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Corton: mise en situation

Révision: février 2026

Successivement dans ce segment:
1 ⇒ Contexte géographique
2 ⇒ La ‘Montagne’ de Corton: une hyperbole
3 ⇒ Notoriété tardive
4 ⇒ Un Grand Cru constituant une fédération de climats: explication
⇒ Bibliographie


1 ⇒ Contexte géographique

Corton contexteCliquez sur la carte pour l’agrandir.
Les traits rouges indiquent les limites des trois communes se partageant le vignoble de Corton; Pernand-Vergelesses se situe au Sud-Ouest, en haut à gauche sur l’illustration. Le statut de Grand Cru a été accordé en 1956 au seul climat, ‘En Charlemagne’, de cette dernière commune; Corton-Charlemagne si blanc, sinon Corton sans droit d’adjonction du nom du climat.
Au Nord-Est, à droite sur l’illustration, la commune de Ladoix-Serigny accueille sur son territoire les climats les moins connus du Grand Cru, si ce n’est du réputé climat Le Rognet. Les villages de Pernand et Aloxe sont situés littéralement dans les vignes. Le village de Ladoix-Serigny est plutôt citadin et séparé du vignoble par la route Dijon-Beaune, tracée en orange sur l’illustration.
Tout le versant de la colline entre les deux traits rouges est sous la juridiction communale d’Aloxe-Corton, qui détient la part du lion du GC Corton.

La superficie de 160,2 ha du Grand Cru Corton se divise ainsi: une quinzaine de climats totalisant 120,5 hectares − 75% de l’aire entière − sur Aloxe-Corton; une dizaine de climats groupant 22,4 hectares sur Ladoix-Serigny et un seul climat de 17,3 hectares sur Pernand-Vergelesses. Corton est le plus vaste Grand Cru de toute La Côte. Il représente à lui seul le tiers de l’aire totale de Grands Crus de la Côte d’Or.

Ladoix-Serigny est le dernier finage septentrional de la Côte de Beaune. Ses communes voisines au Nord dans l’axe de La Côte, Corgoloin et Comblanchien (vins d’appellation Côte de Nuits-Villages) sont donc les les premières communes méridionales de la Côte de Nuits. L’abaissement significatif du relief de La Côte observable sur ces deux dernières communes constitue en quelque sorte une transition naturelle entre les Côtes de Beaune et de Nuits. Immédiatement au Nord de Corgoloin, à Premeaux-Prissey sur l’aire de l’appellation Nuits-St-Georges, le relief de La Côte se relève progressivement. La colline de Corton symbolise un phare à l’extrémité Nord de la Côte Beaunoise.

Aloxe-Corton est le village principal de Corton par son lot de climats formant le Grand Cru, dont les plus réputés. Par contre, Aloxe détient un bien petit nombre de Premiers Crus. Aussi, cette commune est quasiment dépourvue de vins d’appellations régionales en raison de son périmètre compact. Sur son territoire, seul son village resserré n’est pas occupé par les vignes. La distinction de ses trois célèbres maisons bourgeoises participe à la notoriété d’Aloxe: le Château Grancey sous la propriété du négociant-éleveur Louis Latour, le Château de Corton-André aux superbes tuiles vernissées, dit Château Jaune (réponse #2 du quiz) et le Château d’Aloxe-Corton à proprement dit.

Pernand-Vergelesses est associé formellement à la colline de Corton depuis 1956, alors que le climat ‘En Charlemagne’, entièrement sur son territoire communal, fut intégré au Grand Cru. Bien que la production de Corton rouge (sans mention du climat d’origine ‘En Charlemagne’) y est autorisée, Il ne s’y produit quasiment que des Corton-Charlemagne. Accroché sur des versants qui seraient autrement occupés par la vigne, Pernand est un petit village bien pittoresque.

Avec son regroupement de 26 climats (réponse #3 du quiz) − pour voir la nomenclature: ‘comprendre les 2 GC‘ −, le Grand Cru Corton est l’antinomie des autres Grands Crus de la Côte d’Or, majoritairement mono climat(). C’est l’antithèse de la Romanée-Conti dont la notion est aisée à cerner: taille réduite, surface simple de rectangle à la topographie régulière, situation individualisée de monopole, vin unique et gloire plébiscitée. Corton est plutôt caractérisé par une multitude de climats et de propriétaires, des expositions variées, un fort dénivelé, une morphologie complexe et une dualité avec le GC Corton Charlemagne.

