Date de publication:

Physiograhie/Géologie de Pommard

VOLETS DE CE SEGMENT:
  • Commanditaires et auteur de l’étude
  • Paysage, géomorphologie et physiographie
  • Géologie de Pommard et ses périphéries
  • Informations physiographiques et géologiques complémentaires
  • Série lithologique du sous-sol
Commanditaires et auteur de l’étude

Le contenu de ce topo est puisé du rapport intitulé ‘Partie méridionale de l’AOC Beaune, majeure partie de l’AOC Pommard, partie septentrionale de l’AOC Volnay : Du sous-sol au paysage viticole (étude physiographique et géologique)‘ produit entre septembre 2011 et juin 2012 par la géologue Françoise Vannier (publié en  juin 2012).

L’étude fut sollicitée conjointement par le GEST, le Groupement d’Études et de Suivi des Terroirs, et l’ODG, l’Organisme de défense et de Gestion de Pommard, regroupement des vignerons présents sur ce finage et adhérents au dit organisme.
Ce rapport fut le quatrième de ce type à être produit par la géologue Françoise Vannier, après ceux sur Marsannay, Maranges et Gevrey-Chambertin. Françoise Vannier a ensuite réalisé des rapports sur Chambolle-Musigny et Fixin.

Toujours est-il …
Ce mot s’adresse aux nuls, aux nuls en géologie s’entend, et aussi aux désintéressés du sujet.
Vous concevez une certaine incidence de la géologie sur l’univers du vin, mais le sujet vous rebute. La science en question est assommante comme une tonne de roche, si bien que le nombre de navigateurs sur ce topo pourrait bien être infime.
Nous nous interrogeons donc sur le sens de notre implication sur le sujet, d’autant que nous nous échinons à le rendre le plus aisé possible à parcourir. Toujours est-il que nous ne parvenons pas à renoncer à en traiter. L’amateur immodéré de vins de La Côte devrait comprendre que la géologie apporte une explication capitale au triomphe du concept des climats sur cette ‘terre sainte’.
C’EST QUE SUR ‘LA CÔTE’ LE SOL DANS LEQUEL LES RACINES SE RAMIFIENT ET SE NOURRISSENT ORIGINE EN GRANDE PARTIE DE L’ALTÉRATION DE LA ROCHE SOUS-JACENTE. OR LE SOUS-SOL DE ‘LA CÔTE’ EST UNE VÉRITABLE MARQUETERIE DE CALCAIRES (SURTOUT) ET DE MARNES AUX CARACTÉRISTIQUES DISTINCTES, COMME L’EST LA MOSAÏQUE DES CLIMATS.
Mise en garde aux lecteurs: N’allez surtout pas conclure que la géologie fournit à elle seule l’explication théorique de la complexité des vins de Bourgogne. Les terroirs s’expliquent bien entendu par d’autres facteurs.
Autre mise en garde en cas de manifestation de crédulité: la mosaïque des climats de La Côte n’est pas la superposition de la marqueterie argilo-calcaire en place!

Sur l’intérêt des études au 1/10 000 de Françoise Vannier
Jusqu’à tout récemment, la seule documentation sur la géologie de La Côte tenait aux relevés géologiques à l’échelle du 1/50 000 du BRGM. Cette source d’information n’était pourtant pas adaptée aux conditions de ce milieu viticole dont la situation géologique varie fréquemment à l’échelle, restreinte, des climats en raison de la présence d’innombrables failles et de décalages stratigraphiques le long de celles-ci. En un mot, le fabuleux coteau, La Côte, est constitué d’une marqueterie géologique complexe, un extrême morcellement, que les données au 1/50 000 du BRGM compriment pour n’en révéler qu’un schéma général. Les études géologiques de Françoise Vannier procurent une information inédite et essentielle sur la documentation de La Côte.
La carte du BRGM au 1/50 000 couvrant Pommard figure plus loin dans le texte.

(Lire le dossier: Les cartes ‘géol’ de Françoise Vannier: un événement)

Paysage, géomorphologie et physiographie

Les courbes de niveaux de la carte permettent de concevoir la topographie du milieu. Les Premiers Crus sont délimités en orange; ceux en AOC village le sont en jaune.
La vallée de l’Avant-Dheune découpe le territoire de Pommard en deux grands secteurs. Le cours de la Vendaine, ruisseau plutôt que rivière, qui coule au fond (trait bleu irrégulier) de la vallée apparait sur la carte, sans être identifié.

