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Epenots et Rugiens en GC?

Révisé en mars 2020

La communauté viticole de Pommard entretient depuis longtemps l’ambition d’acquérir le rang de Grand Cru pour les climats Epenots, Grands et Petits, et Rugiens, Bas et Hauts. Le projet est certes envisageable, d’autant que des auteurs d’ouvrages sur les vins de Bourgogne y apportent des formes de validations.

Les titres de cet onglet:

  • À savoir: ‘lieux-dits’ versus ‘climats’ du secteur Epenots
  • Visée de la communauté de Pommard et dilemme sous-jacent
  • Évaluation des climats Epenots et Rugiens par les auteurs d’ouvrages et professionnels du vin contemporains
  • Statut des Epenots et Rugiens selon les classements historiques
  • ‘Tests de qualification’ selon des paramètres physiographiques et pédologiques/géologiques

⇒ À savoir: ‘lieux-dits’ versus ‘climats’ du secteur Epenots

Les lieux-dits et les climats sont de plus en plus différenciés sur La Côte. Le décret d’appellation de Pommard nous apprend qu’il y a lieu de distinguer trois climats dans le périmètre figurant sur l’illustration puisque le Clos des Epeneaux est bel et bien un climat. ‘L’Atlas des Climats et Lieux-dits des Grands Vins de Bourgogne’ (2012) de Sylvain Pitiot clarifie la situation en illustrant les configurations respectives des lieux-dits et des climats de ce secteur du finage de Pommard. Emmêlons la situation en soulignant que la plupart des producteurs sur les climats Les Petits Epenots et les Grands Epenots en désignent les vins sous la simple dénomination ‘Epenots’. Par ailleurs, avez-vous remarqué que le climat Clos des Epeneaux est inscrit très majoritairement dans le lieu-dit Les Petits Epenots et minoritairement dans le lieu-dit Les Grands Epenots! Ce gentil micmac est bien bourguignon!

⇒ Visée de la communauté de Pommard et dilemme sous-jacent

L’ODG (Organisme de Défense et de Gestion) de Pommard, le regroupement des viticulteurs du finage, a interpellé l’INAO en 2016 pour faire valoir le potentiel de Grands Crus des Epenots et des Rugiens. L’organisme national régissant les Appellations aurait alors indiqué vouloir recevoir un dossier étoffé comportant les éléments suivants: une résolution adoptée par au moins 80% des membres de l’ODG confirmant l’intérêt de ceux-ci au projet de Grands Crus et un dossier technique démontrant le bien-fondé de la requête, lequel devrait comprendre: les éléments historiques et contemporains supportant le statut noble des climats concernés, un rapport géologique, et un volet économique démontrant notamment que les prix pratiqués sur les vins des climats en question sont déjà des indications de leur valeur intrinsèque de GC.

Un aspect délicat à la planification d’un tel dossier a trait, au préalable, à la concertation au sein des vignerons pommardois concernant les éventuels changements d’identités des climats ou parties de climats qui ne seraient pas graduées en GC, puisque les désignations Epenots et/ou Rugiens seraient strictement réservés aux Grands Crus. Notamment, le détenteur de la parcelle de Rugiens homologuée présentement en appellation communale (laquelle était exploitée jusqu’à récemment par le domaine Jean-Luc Joillot) perdrait du coup le droit au nom ‘Rugiens’. Il en serait de même pour les parties actuellement en Premiers Crus qui pourraient ne pas être promues.


⇒ Évaluation des climats Epenots et Rugiens par les auteurs d’ouvrages et professionnels du vin contemporains

