Mis en ligne en octobre 2026
CONTENU:
♦ 1: POSITION AU SEIN DE ‘LA CÔTE’ BOURGUIGNONNE
♦ 2: ‘POIDS’ AU SEIN DE LA CÔTE D’OR
♦ 3: LIEUX-DITS ET CLIMATS
♦ 4: CLASSEMENTS HISTORIQUES DES CLIMATS
♦ 5: VARIA
♦ 6: LE MONTRACHET
♦ 7: BIBLIOGRAPHIE
| Le Montrachet, certainement le nom et le vin le plus fabuleux de la Côte d’Or. Tel la cour du roi, quelques formidables climats l’entourent pour faire valoir son fabuleux. Qu’est-ce donc qui explique ce ‘là’, ce lieu spécifique, sans équivalent nul part ailleurs. Eh bien! un rapport produit récemment, ‘Caractérisation physiographique, pédologique et géologique couvrant le périmètre de la Saint-Vicent Tournant 2021‘ nous fournit, ‘sans tambours ni trompette’, des renseignements inédits sur ‘LE’ Montrachet. Le sixième thème de ce topo, ‘le Montrachet’ décrit ‘en capsule’ son contexte assez spécifique. |
♦ 1: POSITION AU SEIN DE ‘LA CÔTE’ BOURGUIGNON
Le vignoble de la commune de Puligny-Montachet se situe plus ou moins au centre de la Côte de Beaune. Dans le ‘chapelet’ de vignobles de cette partie méridionale de la Côte d’Or, Puligny-Montrachet s’inscrit, vers le Sud, après Beaune, Pommard, Volnay et Meursault.
Carte issue de Pinterest qui découpe sommairement les territoires de la Côte de Beaune. Les périmètres colorés en rouge constituent les secteurs urbains. Selon l’axe de la route N74, Puligny-Montrachet y occupe un court segment d’environ deux kilomètres.
| Question pour un champion !
La question fut posée à une classe d’une vingtaine d’étudiants en sommellerie de l’Institut du Tourisme et d’Hôtellerie du Québec: »Un hameau perché au haut du versant de vignes, de façon mitoyenne sur les territoires de Puligny-Montrachet et Meursault, détient une AOC communale distincte, dont des Premiers Crus. Quel est le nom de ce hameau? » Un seul des étudiants fut déclaré ‘champion’. Indices: Le vignoble de ce petit hameau historique a une superficie de 54 hectares, dont 44 sont homologués en Premiers Crus, soit ‘Sous le Puits’ (6,8 ha), ‘La Garenne’ (9,9 ha) et ‘Hameau de Blagny’ (4,3 h) qui sont logés sur la commune de Puligny-Montrachet; et ‘La Pièce sous le Bois’ (11,1 h), ‘La Jeunelotte’ (5,0 ha), ‘Sous le dos d’Ane’ (5,0 ha) et ‘Sous Blagny’ (2,2 ha) sur la commune de Meursault. Réponse: Ce petit hameau est yngalB (inverser les lettres). |
♦ 2: POIDS DE PULIGNY-MONTRACHET AU SEIN DE LA CÔTE D’OR
La commune de Puligny-Montrachet comporte un vignoble d’une superficie moyenne; en quelque sorte inversement proportionnelle à sa notoriété, considérable:
√ 114 ha en AOC village ‘Puligny-Montrachet’;
√ 100 ha en AOC ‘Puligny-Montrachet Premiers Crus’
√ 21,3 ha en Grands Crus (dont les moitiés respectivement des superficies des GC Montrachet et GC Bâtard-Montrachet (les deux autres demies superficies de ceux-ci, des jumelles, étant sur le territoire de Chassagne-Montrachet), GC Chevalier-Montrachet et GC Bienvenue-Bâtard-Montrachet).
Tableau produit par mononcepage. La section du haut du tableau comprend les communes de la Côte de Nuits; et celle du bas correspond à la Côte de Beaune.