Principales observations

  • L’exposition générale du versant de Pommard correspond à celle de la Côte de Beaune, grosso modo Nord-Nord-Est/Sud-Sud-Ouest. La vallée de l’Avant-Dheune engendre toutefois deux larges spectres d’expositions à son débouché, dans la partie centrale du finage. C’est là une caractéristique majeure du finage de Pommard.

Vue de la vallée de l’Avant-Dheune qui sépare systématiquement le vignoble de Pommard en deux parties. La perspective de la photo est orientée vers l’ouest, depuis le climat Les Charmots, sur le côté Beaune; les plateaux en plan-arrière, avec d’abord le secteur des Hautes Côtes.

  • En fait, cette gorge induit quatre secteurs au finage de Pommard:
    Deux s’enfoncent dans la vallée en occupant respectivement ses flancs, escarpés; le flanc orienté avantageusement au Sud-Ouest accueille des Premiers Crus, notamment La Chanière, La Platière et Les Arvelets, tandis qu’à l’opposé, les vignes accrochées au flanc orienté au Nord-Est sont classées en bonne partie en AOC village et régionale, sans Premier Cru;
    Les deux autres secteurs sont positionnés sur le front de La Côte, de chaque côté de la vallée, quelque peu en retrait de celle-ci. Ce sont ces dernières parties qui rassemblent la plupart des Premiers Crus: sur le front de La Côte au Nord de la vallée de l’Avant-Dheune (côté Beaune): entre autres Les Epenots, Les Pézerolles et les Charmots; sur le front de La Côte au Sud de la vallée de l’Avant-Dheune (côté Volnay): entre autres les climats Les Rugiens, Les Jarolières et Les Fremiers.
  • Comme ailleurs sur La Côte, le plan de vignes est logé sur le versant qui relie les plateaux situés du côté Occident (Ouest), secteur des Hautes-Côtes, à la plaine de la Saône qui s’allonge du côté Orient. Seules les parties inférieure et médiane du versant sont colonisées par la vigne, soit globalement entre les altitudes ±235 m et ±360 m. La partie supérieure du versant, entre les altitudes  ±360 et ±400 mètres, plus froide et au sol trop maigre, est inhospitalière à la vigne. L’extension du plan de vignes est ainsi de ±120 mètres, soit un dénivelé assez usuel sur La Côte.
  • La Chanière, Les Arvelets et La Platière sont parmi les seuls Premiers Crus de toute La Côte logés directement en flanc de combe, perpendiculairement à l’axe de La Côte. Le statut de ces climats est certainement attribuable à leur exposition avantageuse au Sud-Ouest.
  • Le village de Pommard est situé au centre du débouché de la vallée de l’Avant-Dheune, comme entre autres à Chambolle-Musigny. La Vendaine, nom local représentant certainement une adaptation de ‘Avant-Dheune’, traverse le village. Hors les périodes de pluies abondantes, son débit est celui d’un ruisseau.

La Vendaine qui traverse le village de Pommard. Il est canalisé pour éviter les débordements lors de pluies torrentielles. La photo est prise en face du Château de Pommard; la rue Marey-Monge étant située entre le Château et le ruisseau.

  • De multiples murgers, amoncellements de pierres en périphéries des parcelles, et des murs de pierres ponctuent le paysage viticole de Pommard. Il s’agit d’une indication du caractère calcaire des lieux. Des cavités d’ex-carrières partiellement comblées s’observent en quelques endroits.

Une mosaïque de murets de pierres sèches, du Calcaire de Dijon-Corton, dans le climat Les Charmots.

Des vignes près d’un ancien front de carrière dans le climat La Platière, sur un sol manifestement comblé par les vignerons eux-mêmes. Les vignobles situés dans des cavités d’ex-carrière sont nombreux tout le long de La Côte.L

  • Le coteau pommardois présente aussi deux vallons, combes peu entamées, un de chaque côté de la vallée de l’Avant-Dheune: la combe Lulunne sur le versant Nord et la combe Vaumurien sur le flanc Sud.
    Les dévers (flancs en débouché de combes) de la combe de Lulunne se déploient respectivement sur les territoires de Beaune (un climat du finage Beaune porte le nom Lulunne) et de Pommard; cette inflexion influe particulièrement sur les conditions physiographiques des Premiers Crus Les Pézerolles et Les Sausilles.
    Sur le côte de Volnay, la combe Vaumurien est un sillon, plus large que profond, s’inscrivant dans les climats portant le nom Vaumuriens (Bas et Hauts) et La Combette.

