ‘jumelles’ coïncident avec de filons (injections éruptives) rectilignes siliceux, de quartz (forme cristalline de la silice). Le quartz étant un minéral très dur et peu érosif, ces filons forment ainsi les armatures de ces dorsales granitiques. Des filons injectés de matières éruptives s’observent ailleurs sur l’espace des Crus du Beaujolais, cependant, seuls ceux de Moulin-à-Vent et de la lisière Nord-Est de Fleurie sont caractérisés par leur teneur spécifique en quartz.
Ces filons sont en lien avec des terroirs très notoires. Le périmètre englobant ces deux croupes voisines forme définitivement le cœur du secteur des dix Crus. Le Rapport général de l’Étude géo-pédologique des terroirs du Beaujolais’ et le ‘Rapport pour le cru Moulin-à-Vent’, produits au début de la présente décennie, ne fournissent cependant aucune clé pour appréhender le rapport, assez irrésistible, entre ces dorsales associées à des filons quartziques et la ‘génétique’ supérieure des lieux-dits en contact avec celles-ci.

L’image est une superposition sur Google Map de la carte des lieux-dits de Moulin-à-Vent, que nous avons ensuite développée en 3D.  On y constate assez nettement quelques lieux-dits inscrits dans le ‘couloir’ de la principale dorsale, ou croupe, à l’Ouest de l’aire.
L’échine quartzique à l’extrême Est de l’aire de Fleurie n’y est pas tracée. Cependant celle-ci se distingue assez nettement où est inscrit en français: « Deux communes se partagent... ».

Toujours est-il …
Lors de visites dans les vignes avec un vigneron et si la circonstance se présente, celui-ci ne manquera pas d’exhiber ces curieuses roches au sol qu’ils, les vignerons, nomment ‘lards’. Le rapport Sigales indique « qu’il s’agit de tuf à cristaux de couleur globalement rougeâtre avec des cristaux et litages clairs. En raison de cet aspect fluidal, presque ‘sanguin’, cette roche est ainsi appelée ‘lard’. La composition minéralogique est particulièrement chargée de silice avec beaucoup de cristaux de quartz. » Ce type de caillou est un indice de la présence proche de filons quartziques signalés ci-devant.
Un morceau de ‘lard’ dans le lieu-dit La Roche.

 

2.4 Coup d’œil sur le secteur en piémont

Teintée en ‘grège’ (37% du cru), une section géographique du cru recouvrant une grande partie du piémont, dont la géo-pédologique est associée à des ‘sols des formations alluvio-colluviales annciennes’ (pluri-millénaires), lesquelles sont formés de matériaux d’origine granitique qui, depuis le coteau, ont migré sur le piémont et qui y ont été remaniés.

Le secteur à l’Est de l’aire de Moulin-à-Vent, teinté en ‘grège’ (37% du cru), a un substrat, granitique enfoui sous une couche épaisse, nommée ‘formation superficielle‘ selon l’école actuelle des géologues et pédologues (lesquels la désigne alors de roche-mère étant donné son épaisseur importante, généralement supérieure à un mètre). Cette ‘formation superficielle’ est formée de dépôts associés à des colluvions et des alluvions anciennes (se sont produites sur des dizaines ou centaines de milliers d’années) provenant du coteau granitique. Ces dépôts qui ont migré (colluvionnement et alluvionnent) par successions vers le bas, sur le piémont, ont été remaniés sur place et présentent, comparativement aux sols franchement granitiques du versant, des caractéristiques pédologiques distinctes, notamment un caractère hydromorphe (saturation régulière d’eau).
Sous l’horizon de surface meuble, sableux, à une profondeur supérieure à ±30/40 cm, les sols typiquement granitiques du coteau et les sols de dépôts colluviaux et alluviaux du piémont ont néanmoins en commun une couche déterminante de ‘saprolite’, (saprolite: nom attribué au premier stade d’altération du granite lorsque celui-ci devient poreux en conservant sa cohésion et s’enrichit d’argile).
Les lieux-dits situés à l’extrémité Est du piémont et jouxtant la commune de Romanèche-Thorins ont été désignés en ‘troisième classe’ par A. Budker. Les lieux-dits du piémont qui, à l’opposé, sont plutôt situés à proximité du coteau, où la pente est de l’ordre de 5% à 8%, sont surtout compris dans la ‘deuxième classe’. Bref, ce n’est certes pas ce secteur de Moulin-à-Vent qui explique la réputation du cru. Il est cependant envisageable que les producteurs exploitant des vignes de ce secteur exercent des pratiques plus soignées. Voir la suite …