♦ 3: LIEUX-DITS ET CLIMATS DE PULIGNY-MONTRACHET
Carte extraite de l’exceptionnel ouvrage ‘Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne’ (2012) de Sylvain Pitiot (l’ardent amateur de vins de Bourgogne serait avisé d’avoir cet atlas dans sa bibliothèque). Le chevauchement des deux Grands Crus Montrachet et Bâtard-Montrachet sur les territoires des communes de Puligny et Chassagne s’y constate.
Les tableaux placés à la suite énumèrent, respectivement:
√ lieux-dits s’inscrivant dans l’AOC communale ‘Puligny-Montrachet’;
√ climats vs lieux-dits des Premiers Crus;
√ climats vs lieux-dits des Grands Crus.
| Vous vous interrogez certainement sur la distinction entre les deux unités spatiales, lieu-dit et climat. Alors voici un extrait du ‘glossaire’ de l’Atlas ‘Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne’ (2012) de Sylvain Pitiot : »Le climat est le nom (en Bourgogne) que l’usage collectif ou privé a donné à un morceau de terrain, de préférence producteur de Premiers Crus ou Grands Crus, qui soit une partie d’un lieu-dit, soit englobe plusieurs lieux-dits ou plusieurs parties de lieux-dits, soit un surnom en remplacement ou en complément du nom du lieu-dit. » |
⇒ LIEUX-DITS EN AOC COMMUNALE DE ‘PULIGNY-MONTRACHET’
Liste des lieux-dits en AOC communale calquer de l’atlas ‘Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne’ (2012) de Sylvain Pitiot.
| Le saviez-vous?!… Les vins rouges, issus de Pinot noir, sont formellement éligibles aux homologations AOC ‘Puligny-Montrachet’ et AOC ‘Puligny-Montrachet Premier Cru’. En fait, il est bien possible que n’attachiez qu’une seule couleur de vin à la plupart des communes de la Côte bourguignonne. Or, la majorité des communes sont bi-couleurs, générant donc formellement tant des vins rouges que blancs. En fait, seuls Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny, Vosne-Romanée, Pommard et Volnay sont strictement ‘rouges’. Ainsi, Meursault, Puligny et Chassagne sont formellement bi-cépage. Alors, y a t-il une production de Puligny-Montrachet rouges? Oui mais peu. |
⇒ CLIMATS ET LIEUX-DITS DES PREMIERS CRUS DE PULIGNY-MONTRACHET
Nomenclature des climats, versus lieux-dits, de la commune de Puligny-Montrachet homologués en Premiers Crus. Tableau capté de l’ouvrage de référence ‘Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne’ (2012) de Sylvain Pitiot.
⇒ CLIMATS ET LIEUX-DITS DES GRANDS CRUS DE PULIGNY-MONTRACHET
| Grand Cru ‘Montrachet’ Commune Puligny-Montrachet Chassagne-Montrachet |
Lieux-dits Montrachet (Puligny-Montrachet) Le Montrachet (Chassagne-Montrachet) |
Superficie 4 ha 01 are 3 ha 99 are |
| Grand Cru ‘Bâtard-Montrachet’ Commune Puligny-Montrachet Chassagne-Montrachet |
LIeux-dits Bâtard-Montrachet Bâtard-Montrachet |
Superficie 6 ha 02 are 5 ha 84 are |
| GC ‘Bienvenues-Bâtard-Montrachet’ Commune Puligny-Montrachet |
LIeu-dit Bienvenues-Bâtard-Montrachet |
Superficie 3 ha 69 are |
| GC ‘Chevalier-Montrachet’ Commune Puligny-Montrachet |
Lieux-dits Chevalier-Montrachet Chevalier-Montrachet (Les Demoiselles) Le Cailleret |
Superficie 6 ha 31 are 1 ha 03 are 0 ha 25 are |
♦ 4: CLASSEMENTS HISTORIQUES DES CLIMATS
| COMMENTAIRES PRÉALABLES AFFÉRENTES AUX CLASSEMENTS HISTORIQUES:
De façon pouvant paraitre étonnante aujourd’hui, le grand secteur homologué en AOC communale (AOC ‘Puligny-Montrachet’) ne fait pas l’objet de classement dans aucun des trois nomenclatures référentielles, historiques: par 1) Jules Lavalle en 1855; 2) le Comité d’Agriculture et de Viticulture de Beaune en 1860 et 3) Camille Rodier en 1920. Au sujet de ce secteur: Jules Lavalle écrit: »La plus grande partie du vignoble de cette commune est consacrée à la culture du gamet (gamay) ». Quelques 65 ans plus tard, Camille Rodier mentionne que »… ajoutons que les passe-tout grains (2/3 gamay; 1/3 pinot noir) des bonnes années peuvent se comparer aux meilleures ordinaires de la Côte ». Or, les secteurs qui étaient plantés en gamay ne furent pas homologués dans les classements ‘historiques’. • Vu la renommée actuelle des vins de Puligny-Montrachet, il peut paraitre étonnant que ce territoire viticole fut, en grande partie, exploité en cépages à vin rouge jusqu’à ‘assez récemment’, au sens de l’histoire; sachant que la forte majorité des climats en AOC(s) communale et Premiers Crus de cette commune peuvent encore aujourd’hui être exploités en vins rouges. Jules Lavalle, auteur d’un ouvrage référentiel en 1855 sur les vins de la Côte d’Or, écrit »On y récolte des vins blancs d’une qualité toute exceptionnelle et des vins rouges qui peuvent aller de pair avec les meilleurs de la côte de Beaune. » Ce même contexte était, à toute fin utile, sensiblement le même vers 1920, puisque que Camille Rodier classait sous la production de vins rouges les mêmes célèbres climats. • Le classement par le Classement du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune de 1860 s’avère étonnant quant à plusieurs climats renommés. Dans ce classement institutionnel formel et hautement crédible, il appert que plusieurs climats classés aujourd’hui en Grands Crus et en Premiers Crus ont respectivement des parties associées à des classes distinctes et/ou surprenantes. Notamment les climats Bâtard-Montrachet, Les Pucelles, le Cailleret, Les Folatières et les Referts sont respectivement fragmentés en deux parties, associées respectivement à des classes distinctes. Par ailleurs, le Clavoillon est en ‘troisième classe’!, tandis que Le Champs Gain n’y reçoit tout simplement pas de classement! Esquissons quelques hypothèses explicatives: 1) sauf Le Montrachet, certains périmètres des climats majeurs de Puligny-Montrachet n’étaient tout simplement pas encore pleinement mis en valeur au milieu du 19e siècle; 2) les parties hautes du versant de Puligny n’étaient pas encore, ou peu, exploitées (exemple: le Champ Gain), ou exploitées en cépage(s) peu exigeant(s), tel gamay et aligoté; et 3) en réalité certains climats sont bel et bien hétérogènes, c’est à dire comportant des parties aux dispositions différentes! À savoir par ailleurs: pour les climats comportant des parties associées à des classes différentes dans le Classement du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune (1860), Jules Lavalle, auparavant en 1855, avait reconnu ce contexte (des climats ayant des parties associées à des classes distinctes) et avait toutefois fait le choix de leur conférer respectivement la cote de leur meilleure partie. Rappel: les secteurs non catégorisés dans les trois classements historiques, notamment le grand secteur actuellement en AOC communale ‘Puligny-Montrachet,’ ne furent replantés en chardonnay qu’au 20 ième siècle, soit dans le contexte de la replantation à la suite de la dévastation du vignoble bourguignon en entier par le puceron ‘phyloxera’. |
TABLEAU DES CLASSEMENTS HISTORIQUES
→ CLASSEMENT PAR JULES LAVALLE (1855)