Dans son ouvrage de 1996, ‘The Great Domaines of Burgundy’, Remington Norman écrivait « If there were a classification, then Les Rugiens-Bas and parts of Les Epenots would be credible candidates for a elevation to Grand Cru status. »
√ Dans ‘Le Vin de Bourgogne’ (première édition) paru aussi en 1996, Jean-François Bazin exprimait que « Les Grands Epenots et Les Rugiens-Bas semblent décrocher le prix d’excellence. Ces climats pourraient être des Grands Crus. »
√ En 2008 Clives Coates, ‘The Wines of Burgundy’, énonce « If we were to contemplate a change in the hierarchy today, I would nominate for elevation part, but part only, of the two premiers crus: Les Rugiens-Bas and the central part of the Les Epenots (the Clos des Epeneaux, but neither all of Les Grands Epenots nor all of Les Petits Epenots). Clearly these produce the most distinctive wines of the village. »
√ Dans son ‘Inside Burgundy’ de 2010, Jasper Morris adjoint le superlatif ‘exceptional’ aux ‘Les Petits Epenots’, ‘Les Grands Epenots’ et ‘Les Rugiens-Bas’.

√ La revue ‘Bourgogne Aujourd’hui’ (copie no 52)1 a établi en 2006 son ‘top 25′, par ordre, des Premiers Crus de La Côte à partir de cotations d’un panel de connaisseurs. Ceux-ci ont attribué respectivement le septième rang au Clos-des-Epeneaux, le huitième aux Rugiens, tandis que Les Epenots2 se situe au 23e rang.
√ Dans sa copie no 545 (octobre 2010), la Revue du Vin de France désignait les ‘Supers Premiers’ de La Côte d’Or, au nombre de huit, soit Les Amoureuses (Chambolle-Musigny), Clos Saint-Jacques (Gevrey-Chambertin), Cros Parentoux (Vosne-Romanée), Les Saint-Georges (Nuits-St-Georges), Les Grèves (Beaune), Les Rugiens-Bas (Pommard), Meursault-Perrières et Le Cailleret de Puligny.

Bilan sommaire des évaluations des auteurs et professionnels contemporains (un bilan issu des classements historiques font l’objet du segment placé à la suite): L’appréciation des Rugiens-Bas est très élevée, celle sur les Rugiens-Hauts ne correspond pas à l’adjectif qui lui est joint. L’estimation à l’égard des climats ‘Epenots’2 est variable, le Clos des Epeneaux apparaissant se détacher plus favorablement.

1) Pour votre curiosité, voici la nomenclature selon Bourgogne Aujourd’hui, par ordre: Clos St-Jacques, Les Amoureuses, Les Saint-Georges, Cros Parentoux, Caillerets de Volnay, Lavaux Saint-Jacques, Clos-des-Epeneaux, Rugiens, Vaucrains, Charmes (Chambolle), Malconsorts, Brûlées, Grèves, Cazetiers, Santenots, Beaux Monts, Taillepieds, Clos des Mouches, Suchots, Epenots, Pruliers, Clos des Porrets-Saint-Georges. Le panel était composé de Al Hotchkin, Georges Pertuisot, Rolland Masse et des membres de ‘Bourgogne Aujourd’hui’.

2) Tel que mentionné plus haut (‘À savoir: ‘lieux-dits’ versus ‘climats’ du secteur Epenots’), ‘Epenots’ est la désignation abrégée assez commune de la plupart des producteurs sur Les Petits Epenots et Les Grands Epenots.

Toujours est-il …
… Que les bourguignons sont des experts en relations publiques. En témoignent les événements suivants qui procurent des visibilités considérables à leurs vins et leur milieu: les ventes aux enchères des Hospices de Beaune et de Nuits, les Paulées dont celle de Meursault, les cérémonies de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, les Grands Jours de Bourgogne, la St-Vincent-Tournante et autres. Aussi, les bourguignons possédaient déjà à la fin du 19e siècle des rudiments d’une discipline proche des relations publiques qui ne s’est pourtant développée que plus tard au 20e siècle, le marketing. Notamment, à différents moments du 19e siècle, plusieurs communes de La Côte ont adjoint à leur nom celui de leur cru le plus réputé, entre autres Aloxe-‘Corton’, Pernand-‘Vergelesses’, Puligny-‘Montrachet’ et Chassagne-‘Montrachet’. La communauté de Pommard fut-elle tourmentée entre Rugiens et Epenots pour la désignation de leur cru emblématique? Jean-François Bazin, ex-homme politique bourguignon et écrivain a écrit dans son ‘Le Vin de Bourgogne’ (1996) que « si certains Pommardois imaginaient naguère de baptiser Pommard-Rugiens leur village, l’idée n’a pas eu de suite. »