Quelques Grands Crus sont formés de la réunion de quelques lieux-dits, les noms de ceux-ci s’effaçant entièrement sous celui du GC ainsi fédéré; tel le Clos de la Roche qui compte huit lieux-dits.

La dualité entre les dénominations Corton et Corton-Charlemagne brouille la compréhension de l’un et de l’autre.
L’aire du GC Corton est de 160 hectares. De cette aire, des climats précis, ou parties de climats (trois climats), totalisant 71 hectares peuvent engendrer des Corton-Charlemagne (blanc) si plantés en chardonnay, bien entendu. À toute fin utile, l’aire de Corton-Charlemagne est entièrement exploitée, si bien qu’en pratique l’aire de Corton, en rouge ou en blanc, n’est que de ±90 hectares. Consultez ‘comprendre les 2 GC … pour (enfin?) comprendre les nuances inhérentes au nom ‘Corton’.

La préséance du nom porte-drapeau ‘Corton’ sur celui du nom des climats (exemple: Corton Les Bressandes) comporte du ‘retrait’ pour chacun de ces derniers. Si les climats, notamment, Les Renardes et le Clos du Roi constituaient des Grands Crus par eux-mêmes, leur réputation serait définitivement plus considérable. En revanche, sans le dénominateur Corton, certains climats seraient des Grands Crus énigmatiques. Les nivellements s’effectuant généralement vers le bas, les meilleurs crus de Corton sont vendus à des prix constituant de bonnes affaires, pour des GC bien entendu.

Domaine(s) culte(s) recherché(s)
À toute fin utile, les producteurs hautement renommés de Corton − Coche-Dury (un Corton-Charlemagne) de Meursault, Roumier (aussi un Corton-Charlemagne) de Chambolle-Musigny, De Montille et La Pousse d’Or de Volnay, La Romanée-Conti et Méo-Camuzet de Vosne-Romanée, etc. − sont établis hors les trois communes associées à Corton. Pour son image, ne manque t-il pas à Corton un domaine local qui soit emblématique. En poursuivant sa remontée qualitative pour rejoindre l’élite de La Côte, le domaine du Comte Senard pourrait-il devenir ce producteur icône, d’autant qu’il est propriétaire sur quatre climats du GC et qu’il en exploite des parcelles, en fermage, sur deux autres depuis 2016.


2 ⇒ La ‘Montagne’ de Corton: une hyperbole / plutôt une colline

combedepernandLes traits plus marqués (deux tracés en noir et un en rouge) illustrent les axes, les talwegs, des trois combes, ou vallées sèches, qui semblent ‘détacher’ la colline de Corton du grand versant de la Côte d’Or. Les axes des deux combes, très échancrées, définies par des traits noirs sont transversales à La Côte comme la majorité des combes qui sectionnent le grand versant. C’est davantage la combe illustrée en rouge, qui s’inscrit entre les vignobles de Aloxe-Corton et de Pernand-Vergelesses, qui dégage l’impression que Corton est une colline, détachée de La Côte.

combedepernandprisedeuxUne autre perspective de la combe de Pernand. C’est la combe illustrée en rouge, qui s’inscrit entre les vignobles de Aloxe-Corton et de Pernand-Vergelesses, qui dégage l’impression que Corton est ‘détachée’ de La Côte.

Jean-François Bazin aborde le sujet de la ‘Montagne’ avec un humour succulent: « Si les bourguignons ont le sens de la litote -‘Tout ce qui est bourguignon est accessoirement universel‘, disait Henri Vincenot – ils savent aussi exagérer un peu. » En effet, l’emploi du terme ‘montagne’ est disproportionné pour désigner ce qui en réalité est une colline.

