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Morey-Saint-Denis: breffage

 Révisé en janvier 2026

CONTENU:
1 Morey-Saint-Denis: une destinée ‘low profile’
2Histoire succinctement
3Climats et lieux-dits: cartes et superficies
4Un peu de géographie
4.1 → Position de Morey-Saint-Denis au sein de la Côte de Nuits
4.2 → Séquence des niveaux d’aires d’AOC sur le versant de Morey-Saint-Denis: séquence-type en Côte de Nuit
5Physiographie du vignoble
5.1→ Aperçu du versant
5.2 → Combe de Morey-Saint-Denis
5.3 → Cartographie détaillée: expositions, pentes et altitudes

6Poids de Morey-St-Denis au sein de la Côte d’Or
7 ⇒  Classements historiques des lieux-dits de Morey-Saint-Denis
8Zoom sur les Grands Crus
9Coup d’œil sur les Premiers Crus
10⇒ Bibliographie

Notice: De multiples illustrations apparaissant à la suite sont tirées de ‘Caractérisation physiographique , géologique et pédologique du vignoble de Morey-Saint-Denis‘ produit en 2019 par la société ADAMA; Françoise Vannier, géologue et Emmanuel Chevigny, pédologue. L’ODG (Organisme de Défense et de Gestion) en fut le principal mandataire.

 

1 ⇒ Morey-Saint-Denis: une destinée ‘low profile’

Il nous apparait pertinent de débuter par une introspection.
Pourtant voisin de Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny, deux prestigieux villages, et doté d’un vignoble du même acabit qu’eux − physiographie et géo-pédologie assez analogues, plusieurs Grands Crus, … − , Morey-Saint-Denis obtient depuis longtemps, très longtemps, un niveau d’intérêt moindre. Jean-François Bazin (‘bibliographie‘) mentionne que « le vin d’appellation Gevrey-Chambertin se vend en 1970 le double de celui de Morey-Saint-Denis« .
Quels sont donc les motifs qui expliquent ce déficit de notoriété?
D’entrée de jeu, mentionnons que son court segment − ce finage n’accapare qu’un peu plus d’un kilomètre (±150 ha de vignes en AOC village, Premier Cru et Grand Cru) de la soixantaine de kilomètres de la longue ‘guirlande’ de villages viticoles de La Côte − le désavantage mais certainement pas de façon significative, car l’emprise de son voisin Chambolle (±180 ha de vignes nobles) n’est guère plus élevée et que Morey a tout de même quatre Grands Crus.
Considérons d’autres explications. Pour une, il est assez clair que le suffixe de son nom composé, ‘Saint-Denis’, n’est guère imposant, en tout cas il n’a pas l’autorité du Musigny (Chambolle-Musigny) ou du Chambertin (Gevrey-Chambertin). Aussi, Morey n’a pas de Premiers Crus qui, par leur solide réputation, élève la notoriété du finage, tels Clos Saint-Jacques et Les Cazetiers pour Gevrey ou Les Amoureuses, Les Charmes et Les Fuées pour Chambolle. Notre dernière explication tient à un contexte passé qui, bien que celui-ci soit périmé depuis fort longtemps, n’en a pas moins conféré un handicap considérable et durable à Morey: du 18e siècle jusqu’à l’avènement des Appellations Contrôlées, contrairement à, entre autres, Gevrey et Chambolle, le nom de Morey ne figurait pas parmi la panoplie de dénominations, de ‘marques de produits’, mises de l’avant par les négociants en vin, alors les seuls acteurs de l’activité commerciale de vins de Bourgogne. Les vins de Morey étaient notamment repliés sous les dénominations Chambolle ou Gevrey, ou autres dénominations. Rien ne semble avoir avantagé Morey. Notamment, au 19e siècle, pour les services essentiels comme la poste ou le train, les gens de Morey devaient nécessairement sortir du village,
se rendre à Gevrey (poste et gare) ou à Chambolle (poste). Bref, Morey-Saint-Denis fut et demeure toujours une appellation ‘discrète’.