⇒ Statut des Epenots et Rugiens selon les classements historiques

→ Classement de Jules Lavalle (1855)
Le Dr Jules Lavalle a rédigé ‘Histoire et Statistique de la Vigne et des Grands Vins de la Côte d’Or’ en 1855. L’ouvrage est une référence historique majeure, contenant le premier exercice de classement complet et sérieux des climats de la Côte d’Or, par commune. La catégorisation comprend cinq classes: ‘Tête de Cuvée’, ‘Première Cuvée’, ‘Seconde Cuvée’, ‘Troisième Cuvée’ et ‘Quatrième Cuvée’.
Jules Lavalle attribue le rang de Première Cuvée aux Rugiens et aux Epenots, comme d’ailleurs à tous les autres climats de Pommard classés actuellement en Premiers Crus. Il précise que « aucun climat n’est placé au-dessus des autres pour mériter d’être classé à part... »

→ Classement de 1860 du Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’Arrondissement de Beaune
Ce classement référentiel fut produit pour la promotion des vins de Bourgogne à l’occasion de l’exposition universelle de Londres de 1862. L’arrondissement de Beaune est un des cinq arrondissements de la Côte d’Or, couvrant notamment les finages entre Vougeot et Santenay. Trois classes y sont distinguées: Première, Deuxième et Troisième. Ce classement a constitué la principale référence de l’INAO en 1943 pour la désignation des Premiers Crus.
Les trois climats ‘Epenots’ y figurent en Première Classe, les Rugiens-Bas également, tandis que les Rugiens-Hauts se partage sur les Première Classe et Deuxième Classe’, principalement en deuxième classe.

→ Classement de Camille Rodier, 1920
Dans son ouvrage ‘Le Vin de Bourgogne’, Camille Rodier désigne tous les Premiers Crus actuels de Pommard en Première Cuvée, à l’exception de Les Grands Epenots et son climat voisin au Sud, le Clos Blanc, qu’il hisse en quelque sorte au rang de ‘Tête de cuvée’ en les nommant en haut de la liste et en caractère gras, soit la forme qu’il a adoptée dans sa nomenclature pour désigner les climats majeurs.

→ Autres nomenclatures historiques
Denis Blaise Morelot désignait en 1831 deux Têtes de Cuvée sur Pommard dans son ouvrage substantiel ‘Statistique de la vigne dans le département de la Côte d’or’: ‘ Les Épeneaux’ (Clos des Epeneaux?, Les Epénots?) et le ‘Clos de Cîteaux’, renommé depuis ‘Clos Blanc’.
√ Dans leur ouvrage de synthèse produit en 1891, ‘Les Grands Vins de Bourgogne, Classement par ordre de mérite, nomenclature des clos et des propriétaires’, René Danguy et Charles Aubertin écrivent au chapitre sur Pommard que « parmi les plus renommés citons en première ligne la Cammarine, les Rugiens, les Epenots.« 

Bilan sommaire issu des classements historiques
Il est franchement étonnant que Jules Lavalle, le ‘grand maître’ des classements indique que « aucun climat (de Pommard) n’est placé au-dessus des autres pour mériter d’être classé à part... ». Son ‘statement’ ne passera définitivement pas inaperçu dans un éventuel dossier de promotion des Rugiens et des Epenots. Il apparait clair qu’il a manqué de justesse sur Pommard. Le partage des Rugiens-Hauts en Première et Deuxième Classes dans le Classement de 1860 est clairement un handicap en regard du projet de GC pour ce lieu-dit; d’autant que la portion en Deuxième Cuvée n’a été promue en Premier Cru qu’en 1981.
Il ressort, de façon peu catégorique, de cette série de classements historiques que Les Rugiens-Bas et les Epenots, particulièrement Les Grands Epenots, représentent les crus émérites de Pommard.