À gauche: les dévers (flancs en débouché de combe) de la combe de Lulunne (un climat du finage Beaune porte ce nom); cette inflexion influe sur les conditions physiographiques des Premiers Crus Les Pézerolles et Les Sausilles. Un exploitant sur Les Sausilles nous a dit tailler plus sévèrement les vignes placées sur le flanc exposé au Nord-Est pour y favoriser une maturité plus rapide et ainsi pouvoir en vendanger les raisins conjointement avec ceux du flanc exposé au Sud.
À droite: la combe Vaumurien dont la perspective de la photo la positionne entre le Château de Pommard et l’église du village. La photo est prise depuis la route D974. À la frange droite de la photo, l’amorce de la vallée de l’Avant-Dheune.

  • Tumultueux lors de la dernière période de climat périglaciaire (tel la Sibérie actuellement) il y a environ vingt milles ans, le torrent qui descendait la vallée de l’Avant-Dheune a charrié, puis délesté des charges d’alluvions, argiles/limons/galets, sur une aire considérable à la base du coteau; ces dépôts alluvionnaires sont nommés ‘cônes alluviaux’, ou cônes de déjection. Ce périmètre alluvionnaire couvre une grande superficie en appellation village située en pied du versant, ainsi que des parties des Premiers Crus La Refène et le Clos Blanc.
  • La combe Lulunne a également été un temps le couloir d’un flux alluvionnaire assez important qui a induit un cône de déjection à son amont; ce cône s’étendant entre autres sur une partie du célèbre climat Les Petits Epenots.
  • À l’instar des autres finages de La Côte, les aires en AOC village se situent surtout au haut et à la base du versant. Les aires homologuées en ‘village’ situées au haut sont particulièrement étendues, une autre caractéristique du finage de Pommard. À la base du versant, l’aire a une forme triangulaire. La largeur de la bande en AOC village au Sud, côté Volnay, est assez usuelle, puis elle se rétrécie jusqu’à un point presque mort à la limite avec le finage de Beaune.
  • Comme partout sur La Côte, les Premiers Crus occupent la bande médiane du plan de vignes, sauf le climat Les Petits Epenots qui occupe la partie basse du versant.

Morphologie du versant septentrional, côté Beaune

Cliquez sur l’illustration pour la grossir. Une première coupe topographique sur le versant Nord de Pommard, côté Beaune. La ligne de coupe, représentée par un large ligne rouge sur le paysage, traverse successivement du haut au bas, les climats en AOC village En Brescul et Les Noizons (délimités en jaune), les Premiers Crus  Les Pézerolles et Les Petits Epenots (délimités par la couleur orange), puis au bas le climat d’AOC village Les Perrières. (La mosaïque délimitée en noire est celle des climats Premiers Crus de Beaune.)
Généralement sur La Côte, la partie du coteau occupée par le plan de vignes est concave. Le profil montré est toutefois légèrement convexe. Les deux coupes topographiques placées à la suite sont également convexes. Le grand climat Clos des Mouches qui est voisin, sur le finage de Beaune, présente la même caractéristique. Plus résistante à l’érosion, la dolomie (voir plus bas, sous ‘Quelques particularismes géologiques du finage’) présente dans le sous-sol du Clos des Mouches et également sur une grande proportion du finage de Pommard serait-elle ‘une’ explication à cette convexité du versant sur ce secteur de La Côte?
Le trait vertical sur le profil correspondant à 〈altitude 257 m / pente de 5,1%〉 est à la limite commune des climats Les Pézerolles et Les Petits Epenots. La pente d’une grande partie de ce dernier climat est faible, entre 2% et 3%, à la limite certes d’une insolation et d’un drainage efficaces pour qualifier un Premier Cru. En fait, en grande partie, Les Petits Epenots occupe le glacis du versant.