Le Dr Jules Lavalle a rédigé ‘Histoire et Statistique de la Vigne et des Grands Vins de la Côte d’Or’ en 1855. L’ouvrage est une référence majeure car il contient le premier essai de classement complet des climats de la Côte d’Or. Ce classement est réalisé par commune, par finage. La catégorisation comprend cinq surtout classes: ‘Tête de Cuvée’, ‘Première’, ‘Seconde’, ‘Troisième’ et ‘Quatrième Cuvée’. Jules Lavalle utilise aussi la mention ‘Hors Ligne’ en certains endroits, particulièrement pour le Clos de Vougeot, Corton et sur Prémeaux-Prissey. Il indique en page 92 de son ouvrage que les ‘têtes de cuvée‘ et les ‘hors ligne‘ sont dans la même classe, sans toutefois mentionner les particularités ou circonstances associées aux attributions de la cote ‘hors ligne’. Sur un aspect délicat de son classement, celui de l’éventuelle comparaison de classes identiques d’un finage à l’autre (exemple: les climats en ‘Première Cuvée’ sur Gevrey par rapport aux ‘Première Cuvée’ sur Beaune), Jules Lavalle a écrit « Je n’ai étudié les vins de chacune des communes de la Côte comme si les autres communes n’eussent pas existé et la classification que j’ai donnée n’est vraie que pour chacune d’elles prises isolément. » Le monumental travail de Jules Lavalle contient aussi le premier exercice, rigoureux, de cartographie de La Côte.
Concernant le vignoble de Puligny-Montrachet, il est à souligner que Jules Lavalle:
√ Ajoute exceptionnellement le suffixe ‘extra’ à la cote ‘Tête de Cuvée’ du Montrachet.
√ Il indique que »la plus grande partie du vignoble de cette commune est consacrée à la culture du gamay », soit surtout le secteur actuellement homologué en AOC communale ‘Puligny-Montrachet’;
√ Il mentionne de plus »… on y récolte (aussi) des vins rouges qui peuvent aller de pair avec les meilleurs de la Côte de Beaune »;
→ CLASSEMENT DE 1860 PAR LE COMITÉ D’AGRICULTURE ET DE VITICULTURE DE L’ARRONDISSEMENT DE BEAUNE
Ce classement majeur fut produit pour la promotion des vins de Bourgogne lors de l’exposition universelle de Londres de 1862. L’arrondissement de Beaune est un des cinq arrondissements du département de la Côte d’Or. Voici quelques extraits des notices liées audit classement: « Non seulement chaque commune, mais encore chaque climat, et souvent chaque parcelle a été l’objet d’un examen consciencieux de la part de cette Commission (partie soulignée par monocepage) qui a puisé ses renseignements aux meilleures sources. De plus, avant d’être définitivement arrêté, le classement de chaque commune a été soumis à une enquête publique par M. le Préfet de la Côte-d’Or. / Les observations recueillies dans les diverses localités ont été l’objet d’un nouvel examen très approfondi et le classement a été modifié en vertu des observations qui ont été reconnues fondées. Nous osons donc le dire, le plan que nous publions présente toutes les garanties désirables de sincérité et d’exactitude. / La première classe comprend les vignes qui ont paru réunir à un haut degré toutes les conditions voulues pour produire un vin de choix; ce qu’on appelle ordinairement les têtes de cuvées et premières cuvées. La seconde classe (vulgairement nommée secondes cuvées) comprend les vignes placées dans des conditions un peu moins favorables, par rapport à la nature du sol, à son exposition, à son inclinaison. La troisième classe (troisièmes cuvées) les vignes qui, tout en produisant des vins dignes d’être classés parmi les vins fins, se trouvent placées sur l’extrême limite des bons climats. »
L’arrondissement de Beaune regroupe les finages de Santenay à Vougeot; l’arrondissement de Dijon comprend les finages de La Côte situés au Nord de Vougeot, soit de Chambolle-Musigny jusqu’à Marsannay-la-Côte.
La section de Puligny-Montrachet de la planche cartographique du classement de 1860 du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune.Première classe en rose / deuxième classe en jaune / troisième classe en vert.