La colline de Corton est simplement un segment de la Côte qui en a été sectionné par trois combes, des vallées sèches, qui sont autant de coupures. Deux d’entre elles, des combes importantes, sont placées transversalement à La Côte. Elles ont sculpté, d’une part, le versant Nord de la colline sur le territoire de Ladoix (climats Hautes et Basses Mourottes, …) et, d’autre part, le versant Sud, classé surtout en Corton-Charlemagne sur le territoire d’Aloxe-Corton (climats Le Charlemagne, Les Chaumes, …). La troisième combe a curieusement créé une échancrure oblique à La Côte, en retrait, aux abords des Hautes Côtes, dans un axe Nord-Est/Sud-Ouest. C’est celle-ci qui donne l’impression que Corton est une colline. Située sur la commune de Pernand-Vergelesses, cette dernière vallée a sculpté deux coteaux occupés de vignes: un sur le flanc oriental (vignes orientées à l’Ouest-Nord-Ouest) colonisé par les vignes du climat En Charlemagne (non pas ‘Le Charlemagne’, voisin localisé sur Aloxe-Corton) et l’autre, sur le flanc occidental (vignes principalement orientées au Sud), par celles entre autre du climat ‘Sous-Frétilles’ (Pernand-Vergelesses Premier Cru). Cette combe transversale à La Côte se distingue assez nettement sur la photo d’accueil du site de l’association ‘Paysages de Corton’ figurant ci-après.

Corton paysage

En outre, la cime de la colline de Corton n’est pas autoritaire dans le paysage. Son élévation de 380 mètres est assez similaire à celle de la corniche à 370 mètres du coteau voisin à Savigny-les-Beaune. Le terme ‘Montagne’ est une hyperbole. Ou peut-être, voit-on la colline grandie par la renommée de ses vins!

→ Faire le tour de la montage
Le site www.bouger-nature-en-bourgogne propose un ‘tour de la butte de Corton’, une randonnée en boucle de 7km, de niveau facile.



3 ⇒ Notoriété tardive

→ Reconnaissance pluri-séculaire (?!)

Éventuellement survenue au 9e siècle, la donation par Charlemagne de deux hectares de vignes à la collégiale St-Andoche de Saulieu est instructive sur la longue renommée de Corton. Louis Latour (‘Vin de Bourgogne le parcours de la qualité’) a écrit en 2012: « Le don de l’empereur a porté en tout cas sur une vigne spécifiquement désignée, donc délimitée, et probablement close… Mais pourquoi un personnage aussi considérable, possédait-il des vignes à Corton? S’il y faisait cultiver un vignoble, c’est qu’il l’avait reçu en héritage ou que ses intendants l’avaient acheté. Le passé viticole d’Aloxe et la qualité de ses vins furent donc ‘reconnus’ sinon par l’empereur lui-même, tout au moins par ses commettants, ce qui prouve qu’à cette époque lointaine il ne s’agissait de terres sans valeur. »
Si la valeur des vignes de Corton est plusieurs fois séculaire, les auteurs contemporains semblent néanmoins convenir que l’acclamation de ses vins est récente, sur le plan de l’histoire bien entendu. Claude Chapuis, spécialiste d’Aloxe-Corton (‘Histoire du village et de son vignoble, les vins d’Aloxe-Corton’, 1988), précise d’ailleurs que « rien n’est acquis au pays des Corton dont la notoriété a subi plusieurs éclipses au cours des âges ».

Le fait est-il réel ou qu’une légende? Le raisonnement de Louis Latour est cohérent. Cependant, la colonisation de La Côte par la vigne en était à ses balbutiements au 9e siècle. Le concept de cru n’existait pas et le processus d’élaboration du vin ne concourrait pas encore à sa pleine mise en valeur. Il n’y avait pas de tenue d’archives… En un mot, nul ne sait vraiment.

→ ‘Révélation’ de ‘Corton’ au 19e siècle

Jean-François Bazin, écrivain contemporain sur la Bourgogne du vin, fait ressortir que « le Corton reste discret jusqu’au 18e siècle. Réalise son ascension au 19e. » Auteurs de la fin du 19e siècle, René Danguy et Charles Aubertin, apportent une partie de l’explication en mentionnant « qu’anciennement, la Côte, c’est-à-dire les climats Charlemagne, Pougets, Languettes, Corton, Clos du Roi, Renardes, Bressandes, où on récolte aujourd’hui les vins fins, étaient plantés en blancs (Pinot blanc). Mais lorsqu’on a connu la qualité des vins rouges, les blancs ont disparu de beaucoup et ont été remplacés en pinot rouge. » Dans le plus âgé des écrits connus sur le vin de Bourgogne, ‘Dissertation sur la situation de la Bourgogne’ écrit par Claude Arnoux en 1728, il est d’ailleurs souligné que « … Alôsse en produit aussi d’excellents (vins blancs issus de Pinot blanc et autres cépages) ».