Cliquez sur l’illustration pour la grossir. Une deuxième coupe du versant Nord, celle-ci étant plus rapprochée du village. Elle traverse d’abord les climats en AOC village Les Petits Noizons et Les Noizons, ensuite les Premiers Crus Les Charmots, En Largillière et Les Grands Epenots, finalement les trois climats en AOC village La Croix Blanche, Les Riottes et La Levrière. Une convexité se constate également. Le schéma géologique placé plus bas dans ce texte montre que le substrat de ce secteur a aussi subit une dolomitisation. Le trait vertical correspondant à 〈253 m / 2,6%〉 est la limite commune de En Largillière et Les Grands Epenots. Comme Les Petits Epenots, le plan des Grands Epenots est bien peu incliné, aussi entre 2% et 3% sur la majeure partie de sa surface.

Morphologie du versant méridional, côté Volnay

Une coupe du versant Sud qui traverse, du haut vers le bas, Les Vaumuriens, climats en appellation ‘village’ (délimités en jaune), ensuite les Premiers Crus (délimités en orange) Les Rugiens-Hauts, Les Rugiens-Bas, Les Fremiers, Les Bertins, puis les climats en AOC village  Les Cras et La Croix Planet.
Encore, le versant est convexe, de façon prononcé. Le trait vertical figurant sur la coupe, indiquant 〈274 m / 10,3%), est à la limite des deux Rugiens, Hauts et Bas. Les Rugiens-Hauts se loge dans le créneau altitudinal 〈275 m / 313 m〉 selon une déclivité entre 10% et 14%. Les mêmes données sur les Rugiens-Bas sont 〈260 m / 275 m〉 et 6% à 10%.
La pente s’abaisse graduellement jusqu’à 3% sur les Premiers Crus Les Fremiers et Les Bertin. La base du versant en pente très faible correspond à un périmètre en AOC village.

Géologie de Pommard et ses périphéries

Produite par la géologue Françoise Vannier en 2012, la carte géologique à l’échelle 1/10 000  du finage de Pommard et ses périphéries sur ceux de Beaune et de Volnay.

 

COUPE GÉOLOGIQUE ‘CÔTÉ BEAUNE’

 

Le large trait bleu sur de la mini-carte constitue l’axe de la coupe géologique. / Cliquez sur l’illustration pour la grossir. Des mouvements, des décalages, se sont produits le long des nombreuses failles. Des forces tectoniques ont généré ces glissements ‘de blocs’ les uns contre les autres. Le nivellement de surface résulte d’une érosion, inexorable, de plusieurs millions d’années.

COUPE GÉOLOGIQUE ‘CÔTÉ VOLNAY’

Le large trait bleu sur la mini-carte constitue l’axe de la coupe géologique. Encore ici, le faisceau de failles est flagrant sur cette coupe géologique de la partie Sud de Pommard.

Liminaire
Le schéma géologique de Pommard correspond en tout point à celui de La Côte. La genèse est partout la même sur ce glorieux versant de plus de 50 kilomètres. L’arrangement de son sous-sol est une mosaïque lithologique induite par une multitude de fractures et de mouvements tectoniques le long de ces clivages. Déjà constatée dans les études géologiques de Françoise Vannier en Côte de Nuits (Marsannay, Gevrey- Chambertin, Chambolle-Musigny, …), l’organisation des compartiments, des ‘blocs’ lithologiques, en longues lanières se vérifie également dans le secteur de Pommard.

Quelques particularismes géologiques du finage

Dolomitisation importante du secteur
« La zone d’étude a également révélé une spécificité qui n’a pas d’égal à ce jour sur l’ensemble de la Côte : la transformation en dolomite des calcaires postérieurement au dépôt, due aux circulations d’eaux souterraines. » écrit Françoise Vannier dans le rapport géologique. À la suite de la formation du relief de La Côte au à l’époque du Pliocène, des fluides chargés en magnésium ont circulé dans ces calcaires via les multiples fractures. Le carbonate de calcium (CaCO3) fut alors transformé en carbonate double de calcium et de magnésium. Les zones altérées par la dolomitisation sont marquées d’un symbole spécifique sur la carte géologique. Ce phénomène a touché une importante superficie du finage.