Rappel: il a été mentionné ci-haut que dans ce classement institutionnel, outre Le Montrachet, le secteur englobant les climats classés actuellement en Grands Crus et en Premiers Crus, étaient évalués, classés, de façon apparaissant actuellement étonnante. Entre autres, les climats Bâtard-Montrachet et Les Pucelles sont respectivement fragmentés en deux classes; le Clavoillon est en ‘troisième classe’, tandis que Le Champs Gain n’y reçoit tout simplement pas de classement! Esquissons quelques hypothèses en guise d’explications: 1) sauf Le Montrachet, certains périmètres des climats majeurs de Puligny-Montrachet n’étaient tout simplement pas encore pleinement mis en valeur au milieu du 19e siècle; 2) les parties hautes du versant n’étaient pas encore exploitées (exemple: le Champ Gain) ou exploitées en cépage(s) peu exigeant(s); et 3) en réalité certains climats ont bel et bien des parties disparates!
→ CLASSEMENT PAR CAMILLE RODIER (1920)
Dans son ouvrage important ‘Le Vin de Bourgogne’, Camille Rodier, co-fondateur, avec Georges Faiveley, de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, écrit « Nous tenons à ce qu’il soit établi que nous n’avons pas cherché à faire un classement nouveau, mais que le travail que nous présentons aux lecteurs résultent de deux classements faisant autorité à des titres différents, savoir … » et il nomme les classements de Jules Lavalle (1855) et du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune de 1860. Il n’en adapte pas moins, de temps à autre, ces deux classements♦, avec justesse, d’autant que les valeurs des climats étaient certainement mieux connues en 1920.
Après les classements historiques de Jules Lavalle et du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune de 18650, le classement de Camille Rodier doit également être considéré tel une référence majeure.
♦ Au sein des Premières Cuvées de son classement, Camille Rodier utilise des majuscules pour faire valoir, sobrement, les climats qu’il considère exceptionnels, ses ‘Têtes de Cuvées’ en quelque sorte; notamment, sur Puligny-Montrachet: Chevalier-Montrachet, Bâtard-Montrachet et Les Combettes.
→ Classement de Jasper Morris (2010)
Bien qu’il ne s’agisse pas d’un classement historique, nous avons jugé bon de l’inclure. Dans son livre ‘Inside Burgundy’, Jasper Morris attribue un classement à tous les climats homologués en Grands Crus et en Premiers Crus. Si de façon générale il soutient leur rang formel, il apporte çà et là des ajustements. Ainsi, sur Puligny-Montrachet, il accole notamment le superlatif ‘exceptionnel’ à quelques climats.
♦ 5: VARIA
⇒ Histoire
Pas aisé de dénicher du contenu sur l’histoire de la commune de Puligny-Montrachet. Nous vous suggérons d’acheter sur internet l’ouvrage de Henri Cannard ‘Puligny-Montrachet et son vignoble‘, bien peu couteux.
Il y est mentionné notamment: »Comme toute la région, Puligny remonte à l’époque romaine, mais vers l’an 1000 , le village, la paroisse et la famille de Mypont (les seigneurs de l’endroit) se confondent... »
Au fil du Moyen-Age, l’emprise des bénédictines de Saint-Jean-le-Grand-d’Autun, de l’organisation des cisterciens, s’y est accru considérablement, notamment via des donations de vignes. Jean-François Bazin écrira « Les communautés religieuses qui contrôlent le territoire ne manifestent pas une grand ardeur conquérante. Elles se bornent à commercialiser leurs vins sans plus-value particulière. »
⇒ ‘Visite’ de la commune
Le village de Puligny-Montrachet n’a rien d’accrocheur. Pour y faire une pause, il y a les deux squares, la Place du Monument et la Place du Marronnier. Le restaurant étoilé du Guide Michelin, ‘Le Montrachet’, y est l’épicentre touristique.
Une source d’infos complète, intéressante, est le texte de André Beuchot, capté sur ‘tourisme et patrimoine’ de Echos des communes.fr.