Extrait de l’ouvrage ‘Les Grands Vins de Bourgogne de 1750 à 1870 / Production, commerce et clientèle’ de Loïc Abric (‘bibliographie‘). Le tableau récapitule la tarification de la maison de négociant Champy au début du 19e siècle. Tout au long de cette période et jusqu’à l’avènement des Appellations Contrôlées, les négociants conviennent mutuellement de désignations, soit des lieux, à exploiter en tant que références commerciales. Le nom de Morey n’est alors pas une désignation usuelle. Les vins de ce finage sont repliés sous d’autres dénominations, au gré des négociants. Ainsi durant tout ce temps, Morey n’obtient alors pas cette forme de ‘visibilité’, de renommée. Un aspect qui explique certes le caractère discret du vignoble de cette commune. Même si ils ne figurent pas sur cette liste, les noms Gevrey et Chambolle sont aussi des désignations commerciales d’usages.



 

2 ⇒ Histoire succinctement

Faisons encore appel à Jean-François Bazin. Il écrit: « Le village est lié tout d’abord à la maison de Vergy dans les Hautes Côtes. En 1120, Savaric de Vergy donne à Cîteaux une partie de la seigneurie du village, puis au 15e siècle elle acquiert tous les droits seigneuriaux. − À Gevrey-Chambertin, village voisin à trois kilomètres au Nord, c’est plutôt l’abbé de Cluny qui au plan civil est le seigneur. En fait, auparavant à l’époque de la Gaule celtique, les alentours de Morey auraient constitué une frontière entre les peuples Éduins et Lingons et cette limite a déterminé plus tard des allégeances seigneuriales différentespuis le village passe sous la dépendance de grandes familles bourguignonnes, les Saulx-Tavanes et Croonenbourg. Jusqu’à la Révolution, les meilleures vignes appartiennent à des communautés religieuses.  »

Toujours est-il …
Que le choix du suffixe (Saint-Denis) à accoler au nom de Morey ne fut pas simple.
Laissons une fois de plus Jean-François Bazin en parler: « Quant au nom de Morey-Saint-Denis, ce fut tout une affaire ! La commune fut l’une des dernière à sauter le pas, à changer de nom (ajout d’un suffixe). Mais quel climat choisir? Tart n’allait pas, c’est un nom de la plaine (et étant un monopole, il n’a pas de portée communautaire, sous la propriété de vignerons). Morey-la-Roche non plus. « On en discuta au conseil municipal pendant des années » raconte Georges Lignier. « Morey-Chambertin nous aurait bien plus, mais les gens de Gevrey ne voulaient pas en entendre parler. Morey-les-Ormes (climat en Premier Cru), c’était un joli nom, mais pas très vigneron. Enfin on tomba d’accord sur Morey-Saint-Denis malgré l’opposition des anticléricaux. »

 

Toujours est-il …
… Que, malgré la discrétion associée au nom de Morey au 17e et 18e siècles ( voir ci-haut ‘Morey-Saint-Denis: une destinée ‘low profile’), en 1936 parmi les toutes premières Appellations d’Origine Contrôlées décrétées de Bourgogne, voire de France, figuraient les AOC ‘Morey-Saint-Denis’, ‘Clos de la Roche’, et ‘Clos Saint-Denis’. C’est le syndicat de vignerons de Morey qui fut l’instigateur des procédures d’obtention de ces AOC auprès de l’INAO. Un homme, ou une poignée d’hommes, menèrent ces démarches syndicales. La seule référence à ce meneur, ou meneurs, que nous avons trouvé est tirée du site internet du Domaine Ponsot, qui sous la rubrique ‘histoire‘, fait valoir que « juriste de formation, Hippolyte Ponsot (photo ci-contre) est un des instigateurs du classement des vignes de Bourgogne en Appellation d’Origine Contrôlée (A.O.C.) en 1935 et 1936. »

Dans le contexte de la création des Appellations à partir de 1919, en Bourgogne les multiples ‘syndicats de défense’ regroupaient respectivement des vignerons dédiés à un territoire viticole spécifique (exemples: ‘syndicat de défense de ‘Morey-Saint-Denis’ ou du ‘Chambertin’, ou de ‘Corton’) furent des intervenants essentiels et proactifs face à la justice et l’INAO)



 

3 ⇒ Climats et lieux-dits: cartes et superficies

Rappel: Les multiples illustrations apparaissant à la suite sont tirées de ‘Caractérisation physiographique , géologique et pédologique du vignoble de Morey-Saint-Denis‘ produit en 2019 par la société ADAMA; Françoise Vannier, géologue et Emmanuel Chevigny, pédologue. L’ODG (Organisme de Défense et de Gestion) en fut le principal mandataire.