Toujours est-il …
Que le ‘grand maître’ des classements historiques, Jules Lavalle (auteur du premier classement exhaustif et référentiel des climats de La Côte en 1855) a réalisé un ‘Essai de classement des vins de la Côte  d’Or’ (page 162 de son livre). Voici, intégralement, ce palmarès:
« Têtes de Cuvée no 1: Romanée-Conti, Clos de Vougeot (!), Chambertin et Clos-de-Bèze. Viennent ensuite: Clos de Tart, partie des Bonnes-Mares, Musigny, Richebourg et La Tâche, Romanée-Saint-Vivant (une partie) et Les Saint-Georges. »
« Têtes de Cuvée no 2: Beaux-Monts et Romanée-Saint-Vivant (une partie) à Vosne; Boudots, Cailles, Murgers, Porrets, Pruliers, Thorey et Vaucrains à Nuits; Caillerets et Champans à Volnay; Clavaillon à Puligny; Clos-Morgeot à Chassagne; Clos-Tavannes et Noyer-Bart à Santenay; Corton (partie) à Aloxe; Corvées, Didiers et Forêts à Premeaux; Echézeaux à Flagey; Fèves et Grèves à Beaune, Perrière à Fixin; Santenots à Meursault.’
Pommard est donc un des rares finages de La Côte qui ne soit pas représenté dans ce palmarès. Une omission?!

⇒ ‘Tests de qualification’ en Grand Cru /critères physiographiques et pédologiques/géologiques

Cette section n’a aucune valeur scientifique. Elle découle d’une constance d’observations; il s’agit donc d’une analyse empirique. Les futurs experts qui pourraient être mandatés par l’INOA pour analyser le ‘terrain’ des Epenots et des Rugiens s’en désintéresseront certainement, mais votre curiosité à vous, l’intéressé par la Bourgogne et son milieu, sera sans doute captée… Puis comme l’indique le titre, il s’agit simplement de ‘tests de qualification’.

→ PHYSIOGRAPHIE

Les quatre caractéristiques physiographiques généralement communes aux Grands Crus de La Côte:
Les Grands Crus rouges de la Côte de Nuits obéissent à quatre conditions physiographiques. Quelques Grands Crus comporte une exception au pattern; le nombre d’exceptions du GC Clos de Vougeot est au pluriel.
1) Exposition: plan exposé dans un spectre de l’Est ou Sud-Est;
2) Topographie: position sur le coteau en retrait des débouchés de combes ou du prolongement des axes de celles-ci;
3) Déclivité: inclinaison se situant entre ±3%, rarement plus faiblement, et ±25%, parfois plus fortement, soit sur des pentes induisant de bonnes conditions d’insolation et de drainage;
4) Position altitudinale sur le versant: position généralement dans la bande médiane ou supérieure du versant de vignes. Ce liséré se situe entre les altitudes de ±250 mètres, rarement moins, et de ±310 m, quelques GC s’étirant plus haut.

Voici, pour chaque Grand Cru de la Côte de Nuits, les données associées à ces paramètres, suivi des informations physiographiques afférentes aux Epenots et Rugiens:

Données physiographiques des Grands Crus de la Côte de Nuits. Tableau réalisé par monocepage.com, au moyen de Google Earth.