Jean-François Bazin donne l’indice principal pour résoudre l’énigme sur la notoriété tardive des Corton rouges par ce commentaire « La culture de la vigne est demeurée assez inchangée tandis que la vinification a évolué au cours des âges. » En fait, tout au long du Moyen Âge et de l’Époque Moderne, ainsi jusqu’à la Révolution Française, le vignoble de Corton était destiné à la production de vins blancs et …clairets, voire quasi rosés! (réponse #4 du quiz.)
En Côte de Beaune, une partie importante des vignes de raisins à peau rouge cultivées par les nobles et les ecclésiastiques était des vins ‘vermeils’. Issus de raisins récoltés à maturité juste, les vins vermeils, aussi nommés vins ‘primeurs’, fermentaient moins de 24 heures en contact avec les peaux et acquéraient ainsi bien peu de couleur. Aussi leur élevage était sommaire. Claude Chapuis signale que « Au Moyen Âge, les critères d’appréciation étaient la faible couleur et l’aptitude à la consommation rapide. » Auparavant, dans son ouvrage publié en 1728, Claude Arnoux avait souligné que « Alôsse est le quatrième vignoble (de la Côte de Beaune) pour les vins de Primeurs. Ce petit village produit des vins d’une extrême délicatesse. » Bref, la vinification des cépages rouges a évolué au cours des âges et ce n’est qu’avec l’avènement notamment, vers la fin du 17e siècle, des vins assez longuement cuvés que le potentiel en rouge du vignoble de Corton fut en mesure d’être pleinement révélé. Les vins rouges de la Côte de Nuits furent ‘modernisés’ (extraction des jus et élevage allongé) avant ceux de la Côte de Beaune. Quant à la réputation des vins blancs de la colline, elle a grandi considérablement au début du 20e siècle avec la replantation des coteaux en Chardonnay. Ce cépage fut le véritable révélateur des terroirs du GC Corton Charlemagne.

Arnoux page couv.Le tout premier livre (connu) rédigé sur les vins de La Côte: ‘Dissertation sur la situation de la Bourgogne’ de Claude Arnoux, publié en 1728. Un ouvrage fascinant disponible gratuitement sur internet. Arnoux-rose

Un passage du livre de Claude Arnoux portant la production de vins dits ‘vermeils’, en réalité des ‘clairets’, qui étaient la généralité à l’époque. Ce type de vins a été produit en Côte de Beaune jusqu’au 18e siècle. La production de vins pleinement cuvés avait été entreprise en Côte de Nuits quelques décennies auparavant.

Le livre de Claude Arnoux, disponible sur le site internet de la bibliothèque numérique Gallica, fascine par ses détails du contexte du vin de Bourgogne durant cette période. À la page 28 et suivantes, l’auteur explique la méthode de vinification des ‘vins primeurs’ (voir l’illustration ci-devant) produits en majorité sur la Côte de Beaune au Moyen Age et encore à la Renaissance. Par ailleurs, un autre volet de son livre porte sur les ‘vins de garde’, ceux-ci cuvés plusieurs jours, qui étaient produits en Côte de Nuits, qu’en Côte de Nuits, depuis le début ou le milieu du 18e siècle.

Une preuve additionnelle de la notoriété tardive des Corton rouges est apportée par Jean-François Bazin: « Les ventes n’ont pas attiré ici (colline de Corton) les grands spéculateurs parisiens. » Ceux-ci furent pourtant très actifs aux encans des Biens Publics (vers 1790) confisqués aux religieux et aux nobles à la Révolution Française.