• Les climats de Morey-Saint-Denis

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Carte des CLIMATS de Morey-Saint-Denis. Source: rapport ADAMA
Trois climats en Grands Crus réunissent respectivement plusieurs lieux-dits. Voir la carte et les tableaux à la suite.

• Les lieux-dits de Morey-Saint-Denis

Cartes (ci-haut et ci-bas) des LIEUX-DITS de Morey-Saint-Denis. Source: rapport ADAMA

 

ÊTES-VOUS OBSERVATEUR?!  Certains climats ont des parties dans deux, voire trois, niveaux d’appellations distincts. Entre autres, le climat Monts Luisants a une parties classée en Grand Cru (partie repliée dans le GC Clos de la Roche), une en Premier Cru et une en appellation communale.

Les lieux-dits inscrits dans les climats en Grands Crus. Source: rapport ADAMA.

Les  lieux-dits en Premiers Crus
Source des histogrammes: rapport ADAMA
Les lieux-dits en appellation communale, ‘Morey-Saint-Denis’



 

4 ⇒ Un peu de géographie

4.1 → Position de Morey-Saint-Denis au sein de la Côte de Nuits

Partant de l’extrémité Nord de la Côte de Nuits, Morey-Saint-Denis en est la septième commune: Chenôve (seulement le climat ‘Clos du Roy’ au sein de l’AOC Marsannay), Marsannay-la-Côte, Couchey, Fixin, Brochon, Gevrey-Chambertin et Morey-Saint-Denis.

Partant encore du Nord de La Côte, successivement les appellations communales: Marsannay appellation communale englobant les vignobles des communes de Chenôve (que le climat ‘Clos du Roy’), Marsannay-la-Côte et Fixey , Fixin − une partie du vignoble de Brochon est sous cette appellation communale −, Gevrey-Chambertin et Morey-Saint-Denis.

Trouvez l’erreur: Brochon est omis sur la carte ci-contre, issue du BIVB! (Bureau Interprofessionel des Vins de Bourgogne). Brochon est situé entre Fixin et Gevrey-Chambertin. Brochon est ‘victime’ de son anonymat car son vignoble s’inscrit, selon, sous les AOC Fixin, Côte de Nuits-Villages et Gevrey-Chambertin.

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4.2 → Séquence des niveaux d’aires d’AOC sur le versant de Morey-Saint-Denis: séquence-type en Côte de Nuit

Illustration ci-contre tirée du site du BIVB. L’illustration à la suite, sous ‘Aperçu du versant’ (5.1) est tout aussi explicite.

Les niveaux d’appellations y étant géographiquement remarquablement séquencés, Morey-Saint-Denis illustre ainsi les positions-type des niveaux d’appellations sur le versant de la Côte de Nuit.
De la base du vignoble à l’Est, dans la plaine de la Saône, à l’Ouest, à la limite supérieure du plan de vignes, les aires s’y succèdent par bandes de manière très régulière:
Une bande en appellation régionale ‘Coteaux bourguignons’ se loge dans le prolongement du piémont du versant; à Morey, l’altitude de ce secteur est globalement de 225 à 240 mètres et la pente y est très faible, entre 0 à 3%;
Une fine bande discontinue en appellation régionale ‘Bourgogne’ s’insère à l’extrémité du piémont du versant; à Morey, l’altitude y est entre 225 m et 240 m et la pente est très faible, surtout entre 2% à 4%;
√ Une bande au pied du versant en appellation communale ‘Morey-Saint-Denis’; à Morey, l’altitude de celle-ci est globalement de ±250/260 mètres et la pente encore faible, entre 3 à 5%;
Une bande dans la partie inférieure du versant largement occupée par les Premiers Crus; à Morey, l’altitude est globalement de ±260 m à ±275 m, selon une pente surtout modérée, entre 5 à 10%;
Une bande qui accueille les Grands Crus dans les parties médianes et relativement haute du versant de vignes; à Morey l’altitude de cette bande est surtout de ±275 à ±310 mètres et la pente y est majoritairement forte, jusqu’à 25%;
Finalement
une autre bande en appellation communale niche à la limite supérieure du versant colonisé de vignes; à Morey l’altitude de cette frange varie de 325 à 375 mètres, à laquelle correspond une pente très forte, de plus de 20%.