Physiographie des Epenots

  • Exposition: Presque tous les Grands Crus et plusieurs Premiers Crus bénéficient d’une exposition intégralement à l’Est ou au Sud-Est, jugée idéale; Les Petits et Grands Epenots sont exposés favorablement au Sud-Est.
  • Topographie: Les crus nobles occupent des périmètres qui sont intégralement longitudinaux à l’axe même du versant de La Côte, qui est Nord-Nord-Est/Sud-Sud-Ouest en Côte de Beaune (Pommard est en Côte de Beaune). Du coup ils sont situés immanquablement en retrait des combes pour, entre autres, les raisons suivantes: 1) Les climats positionnés sur les dévers (flancs) méridionaux de combes comportent des inflexions d’exposition vers le Nord, défavorables (cf. aspect précédent, ‘exposition’); 2) Les flux d’air plus frais en provenance de l’Ouest circulant dans les ‘couloirs’ que sont les combes créent des micro-climats plus froids à leur débouché sur La Côte; 3) Les roches-mères caractérisant les secteurs prolongeant les combes sur La Côte sont en partie ou en totalité du type ‘cône alluvial‘, ou ‘cône de déjection’, soit des formations superficielles peu constatées sous les Grand Crus, lesquels reposent majoritairement sur des roches-mères de type argilo-calcaire.
    La ±moitié méridionale du lieu-dit Les Petits Epenots et la totalité du lieu-dit Les Grands Epenots sont situés en retrait de combes. La ±moitié septentrionale des Petits Epenots est située dans le prolongement de la combe Lulunne, de faible envergure, où le matériau parental (roche-mère) correspond à une partie du cône de déjection associé à cette combe; peut-être un handicap à une graduation en GC, sachant que, notamment, les sous-sols de parties des GC Charmes-Chambertin et Clos des Lambray correspondent à des cônes alluviaux.
  • Déclivité: L’inclinaison des Grands Crus se situe surtout entre ±3% et ±25%, soit sur des pentes induisant des conditions optimales d’ensoleillement et de drainage. Des parties respectives des deux climats Epenots sont en pente faible, entre 2% et 3%; sachant qu’il en est de même pour des parties des trois Grands Crus de Flagey-Echézeaux.
  • Position altitudinale sur le versant: sur le versant, les Grands Crus et les supers Premiers Crus sont surtout placés dans la bande médiane ou supérieure de leur versant de vignes respectif. Ce liséré est logé entre les altitudes ±250 m et ±310 m. Les deux Epenots, sont situés dans la portion inférieure de leur versant, dont nettement une partie sur le pied de celui-ci quant au Grands Epenots; sachant qu’il en est de même pour le Clos de Vougeot.

Le profil est celui du large trait rouge sur l’image. (Le trait vertical sur le profil correspondant aux données〈altitude 257 m / pente de 5,1%〉correspond à la limite commune des climats Les Pézerolles et Les Petits Epenots.) La pente d’une grande partie de ce dernier climat est faible, entre 2% et 3%, à la limite certes d’une insolation et d’un drainage efficaces pour qualifier un Premier Cru, à plus forte raison un Grand Cru. Le dénivelé du climat est de ±20 mètres, entre les altitude ±240 m et ±260 m.

Le profil est celui du large trait rouge sur l’image. (Le trait vertical sur le profil indiquant〈altitude 253 m / pente de 8,6%〉correspond à la limite commune des climats En Largilière et Les Grands Epenots.) La pente d’une grande partie de ce dernier climat est faible, entre 2% et 3%, à la limite certes d’une insolation et d’un drainage efficaces pour qualifier un Grand Cru. Le dénivelé du climat est de ±10 mètres, entre les altitudes de ±245 m à ±255 m. Le climat Les Grands Epenots s’étend en partie sur le pied du versant.

Physiographie des Rugiens

  • Exposition: Presque tous les Grands Crus et plusieurs Premiers Crus réputés bénéficient d’une exposition intégralement à l’Est ou au Sud-Est, jugée idéale; Les deux climats Rugiens sont exposés à l’Est.
  • Physiographie / topographie: les crus nobles occupent des périmètres qui sont intégralement longitudinaux à l’axe même du versant, qui est Nord-Nord-Est/Sud-Sud-Ouest en Côte de Beaune. Du coup ils sont situés immanquablement en retrait des combes pour entre autres les raisons suivantes: 1) Les climats positionnés sur les dévers (flancs) méridionaux de combes comportent des inflexions d’expositions vers le Nord, défavorables (cf. aspect précédent, ‘exposition’); 2) Les flux d’air plus frais en provenance de l’Ouest circulant dans les ‘couloirs’ que sont les combes créent des micro-climats à leur débouché sur La Côte; et 3) Les sous-sols caractérisant les secteurs prolongeant les combes sur La Côte sont en partie du type ‘cône alluvial’, aussi nommé ‘cône de déjection’, et ne correspondraient pas à ceux supportant les Grand Crus, lesquels sont déposés très majoritairement sur des substrats argilo-calcaires. Les deux Rugiens sont nettement en retrait de toute combe.
  • Physiographie / déclivité: L’inclinaison des Grands Crus se situe entre ±3% et ±15%, soit sur des pentes induisant des conditions optimales d’ensoleillement et de drainage. La pente des deux Rugiens varie entre ±5% et ±15%.
  • Physiographie / position altitudinale sur le versant: sur le versant, les Grands Crus et les supers Premiers Crus sont placés dans la bande médiane ou supérieure du plan de vignes. Ce liséré est logé entre les altitudes ±250 m et ±310 m. Les Rugiens-Bas est placé favorablement entre les altitudes ±260m et ±275 m, tandis que le créneau altitudinal des Rugiens-Hauts est plus haut sur le versant, soit ±275 m/±315 mètres; sachant que quelques GC de Gevrey-Chambertin sont placés dans des créneaux altitudinales équivalents.