→ Notoriété très tardive de Ladoix

De façon étonnante, la couverture de ‘Ladoué’ du livre ‘biblique’ de Jules Lavalle (1855) est laconique: « Ce n’est que pour satisfaire à l’ordre géographique (!) que je signalerai ici le hameau de Buisson et le village de Ladoué… Pourtant, dans les portions qui avoisinent Aloxe-Corton on trouve quelques vignes plantées en pinot donnant des vins qui ne sont pas sans valeur »



4 ⇒ Un Grand Cru constituant une fédération de climats: explication

→ Préalable: Genèse des AOC

Au cours des trois premières décennies du siècle dernier, le Gouvernement français promulgua, séquentiellement, des Lois visant à contrer la production généralisée de vins factices et/ou identifiés faussement à une provenance, une origine. Particulièrement, la Loi du 6 mai 1919 sur la ‘Protection des Appellations d’Origine‘ − non pas celle des Appellation d’Origine Contrôlée qui fut décrétée subséquemment en 1935 − fit intervenir les tribunaux afin de fixer des Appellations d’Origine sur la base des ‘usages locaux, loyaux et constants’, bref selon les us et coutumes. Parallèlement, le Parlement français conféra le droit d’ester (capacité de soutenir une action en justice) aux syndicats.
En Bourgogne comme ailleurs, les viticulteurs se groupèrent en Syndicats de Défense −  le Parlement français avait préalablement conféré le droit d’ester (capacité de soutenir une action en justice) aux syndicats − afin de générer collectivement des causes en justice en vue d’obtenir des jugements définissant des Appellations d’Origine. En Côte d’Or, une myriade de syndicats de viticulteurs se créèrent, à l’échelle locale pour la plupart, occasionnant une véritable balkanisation axée sur les intérêts proprement individuels des producteurs. L’Appellation d’Origine ‘Montrachet’ fut la première à être plaidée en 1921 et son aire fixée de façon restrictive devant les Tribunaux. Réunis en Syndicat de Défense, les propriétaires fonciers du lieu-dit Montrachet avaient opportunément confronté en Justice les producteurs de climats voisins sous le motif qu’ils usurpaient le nom Montrachet en déclarant leur production sous cette dénomination. Un même contexte engendra en 1924 un jugement déterminant l’appellation ‘Richebourg’. Par contre, la cause qui visa à isoler le nom Echézeaux fut déboutée en 1925 alors que les jugent s’appuyèrent sur les usages commerciaux anciens du nom Echézeaux qui englobaient alors bel et bien les lieux-dits voisins, tels Les Poullaillères, Les Loächausses et Les Treux, lesquels sont toujours joints au climat Echézeaux.

→ Le contexte singulier de Corton

À propos des vins de la colline de Corton, les auteurs signalent que c’est l’ensemble des vins des climats de la colline, sinon une large partie de cet ensemble, qui était désigné de façon collective en vins de ‘Corton’ depuis au moins le 18e siècle. Dans son livre d’autorité de 1855, Jules Lavalle écrivit d’ailleurs « que les vins (de la colline de Corton) se vendent ordinairement sous le nom de Corton… Anciennement, on paraît avoir désigné sous le nom de Courton (alors ‘Courton’) tout le vaste climat sur le versant est de la montagne. »
En regard aux us et coutumes passés, donc selon l’esprit de la Loi de 1919, les membres du Syndicat de Défense d’Aloxe-Corton, créé en 1921, furent solidaires à fédérer les climats de vins fins de la colline, que ceux de la commune d’Aloxe, sous l’appellation Corton (réponse #7 du quiz). Ce syndicat fit ainsi intervenir la Justice pour tenter d’en restreindre l’usage. En contre partie, le Syndicat de Défense des viticulteurs de Ladoix fit valoir qu’une partie du vignoble de la colline, située sur leur commune, se qualifiait aussi à l’appellation Corton puisque les vins qui en étaient issus se vendaient également sous Corton de façon coutumière par les négociants de Beaune.

SyndicataloxeAffiche promotionnelle des années 1920 du Syndicat des Viticulteurs d’Aloxe-Corton.

→ L’évolution de l’appellation Corton au fil du temps

Dans les années 1920 l’aire de l’Appellation d’Origine ‘Corton’ fut limitée aux seuls climats d’Aloxe-Corton.
La justice accorda en 1930 le droit d’AO ‘Corton’ pour 29 hectares de vignes sur Ladoix. Le syndicat d’Aloxe-Corton répliqua en déposant une requête en appel. Il s’ensuivit que seul le climat Le Rognet de Ladoix obtint ce privilège.
En 1942, l’administration des AOC confirma le statut de Grand Cru aux lieux-dits Le Rognet et Les Vergennes.
Ce n’est toutefois qu’en 1978 que les autres climats de Ladoix furent gradués en GC!



5 → Bibliographie

Voir ICI.

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