⇒ Sur la notoriété de Puligny
Quand donc, ou plutôt selon quelle séquence de jalons, s’est établi la notoriété du vignoble de Puligny. Au cours du Moyen-Age, la cote des crus de la Côte relevait en large partie du savoir et de la mise en valeur, alors informelle, par les organisations moniales. Via d’incessantes donations de vignobles par des propriétaires majeurs, des nobles, ces organisations étaient devenues, graduellement au fil du Moyen-Age, des propriétaires grandissimes sur La Côte. Bref, la noblesse alors en place et les moines se partageaient certainement, informellement, les savoirs sur les potentiels des différents vignobles de La Côte. Jean-François Bazin n’a t-il pas écrit: »Les communautés religieuses qui contrôlent le terroir ne manifestent une grande ardeur conquérante. Elles se bornent à commercialiser leurs vins sans plus-value particulière. »
Subséquemment, avec l’avènement de la période Moderne, une organisation structurée de marché du vin fin s’est mise en place. Devenu structuré, ce marché fut destiné bien entendu à la clientèle de la noblesse et aussi, graduellement, à une classe montante d’élites, particulièrement celle de la ‘noblesse de la robe‘. La montée en notoriété formelle des meilleurs crus devint alors progressive, concrète. Il vous est suggéré de consulter, sur monocepage, ce topo-ci sur l’époque Moderne (17e et 18e siècles).
| Les principaux pôles de vente et de redistribution du vin de la Côte d’Or étaient à Dijon, Beaune et Nuits (Nuits-St-Georges). Jusqu’à l’entrée en scène des maisons de négociants, à la fin du 17 ième siècle, ce sont des officiers assermentés par les conseils de villes qui détiennent le privilège des contrôles sur les marchés locaux. En 1576, le conseil municipal de Beaune obliga la dégustation, le marquage et le jaugeage des tonneaux en tant que garantie d’origine et ce sont des courtiers-jurés qui eurent l’autorité sur le commerce avec l’extérieur. À Dijon ce sont des ‘gourmets’ qui déterminaient les vins qualifiés à la marque ‘vin de Dijon’ (vins du Dijonnais). |
Tant le vin de Bourgogne que son marché subissent des transformations au fil des périodes subséquentes: particulièrement sa conception, via particulièrement trois facteurs: pour les vins rouges, une mutation de vin ‘vermeil’ (macération élémentaire) à celui de vin coloré tel que connu actuellement; un nouveau conditionnement de commercialisation, soit de barriques à bouteilles; et via des moyens de transport graduellement plus efficients.
| TOUJOURS EST-IL QUE …
Via une ordonnance royale du 17 octobre 1847, Gevrey est la première commune de ‘La Côte’ à voir son nom être adjoint d’un suffixe correspondant au nom de son cru le plus célèbre, Chambertin. Aloxe obtient un droit semblable en 1862 et raccorde ainsi le nom ‘Corton’ à son identité. En 1866, Vosne devient Vosne-Romanée. En 1878, Chambolle est renouvelée en Chambolle-Musigny et, en Côte de Beaune, les communes voisines de Puligny et Chassagne sont mutuellement glorifiées de l’adjonction ‘Montrachet’. |
♦ 6: LE MONTRACHET
⇒ Montrachet: le plus grand vin blanc du monde
L’histoire mentionne ce nom, ‘Mont Rachaz’, pour la première fois en 1252 en 1252, en soulignant que Pierre et Arnolet de Puligny en offrirent une partie à l’Abbaye de Mazières.