Toujours est-il …
Que l’impact présumé favorable du manganèse présent dans le sol de Romanèche-Thorins est une simple affabulation (« Les vignerons attribuent ce particularisme (corps plus imposant) au manganèse du sous-sol » extrait du texte ‘Caractères, codes et lois du Beaujolais’, copie de la RVF de mai 2004). Cette perception populaire tient à l’existence d’une importante source de manganèse dans le sol de Romanèche-Thorins et du coup à son supposé bénéfice dans la qualité des vins du secteur du piémont, sur la commune en question. En fait, un important filon souterrain de manganèse fut exploité à Romanèche-Thorins, à deux pas des vignes, entre 1823 et 1919. L’excavation minière y a atteint la profondeur de 80 mètres. Aucune valeur de manganèse qui soit spécifique et explicite n’a toutefois été révélée par l’examen des horizons de sols explorés par les racines, généralement jusqu’à ± 70cm, exceptionnellement jusqu’à ±130 cm.

2.5 Des pratiques vinicoles plus soignées (?!)
Il est envisageable que la communauté des vignerons de Moulin-à-Vent ait entretenu au fil du temps des pratiques qui ont pu améliorer la qualité générale des vins et ainsi concourir à la réputation du milieu. Les vieilles vignes, moins productives mais livrant des vins plus généreux, y seraient-elles conservées plus longtemps? Plausible. Deux exemples: le réputé Domaine Janin bichonne des vignes quasi centenaires. Thibault Liger-Bélair a acquis en 2009 un vignoble d’âge moyen très élevé, dont des vignes que le vendeur, alors octogénaire, disait « qu’elles étaient déjà vieilles quand j’étais jeunes (!) ». Dans le segment sur ‘les analyses de terre’, du sous-rapport portant sur le cru Moulin-à-Vent, Sigales écrit « on pourrait donc en conclure que l’entretien est -en moyenne- un peu plus soigné sur ce cru. » et formule, avec pertinence, que ce soin supérieur est en corrélation avec le niveau de prix des vins.

2.6 En résumé
Les lieux-dits placés dans l’axe de la dorsale majeure de Moulin-à-Vent, tous en ‘première classe’ de la nomenclature de A. Budker, constituent l’essaim de lieux-dits le plus formidable de tout le Beaujolais: Rochegrès, Les Caves, La Rochelle, Les Vérillats, Les Thorins, Moulin-à-Vent, La Roche et Carquelin.
Ces lieux-dits sont déposés sur une formation granitique et sont inscrits dans le périmètre réunissant les meilleures conditions physiographiques. De plus, ils sont tous en contact avec un vecteur géomorphologique énigmatique: l’échine importante dont la ligne de crête correspond à un filon quartzique assez singulier. Cette particularité géomorphologique s’invite dans l’explication du grand renom de chacun de ses lieux-dits.
Cet essaim comptant près de dix lieux-dits constitue une masse critique qui rejoint l’imaginaire, d’autant qu’il fut astucieux de baptiser tout le vignoble du nom attractif de Moulin-à-Vent.
La notoriété de ce essaim s’étend sur l’ensemble de l’aire de Moulin-à-Vent. Ses exploitants entretiennent la réputation du cru par des pratiques certainement plus rigoureuses.

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