Dissymétrie relative des deux parties du finage de Pommard
Une dissymétrie se constate de part et d’autre de la vallée quant à la nature des faciès lithologiques et les altitudes auxquelles ils affleurent. Celle-ci découlerait d’un mouvement, ou d’un jeu de mouvements, attribuable à une faille transversale au réseau principal, importante, inscrite dans l’axe de vallée de l’Avant-Dheune.

Le réseau de fracturation est très dense, générant une quantité importante de compartiments tectoniques. L’orientation de la fracturation varie entre le coteau Nord et le coteau Sud. Cette différence d’orientation observée entre le Nord et le Sud de la vallée de l’Avant-Dheune ne peut être expliquée simplement, mais existe effectivement.

Série lithologique (stratigraphie) du finage de Pommard

Chacune de ces formations étant brièvement décrite à la suite, voici la série lithologique de Pommard, de la plus ancienne (Calcaire de Chassagne) à la plus récente (Calcaire de Ladoix):

Jurassique Moyen
Calcaires de Chassagne
Calcaires de Comblanchien
Calcaires de Dijon-Corton
Calcaires de Ladoix

Jurassique Supérieur
Oolithe Ferrugineuse
Calcaires oobioclastiques et graveleux
Marnes de Pommard
Calcaires de Nantoux
Calcaires blancs
Marnes et calcaires de Saint-Romain


La série lithologique propre à Pommard correspond à un épisode de formation plus récent que celui caractérisant les finages de la Côte de Nuits. À titre comparatif, celle afférente à Gevrey-Chambertin figure immédiatement à la suite. Le calcaire de Comblanchien est une référence pour différencier les séries lithologiques des deux endroits, un en Côte de Beaune et l’autre en Côte de Nuits: À Gevrey-Chambertin, le calcaire de Comblanchien occupe quasiment le dessus de la série, cette lithologie y étant ainsi la plus récente sur ce finage; alors qu’elle constitue une des plus anciennes sur Pommard.

SÉRIE LITHOLOGIQUE DE GEVREY-CHAMBERTIN (EN GUISE DE RÉFÉRENCE)

 

Une image qui illustre schématiquement la théorie ‘synclinal-anticlinal’. Lire le texte ci-devant.

Les formations lithologies de Pommard, une à une:

Calcaire de Chassagne
Âge: Jurassique Moyen, Bathonien (de 168 à 165 Ma)
Épaisseur: 40 à 45 mètres
Occurrence sur la zone étudiée: présence limitée au bas du versant Nord, dans le secteur des Petits Epenots; mise en évidence par le creusement de fosses, sous une épaisseur de sol.
Sols: Les sols qui se développent sur les calcaires de Chassagne sont peu épais (40 à 55 cm) pour des sols de pied de versant.

Calcaire de Comblanchien
Âge: Jurassique Moyen, Bathonien-Callovien (de 168 à 161 Ma)
Épaisseur: 20 à 25 mètres
Occurrence sur la zone étudiée: le Calcaire de Comblanchien est présent à l’affleurement en bas des versants viticoles de la zone étudiée. La Refène juste au Nord du village de Pommard correspond certainement au moins en partie à une ancienne carrière comblée.
Sols: Les sols qui se développent sur le Calcaire de Comblanchien sont riches en pierres calcaires claires, anguleuses, même en bas de versant, avec un sol argilo-limoneux, souvent brun à rouge.

Calcaire de Dijon-Corton
Âge: Jurassique Moyen, Callovien (de 165 à 161 Ma)
Épaisseur: 10 à 13 mètres
Occurrence sur la zone étudiée: Les Calcaires de Dijon-Corton affleurent dans une ancienne carrière au lieu-dit Trois-Follots. Ils constituent plausiblement le front de taille d’une ancienne carrière au lieu-dit Les Charmots, mais la dolomitisation y est si importante qu’il est difficile d’être certain de la formation originelle. Ils se situent à mi-versant, jamais en haut du coteau viticole.
Sols: En général riches en oxydes de fer, donc assez rouges. Les pierres sont fréquentes, plus ou moins anguleuses. Les sols sont argilo-limoneux, assez peu épais en général (30 à 50 cm).

À SAVOIR
Dalle Nacrée’ était auparavant l’ensemble formé par les Calcaires de Dijon-Corton et les Calcaires de Ladoix, en raison de l’abondance de débris coquilliers (bioclastes) riches en nacre et du débit en dalles lié aux conditions de dépôt de ces deux formations.