Originaire de Gevrey-Chambertin, homme public de la Bourgogne, écrivain et auteur d’ouvrages sur les vins de Bourgogne, Jean-François Bazin ajoute dans ‘Le Vin de Bourgogne’ (1996) que »En réalité, le Montrachet est un lève-tard de l’histoire. Son nom est cité pour la première fois en 1252, mais contrairement à la plupart des autres crus majeurs, son étoile ne se lève qu’au 17 ième siècle, longtemps après le Moyen-Age… Les communautés religieuses, (les cisterciens de Maizières) qui contrôlent le territoire ne manifestent pas une grande ardeur conquérante. »
En 1855, Jules Lavalle (‘Histoire et statistiques de la vigne des grands vins de la Côte d’Or’ 1855) écrivit: »Le climat de Montrachet, Mont-Rachet ou Morachet, dont les vins méritent de manière si incontestable le premier rang parmi les vins blancs de la Côte d’Or, et probablement parmi tous les vins blancs du monde ». Il ajoute ceci »Dans le vrai Montrachet lui-même (versus Chevalier-Montachet et Bâtard-Montachet) on distingue la partie exposée presque directement au Sud-Est, située sur le territoire de Puligny, et celle dont l’exposition au Sud est très prononcée, et qui appartient à la commune de Chassagne. C’est dans la partie exposée seulement au Sud-Est que se produit dans toute son exquise finesse, dans toute sa divine perfection, le vin de Montrachet ».
» Ce vin a des qualités dont la langue latine et la langue française ne peuvent exprimer la douceur … je ne puis exprimer la délicatesse et l’excellence. » Abbé Arnoux (1690-1737 / Diacre à Notre-Dame de Beaune jusqu’en 1713 et séjournant ensuite à Paris. Émigre à Londres en 1726/1727, où fut publié en 1728 la ‘Dissertation sur la situation de la Bourgogne’. Sil y a une ‘chose’, plus que toute autre, qui navre la majorité (certes la grande majorité) des amateurs invétérés de vins de Bourgogne, c’est le ‘destin’ de ne pas pouvoir délecter un jour un verre de Montrachet. Ce ‘crève-cœur’ existe manifestement depuis pas mal de temps, car Jules Lavalle écrivait en 1855 »Le vin de Montrachet doit être considérée comme une de ces rares merveilles dont il n’est permis qu’à un bien petit nombre d’élus d’apprécier la perfection. »
⇒ Montrachet: Caractérisation physiographique, géologique et pédologique
ADAMA, l’équipe qui a produit en 2021 le rapport ‘‘Caractérisation physiographique, géologique et pédologique’ de (notamment) Puligny-Montrachet », à l’échelle de 1/10 000, écrit que ‘‘le paysage contribue largement à la différenciation des terroirs viticoles, et notamment à l’individualisation des climats bourguignons. La forme du relief, l’altitude, la pente, l’exposition, l’insolation, tous ces facteurs influencent directement et indirectement les caractéristiques naturelles du terroir… Il est donc nécessaire de bien connaître les spécificités du paysage viticole d’une appellation afin de mieux de mieux appréhender les subtiles nuances qui existent d’un climat à l’autre ».
À savoir: Les parties des Grands Crus ‘Montrachet’ et ‘Chevalier-Montrachet’ qui sont situées sur le territoire de la commune de Chassagne-Montrachet sont couvertes dans le rapport ADAMA.
♦ Physiographie du Montrachet
Au plan physiographique, le climat ‘Montrachet’ s’inscrit entièrement dans le profil de maints grands climats de la Côte d’Or: créneau d’altitude entre ±250 m et ±260 m; pente modérée, en moyenne de 10%; et exposition de l’Est (lieu-dit ‘Montrachet’sur Puligny) au Sud-Est (lieu-dit ‘Le Montrachet’ sur Chassagne). Il ainsi est à déduire que le majestueux du Montrachet lui est conféré par le sol/sous-sol, c’est à dire par ses caractéristiques géologiques et pédologiques spécifiques.
♦ Pédologie du Montrachet
À la lumière du rapport ADAMA (rappel: à l’échelle 1/10 000), le sol meuble, du GC Montrachet s’inscrit dans une bande qui s’avère similaire, grosso modo, à l’ensemble du périmètre des Grands Crus de cette commune.