Comme le montre l’illustration, les positions géographiques des aires d’AOP des vignobles voisins, Gevrey-Chambertin (à droite de Morey) et Chambolle-Musigny (à gauche de Morey), répondent globalement au même schéma, cependant de manière plus irrégulière.

 



5 ⇒ Physiographie du vignoble

5.1→ Aperçu du versant

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Perspective de Morey en 3D.
Tramé en turquoise (périmètre en jaune sur l’illustration à la suite), le secteur de la commune en appellation régionale ‘Coteaux bourguignons’, est situé dans la plaine, à l’Est. La pente y est moins de 2%.
Tramés en mandarine, deux secteurs, deux bandes, en appellation communale, ‘Morey-Saint-Denis’: une première bande, nettement la plus important, en pied de coteau où la déclivité est de ±2%; l’autre bande, en pente raide, tout au haut du plan de vignes sur le versant.
Les Premiers Crus sont surtout concentrés sur une bande au bas du versant, dont la pente varie de 5% à 10%.
Les Grands Crus occupent une autre bande transversale, celle-là à mi-versant; la déclivité y est forte, entre 10% et 20%.

Il importe de remarquer qu’une combe, une vallée sèche, assez significative découpe le versant au centre du finage, la combe de Morey-Saint-Denis (voir 5.2). Une autre combe, Grisard, de moindre envergure, intervient dans le paysage, à la limite commune de Morey et Gevrey (voir 5,3).

Se rapportant au trait bleu sur le paysage, la vue en coupe placée au bas de l’illustration montre le profil du coteau sur la partie Nord de Morey. Le versant de Morey-St-Denis a un profil convexo-concave très typique de la Côte de Nuits: convexe dans la partie haute du versant, concave dans sa partie basse et un pied de versant allongé et en faible pente. Du pied au haut du versant, les climats traversés par la vue en coupe sont: ‘Les Champs de la vigne’ et ‘Les Brâs’ en AOC communale; ‘Clos des Ormes’ en Premier Cru (partie basse en AOC village); Grand Cru ‘Clos de la Roche’; et en partie supérieure le Premier Cru ‘Monts Luisants’ (partie limite supérieure en AOC village).
Sur la coupe montrée, l’amplitude altitudinale de la partie du versant occupée par les vignes est de ±100 mètres, soit de ±240 mètres à ± 340 mètres.


5.2 → Combe de Morey-Saint-Denis

Les cartes du livre ‘Inside Burgundy’ (2010) de Jasper Morris, sont particulièrement intéressantes quant aux courbes de niveau, qui permettent d’entrevoir la physionomie du vignoble. La combe de Morey-Saint-Denis, non identifiée sur la carte, découpe le haut du versant, au centre. Les climats placés sur ses dévers s’infléchissent donc vers le Nord ou le Sud. Ainsi, placé partiellement au débouché de la combe, sur son flanc Sud, le lieu-dit Les Bouchots du Grand Cru Clos des Lambray s’infléchit partiellement vers le Nord, ainsi moins avantageusement − la carte des expositions placée à la suite fournit cette précision − et, de plus, il se trouve certainement sous l’influence des courants circulant dans la combe; une curiosité. Jules Lavalle lui a d’ailleurs attribué la cote de ‘Quatrième Cuvée’.


5.3 → Cartographie détaillée: expositions, pentes et altitudes (source: rapport ADAMA)

Cartographie des expositions

Les Grands Crus sont presque totalement exposés à l’Est et les Premiers Crus le sont également en large partie.

Cartographie des pentes

Pas de plantations de vignes au dessus de 30%.

 

Cartographie des altitudes



 

6 ⇒ Poids de Morey-Saint-Denis au sein de la Côte d’Or

Les données de ce tableau sont tirées de ‘Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne’ (2010) de Sylvain Pitiot.

Ayant une superficie de 64 hectares, l’aire en appellation village ‘Morey-Saint-Denis’ est de petite taille; cette donnée s’explique surtout par la surface, elle-même peu considérable, du finage de Morey-Saint-Denis; celui-ci n’occupant qu’un segment de près de ±2 kilomètres de La Côte; comparativement, entre autres, à Gevrey-Chambertin qui occupe un segment deux fois plus long. Par contre, les aires en Premiers Crus, totalisant 44 hectares, et surtout en Grands Crus, quatre GC pour 43 hectares, sont relativement importantes eu égard à l’exiguïté du finage.