Calcaires de Ladoix
Âge: Jurassique Moyen, Callovien (de 165 à 161 Ma)
Épaisseur: 10 mètres
Occurrence sur la zone étudiée: Les Calcaires de Ladoix sont présents au niveau des Rugiens-Bas et des Jarollières sur le coteau Sud, où ils donnent d’abondantes dalles calcaires dans les sols, et dans deux compartiments de failles sur le coteau Nord de Pommard, en deux étroites bandes, dont une couvre les parties supérieures des deux Epenots. La partie basse des versants de l’Avant-Dheune est certainement constituée également par ces calcaires. Cependant le phénomène de dolomitisation est tel dans la vallée et sur le coteau nord qu’il est très difficile de mettre en évidence les faciès originels.
Sols: Les sols qui se développent sur les Calcaires de Ladoix sont ici très influencés pas la dolomitisation. Ils sont en général épais de 40 à 60 cm, avec des pierres fréquentes, riches en oxydes de fer, assez rouges, argilo-limoneux.

Oolithe Ferrugineuse et Calcaires à Balanocrinus subteres
Âge: Jurassique Supérieur, Oxfordien (de 161 à 156 Ma)
Épaisseur: 1 à 3 mètres
Occurrence sur la zone étudiée: L’Oolithe Ferrugineuse a été notamment rencontrée dans la partie la plus haute du lieu-dit Le Clos des Mouches (finage de Beaune) et au-dessus de l’ancienne carrière au sud du lieu-dit Trois Follots. Aucun indice ne permet pour le moment de la localiser avec certitude dans les Rugiens-Bas. La couleur très rouge du sol de l’endroit peut être due à d’autres facteurs que la présence de l’Oolithe Ferrugineuse.
Sols: Les sols qui se développent sur l’Oolithe ferrugineuse sont très rouges du fait de la teneur élevée en oxydes de fer. La faible épaisseur de cette formation empêche une grande extension des sols associés, souvent recouverts par les colluvions des formations sus-jacentes sur le versant.

Calcaires oobioclastiques et graveleux
Âge: Jurassique Supérieur, Oxfordien (de 161 à 156 Ma)
Épaisseur: 10 mètres

Occurrence sur la zone étudiée: Les calcaires sont très présents sur le secteur étudié. Ils constituent la majeure partie du versant viticole au nord de la vallée de l’Avant-Dheune (Clos des Mouches, Noizons Pézerolles…), des deux versants de la vallée de l’avant-Dheune (Platière, Petits Noizons, La Vache…) ; et sur le versant au sud de la vallée, ils affleurent localement entre les Rugiens-Hauts et les Frémiets. Ces faciès ont été localement très dolomitisés, notamment dans la vallée de l’Avant-Dheune et au niveau du Clos des Mouches (finage de Beaune).
Sols: Les sols qui se développent sur ces calcaires sont en général assez riches en oxydes de fer (brun-rouge), avec de nombreuses dalles calcaires, épais de 40 à 70 cm.

Dalles de Calcaires oobioclastiques et graveleux

Marnes de Pommard
Âge: Jurassique Supérieur, Oxfordien (de 161 à 156 Ma)
Épaisseur: 15 à 35 mètres
Occurrence sur la zone étudiée: Les marnes de Pommard affleurent dans le vallon des Vaumuriens et au lieu-dit en Chanlin. Leur plus faible résistance à l’érosion engendre une morphologie plus concave que rectiligne, dégageant un large replat topographique constitué par les calcaires sous-jacents en l’absence de faille le long du versant viticole.
Sols: Les sols qui se développent sur ces marnes sont très clairs, riches en particules fines, avec des pierres de calcaire argileux présentes. Sur les pentes marquées, les éboulis des formations susjacentes ont tendance à recouvrir les sols.

Affleurement de Marnes de Pommard constaté lors de la réfection d’un mur dans le climat Les Vaumuriens-Bas.