Cartographie pédologique de Puligny-Montachet et Blagny (rapport ADAMA 2021). Le périmètre carrelé en jaune correspond, grosso modo, au périmètre des Grands Crus de Puligny-Montrachet, comprenant le climat Montrachet. La pédologie de ce secteur se décrit en tant que ‘sol peu à moyennement épais, évolué, faiblement à modérément calcaire, à pierrosité variable, issu de calcaires variés’, soit sous le code pédologique UCS 21. Ce type de sol serait un des aspects de la magnificence des Grands Crus de Puligny.
♦ Géologie du climat Montrachet
Carte géologique à l’échelle 1/10 000 produite par ADAMA en 2021, illustrant ainsi le substratum, la roche-mère, des territoires de Puligny-Montrachet et Blagny.
♦ Géologie spécifique propre au Montrachet: une explication plausible de la fabuleuse singularité des vins qui en sont issus.
IMPORTANT: Le rapport ADAMA est essentiellement descriptif. Il n’y est pas produit d’analyse(s) consistant à faire des associations entre les caractéristiques (physiographie/géologie/pédologie) des sols et le potentiel viticole des terroirs, des climats. Ce qui suit est strictement une interprétation d’éléments du rapport par monocepage.
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Les racines de vignes se ramifient horizontalement et verticalement et s’imprègnent de ‘l’ADN’ du sous-sol. Un cas-exemple est intéressant pour exposer l’influence du ‘soubassement’ d’un terroir, soit celui des Grands Crus de Chablis, particulièrement celui du Grand Cru ‘Le Clos’. Celui-ci est systématiquement nappé d’un colluvionnement de ‘débris’ de Calcaire, des colluvions provenant, par éboulis et/ou solifluxion, de la corniche de ce climat qui est très nettement formé de Calcaire Portanldien (des avancées rocheuses prééminentes de Calcaire Portlanldien se constate nettement au sommet du climat Le Clos). Or, bien que le nappage calcaire sur Le Clos soit abondant, son substratum, sa roche-mère, formé de marnes kimméridgiennes n’en marque pas moins très significativement les vins. Il est ainsi à déduire, à convenir, que le système racinaire − les racines plongent manifestement jusqu’à plus d’un mètre – s’imprègnent nettement du caractère kimmédigien du milieu géologique en ‘sous-bassement’, et en marque les vins.
Transportons-nous sur le Montrachet, et faisons une déduction via une corrélation avec le contexte chablisien ci-devant décrit: la roche-mère (calcaire de Dijon-Corton) du climat Montrachet, qui lui est assez spécifique au sein du périmètre des Grands Crus, en marquerait formidablement le vin qui en est issu; d’autant que le sol meuble du climat a une assez faible épaisseur, de l’ordre de 50-60 cm, selon l’illustration ci-contre extraite de l’étude géo-pédologique de ADAMA en 2021.
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Photo issue du rapport ADAMA illustrant le profil du sol meuble propre au Montrachet. Concernant ce type de sol, ADAMA écrit : »Les sols formant cette unité (UTS 21) sont peu épais à épais, variant de 30 à 80 cm d’épaisseur, avec une nette dominance des sols de 50-60 cm d’épaisseur’‘ (tel celui de la photo ci-devant). |
⇒ Dix principaux propriétaires de parcelles sur le Montrachet
Les données à la suite sont issues de ‘Inside Burgundy’ de Jasper Morrris, 2010
Secteur Puligny-Montrachet (4,0 ha):
Marquis de Laguiche: 2,6 ha (exploitation par la Maison Joseph Drouhin)
Bouchard Père et Fils: 0,89 ha
Boillerault de Chauvigny: 0,80 ha
Ramonet: 0,26 ha
Secteur Chassagne-Montrachet (4,0 ha):
Baron Thénard: 1,82 ha
Jacques Prieur: 0,58 ha
Domaine de la Romanée-Conti: 0,68 ha
Domaine des Comtes Lafon: 0,32 ha
Spécifique à cette couverture-ci: »Caractérisation physiographique, géologique et pédologique’ du périmètre couvrant la Saint-Vincent 2021: Corpeau, Puligny-Montrachet, Blagny », à l’échelle de 1/10 000, réalisé parADAMA