 

7 ⇒  Classements historiques des lieux-dits de Morey-Saint-Denis

Voir Classement Morey-Saint-Denis



 

8 ⇒ Zoom sur les Grands Crus

Voir Grands Crus de Morey



 

9 ⇒ Coup d’œil sur les Premiers Crus

→  Aperçu

CLIQUEZ SUR LES ILLUSTRATIONS POUR LES AGRANDIR

Plutôt restreinte, la surface totale des vingt Premiers Crus de Morey est de 44,2 hectares, sachant que le segment qu’occupe Morey sur La Côte est étroit, ±deux kilomètres, et qu’en contre-partie la surface totale en Grands Crus y est importante pour ce court segment.

Leur superficie respective est assez faible, en moyenne de 2,2 hectares; le plus grand, Les Monts Luisants, couvrant 5,4 hectares. Aucun de ceux-ci n’a véritablement une forte notoriété et concourt du coup à accroitre celle du village même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La majeure partie des Premiers Crus, ±80%, occupe la bande inférieure du versant entre les altitudes 250 et 275 mètres, selon une pente oscillant entre 5% et 10%. Voir la bande en rouge franc sur l’illustration de droite.

Trois Premiers Crus, Les Monts Luisants, le plus grand de ceux-ci, Les Genavrières et Les Chaffots sont s’inscrivent dans la partie supérieure du versant de vignes.

Classements historiques des climats en Premiers Crus

Voir Classement Morey-Saint-Denis

→ Premier Cru Les Monts Luisants: grande singularité

Le Premier Cru ‘Les Monts Luisants’ comporte une grande singularité. D’abord, ce climat se hisse jusqu’à l’altitude, exceptionnelle pour un Premier Cru, de 350 mètres, certainement, entre autres, en raison de sa géologie particulière, soit sur une formation superficielle nommée  grèzes litées‘. Aussi, il y est exceptionnellement autorisé, par décret de l’INAO − les vins blancs provenant de parcelles de vignes situées dans le climat ‘Monts Luisants’ sont issus des cépages aligoté B, chardonnay B et pinot blanc B’ −, de produire un Premier Cru en monocépage d’aligoté. Ailleurs en Côte de Nuits, là où la production de vins blancs est permise sur des crus des niveaux communal (Marsannay, Fixin, …), Premier Cru (Vougeot Premier Cru ‘Clos Blanc’, …) et Grand Cru (Musigny), il est autorisé d’introduire qu’accessoirement, généralement jusqu’à 15%, des cépages autres que le chardonnay, nommément les pinot blanc, pinot gris et pinot noir, mais pas l’aligoté. Ainsi, de toute La Côte, le seul usage manifestement exclusif de l’aligoté sur des crus des niveaux communal, Premier Cru et Grand Cru, s’applique seulement au Premier Cru ‘Les Monts Luisants’.
Laurent Ponsot, auparavant à la direction du Domaine Ponsot, est l’instigateur auprès de l’INAO de cette règle, exceptionnelle. La démarche d’homologation fut entreprise autour de l’an 2000 et le droit à la plantation intégrale en aligoté fut confirmé par l’INAO en 2011. L’aligoté colonisait maintes parties hautes du long versant de La Côte avant la crise du phylloxéra. Le chardonnay l’a suppléé virtuellement partout lors de replantations subséquentes, cependant pas au Clos des Monts Luisants qui fut replanté par William Ponsot (fondateur du Domaine Ponsot en 1872) en aligoté. Ces ceps ont été maintenus et certains sont maintenant centenaires. D’autre replantations ont été effectuées. C’est en vertu de cette antécédence que l’autorisation fut conférée par l’INAO.

À l’altitude de près de 350 mètres, quelque peu insolite au milieu des vignes, le pavillon du Clos des Monts Luisants du Domaine Ponsot est bien visible depuis la Route des Grands Crus. Jeune, habitant alors dans la résidence familiale située à la lisière de Gevrey, côté Morey, Jean-François Bazin − auteur de maints ouvrages sur le vin de Bourgogne et de romans − a dû être maintes fois intrigué par ce curieux pavillon aux allures de minuscule château lors de ses randonnées en bicyclette. Un de ses livres a été nommé ‘Le Clos des Monts-Luisants’, lequel ne parle pourtant pas de vignes et de vignerons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

⇒ BIBLIOGRAPHIE

Voir Bibliographie de la Côte d’or

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