Gros plan sur sur un sol de Marnes de Pommard

Calcaires de Nantoux
Âge: Jurassique Supérieur, Oxfordien (de 161 à 156 Ma)
Épaisseur: 25 à 35 mètres
Occurrence sur la zone étudiée: Les Calcaires de Nantoux sont bien présents sur la zone d’étude, dans la partie haute des versants viticoles. Le faciès sublithographique est en général à la limite haute du versant viticole, en amont de la zone de vignoble, sur le replat de pelouse calcaire sèche ou de bois du plateau sur la colline de Volnay, de Pommard. Les faciès grenus affleurent entre Pitures Dessus et Sur Roches, avec des faciès plus ou moins dolomitisés.
Sols: Les sols qui se développent sur les calcaires de Nantoux sont clairs et riches en calcaire sublithgraphique pour la base de la formation. Les sols sont plus colorés, brun-rouge, riches en pierres calcaires anguleuses pour la partie supérieure de la formation.

Calcaires blancs
Âge: Jurassique Supérieur, Oxfordien (de 161 à 156 Ma)
Épaisseur: mal connue, peut atteindre une centaine de mètres.
Occurrence sur la zone étudiée: Ces calcaires affleurent en haut du vallon des Vaumuriens.
Les sols: Les sols qui se développent sur ces calcaires sont peu épais car en haut du versant, riches en pierres anguleuses.

Marnes et calcaires de Saint-Romain
Âge: Jurassique Supérieur, Oxfordien (de 161 à 156 Ma)
Épaisseur: mal connue et variable, au moins 40 mètres.
Occurrence sur la zone étudiée: La formation n’affleure pas sur le secteur d ‘étude.
Sols: Les sols qui se développent sur ces calcaires sont assez riches en oxydes de fer (brun-rouge), avec de nombreuses dalles calcaires.

Formations  superficielles présentes sur le finage de Pommard:

Alluvions
Dans les anciens lits de l’Avant-Dheune, des alluvions limoneuses et argileuses se sont déposées.
Occurrence sur la zone étudiée: Les alluvions s’observent sur la partie méridionale de l’aire en AOC Pommard (village) entre les deux routes D973 et D974. Il s’agit d’un des secteurs viticoles les moins intéressants (ce dernier commentaire est le nôtre, il n’est pas pris dans le rapport géologique).

Cônes alluviaux ou cônes de déjection
Les cônes de déjection, ou cônes alluviaux, se sont formés durant la dernière période de glaciation, il y a un peu plus de 20 000 ans. Depuis les plateaux de l’arrière-pays de La Côte, des torrents d’eau générés par les fontes printanières des glaces ont creusé des chenaux, devenus les vallées perpendiculaires au grand versant, nommés ‘combes’. Perdant leur puissance aux débouchés des combes, ces flots y ont délesté les masses de matériaux (argiles, limon, galets) qu’ils charriaient, tel des formations de deltas.
Occurrence sur la zone étudiée: Ces amoncellements de piémont se constatent particulièrement dans l’estuaire de la vallée de l’Avant-Dheune, au centre inférieur du finage, et dans le prolongement de la combe Lulunne. Celui associé à l’Avant-Dheune, considérable, recouvre une forte proportion de l’aire ‘Pommard’ village logée en pied de coteau. Celui issu de la combe Lulunne recouvre près de la moitié du Premier Cru Les Petits Epenots.

Périmètres de ‘grèzes litées’
Cette ‘formation superficielle’ est constituée de couches déposées répétitivement, ‘litées’, d’agrégats de petits fragments rocheux, ‘grèzes’. Sur La Côte, ces agrégats proviennent de l’effritement, cryoclastique, de parois rocheuses qui surmontaient les coteaux en certains endroits avant l’époque péri-glaciaire, il y a une vingt à trente milliers d’années. L’action quotidienne du gel et du dégel occasionnait l’expansion de la glace se formant la nuit dans les fissures chargées d’eau durant le jour, d’où l’effritement de la roche et son étalement sur le coteau par éboulis successifs.
Occurrence sur la zone étudiée: Des grèzes litées se sont déposées sur deux périmètres, un des deux a une localisation insigne, occupant une proportion majeure des Rugiens-Hauts et des portions mineures notamment sur les Rugiens-Bas et les Jarolières. L’autre périmètre est une partie de En Brescul.
Des terroirs de grèzes litées se voient aussi sur des lieux renommés, entre autres sur Les Grèves de Beaune, Le Clos du Roy de Marsannay, une section du Musigny, etc.

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