Le profil est celui du large trait rouge sur l’image. (Le trait vertical figurant sur la coupe, indiquant les données〈274 m / 10,3%), correspond à la limite des deux Rugiens, Hauts et Bas.) Les Rugiens-Hauts se loge dans le créneau altitudinal〈275 m / 313 m〉selon une déclivité entre 10% et 14%. Les mêmes données sur les Rugiens-Bas sont certainement idéales, respectivement〈260 m / 275 m〉et 6% à 10%.

PÉDOLOGIE

Pour information / sans influence dans la présente analyse physiographique.
Sur le versant de La Côte les sols suivent de façon générale un modèle de distribution typique de l’amont vers l’aval, nommé la ‘topolithoséquence’. Selon ce modèle, le sol évolue au fil de la position topographique sur le versant et également en fonction du type de roche-mère sous-jacente − calcaires, marnes, formations de pentes (alluvions, colluvions), etc. −. Situés au haut du versant de vigne, de faible épaisseur, les ‘rendosols’ (un seul horizon) ne sont généralement pas des terroirs de Grands Crus. Dans la bande médiane du versant, les ‘calcosols’ et les ‘calcisols’ ont des épaisseurs de 40 à 80 cm et leurs horizons (généralement deux horizons) représentent des stades d’altération du substrat argilo-calcaire sous-jacent; les crus nobles, Premiers et Grands Crus, comportent un de ces deux types de sol. Logés à la base du versant les ‘brunisols’ surpassent 80 cm d’épaisseur (trois horizions) et leurs structures pédologiques ne déterminent pas des secteurs de crus nobles. Par ailleurs, les sols appuyés sur des roches-mères de type alluvionnaires, tels les ‘cônes de déjection’, ne sont pas d’ordre général des supports de crus nobles.
Les données pédologiques du finage de Pommard ne nous sont pas connues, si bien que le texte qui précède n’est que didactique.

GÉOLOGIE

Carte géologique de Pommard et ses périphéries immédiates produite à l’échelle 1/10 000 par la géologue Françoise Vannier en 2012.

Selon la carte géologique au 1/10 000 produite par Françoise Vannier en 2012:

  • Les Rugiens-Bas est appuyé sur un substrat de Calcaire de Ladoix, un calcaire qui se constate entre autres sur le GC Corton.
  • Les Rugiens-Hauts montre un contraste puisqu’il est plutôt appuyé, en large partie, sur une roche-mère de ‘grèzes litées’. Les sols qui se développent sur les grèzes litées sont très riches en graviers, pauvres en argiles, très drainants. De tels types de sols se constatent, entre autres, sur une partie importante du climat Les Grèves de Beaune et une petite section en partie supérieure des Musigny. Certains terroirs de grèzes litées sont donc des terroirs de bon niveau.
  • Les Grands Epenots est déposé pour une moitié sur du Calcaire de Ladoix et une autre moitié sur du Calcaire de Chassagne.
  • Les Petits Epenots repose pour approximativement la moitié sur des Calcaires, de Ladoix et de Chassagne, et sur le cône de déjection de la combe Lulunne pour l’autre portion.

BILAN GLOBAL

(À produire)

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